Tour de France : Le dépit des Jumbo-Visma après le tremblement de terre Pogacar

CYCLISME Près de trois semaines de maîtrise totale pour ça...

T.G.

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Primoz Roglic au sol, complètement abasourdi. Le Slovène a vécu un jour-sans après trois semaines de maîtrise complète de la part de son équipe.
Primoz Roglic au sol, complètement abasourdi. Le Slovène a vécu un jour-sans après trois semaines de maîtrise complète de la part de son équipe. — Christophe Petit-Tesson/AP/SIPA
  • Intraitable depuis le départ, l’équipe Jumbo-Visma a vécu une énorme désillusion avec la défaillance de son leader Primoz Roglic, battu ce samedi par l’incroyable Tadej Pogacar.
  • Que peut se reprocher l’équipe néerlandaise ? Pas grand-chose. « On ne l’a pas vu venir », reconnaissait justement Tom Dumoulin à l’arrivée.
  • De son côté, Primoz Roglic a été beau joueur : « Tadej était bien meilleur que moi […] Il mérite sa victoire, félicitations à lui. »

Petit teaser d'un papier que vous ne lirez pas ce soir. Tout était pourtant prêt dans ce «Comment Roglic a assommé le Tour» avec un paragraphe complet sur les Jumbo-Visma. Cette armada qui avait tout maîtrisé dans cette édition... jusqu'au séisme Pogacar ce samedi sur le chrono de La Planche des Belles Filles.

Que peut l'équipe néerlandaise dans cet incroyable retournement de situation ? A priori pas grand-chose.« On ne l'a pas vu venir », reconnaissait justement Tom Dumoulin à l'arrivée, sans vraiment comprendre ce qu'il se passait. Ou comment le nouveau Maillot Jaune venait de lui coller une minute sur 36,2 kilomètres et près de deux à son leader, Primoz Roglic.

« Tout allait bien depuis trois semaines »

« Il avait de bonnes sensations ce matin, il était prêt, rembobinait-il. Nous pensions que cette avance de 57" serait suffisante mais non. C'était la réalité du jour. Nous sommes évidemmment très déçus car tout allait bien depuis trois semaines. » Mieux, l'ancienne formation Rabobank avait complètement cadenassé la course. Exit les dynamiteurs Pinot ou Bernal, exit les envolées fantastiques. Avec les Jumbo-Visma, du nom d'une marque de supermarchés et d'une société d'informatique, pas de place au hasard.

En trois semaines, Roglic avait dû deux fois se débrouiller seul. Dans l’ascension de Peyresourde en première semaine et dans le col de la Loze, quand son coéquipier Sepp Kuss l’avait laissé finir le boulot face à Pogacar. Le reste du temps ? Gesink, Martin, Van Aert, Jansen, Dumoulin, le même Kuss et Bennett avaient donné le tempo et le tournis aux autres formations. Pire, l'ancienne puissance dominante, les Sky devenus Ineos, paraissaient ringards face à ce train jaune et noir.

« Tadej était bien bien meilleur que moi »

Sauf que Roglic a craqué ce samedi quand Pogacar volait. « J'ai connu une mauvaise journée », a-t-il avoué avant de la joueur beau perdant. « Tadej était bien meilleur que moi [...] Il mérite sa victoire, félicitations à lui. »

« J'ai juste donné tout ce que j'avais [...] J'avais les écarts dans l'oreillette, je savais ce qui se passait, je n'ai tout simplement pas pu pousser aussi vite que je l'aurais voulu. J'étais en train de me battre contre moi-même », a ensuite expliqué le roi déchu. Une manière d'exempter qui que ce soit d'autre de son raté. Même son nouveau casque :  « Ne parlons pas du matétiel, cela ne sert pas à grand-chose, je n'avais juste pas assez de puissance. » Et ses partenaires n'ont rien pu y faire.