Tour de France : Cette 20e étape, c’était le « Thibaut Pinot Tour »

CYCLISME La fête n'a peut être pas été aussi belle que prévue mais le Franc-Comtois était l'attraction de cette 20e étape

Thibaut Gagnepain

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Annie, André, Cécile et Pascal (de guache à droite), tous venus supporter Thibaut Pinot à La Planche des Belles Filles.
Annie, André, Cécile et Pascal (de guache à droite), tous venus supporter Thibaut Pinot à La Planche des Belles Filles. — T. Gagnepain / 20 Minutes
  • Cette avant-dernière étape du Tour, au départ de Lure et avec La Planche des Belles Filles comme arrivée, devait être celle de Thibaut Pinot, le local de l’étape.
  • Les supporters du Franc-Comtois étaient là, même s’il fallait parfois les chercher. Mais le passage à Mélisey, dans le village où vit Pinot, a été un beau moment.
  • Le coureur, malchanceux depuis le départ, a avoué qu'il ne savait pas s'il revivrait « des émotions pareilles » durant sa carrière.

De notre envoyé spécial à La Planche des Belles Filles,

« T’es grand, t’es très grand, t’es très très grand ! » A l’arrière de leurs tee-shirts, ce légendaire coup de sang de Marc Madiot l’an dernier au Tourmalet. A l’avant, un seul nom : Pinot. Pour Thibaut, leur préféré. Celui qu’ils sont venus supporter envers et malgré tout ce samedi, à La Planche des Belles Filles.

« Bien sûr qu’on est déçu que ce Tour se soit passé comme ça », regrette André, le fameux tissu blanc sur le dos. « Dès la première semaine, son travail d’une saison a été mis à bas » La faute à une chute le jour du départ à Nice qui a ensuite largement handicapé le coureur. Jusqu’à le faire plonger sur la montée du Port de Balès, lors de la 8e étape. Rêves envolés, dos en vrac, la suite n'a été que souffrance.

Un fumigène craqué lorsque Pinot est passé dans sa commune

« C’est courageux de tenir comme il a fait, réagit Jérôme, venu lui aussi applaudir en voisin le Haut-Saônois. J’étais au cinéma jeudi pour voir un documentaire sur lui. Son père était là et a dit que Thibaut ne serait jamais allé au bout s’il n’y avait pas eu cette étape chez lui. » Cette avant-dernière levée de la Grande Boucle 2020 devait être la sienne. Avec un « Pinot Tour » presque parfait : départ à côté de son lycée à Lure, passage dans son village de toujours, Mélisey, et enfin arrivée à La Planche des Belles Filles, sur ses routes d’entraînements.

La mauvaise passe du local de l’étape, repoussé à la 30e place et à plus de deux heures au général, a un peu changé la donne. Difficile de croire que la fête n’aurait pas pu être encore plus belle. Oui, il y a bien eu une vraie effervescence, des banderoles, photos et même un fumigène craqué lorsqu’il est passé dans sa commune. Jusque dans les derniers mètres de la pente finale, son nom était encore peint et repeint sur la route... Mais le Franc-Comtois n’était pas l’unique attraction du jour. A La Planche, il fallait chercher ses supporters dans la foule et beaucoup étaient aussi venus pour Alaphilippe et… Roglic.

« Il n’a que 30 ans, il aura d’autres occasions »

« J’espère qu’il reviendra sur le Tour », reprend Jérôme, lucide sur les désillusions en cascade vécues par son protégé. « Ça semblait être l’année ou jamais pour lui… » Un avis pas vraiment partagé par Annie. « Il n’a que 30 ans, il aura d’autres occasions », croit la supportrice, qui croise souvent le cycliste sur ses routes d’entraînements.

Jérôme et son t-shirt de soutien à Thibaut Pinot. Avec cette célèbre citation du directeur sportif de Groupama-FDF, Marc Madiot.
Jérôme et son t-shirt de soutien à Thibaut Pinot. Avec cette célèbre citation du directeur sportif de Groupama-FDF, Marc Madiot. - T. Gagnepain / 20 Minutes

« L’an dernier, on avait même déposé une carte à la mairie de Mélisey (où Régis Pinot, le père de est maire) pour remercier Thibaut après le Tour qu’il avait fait, prolonge,à côté d’elle, André. On a eu la bonne surprise de recevoir plus tard une carte dédicacée de sa part. On aimerait bien le remercier de vive voix. »

Ce samedi, le coureur ne les a certainement pas entendus en passant à quelques mètres, tout près de la ligne d’arrivée. Il était en plein effort pour boucler cette 20e étape en un peu plus d'une heure. Pas si loin des meilleurs, pour une fois dans ce Tour : « Cela faisait un peu peur tous ces gens qui s'écartaient au dernier moment dans Melisey. C'était tellement bon, reconnaissait Pinot après coup. Je ne sais pas si je revivrai des émotions pareilles dans ma carrière, en tout cas elles sont dans ma tête ».