OL-Nîmes : Les Lyonnais doivent-ils déjà s’inquiéter, entre un bilan « inadmissible » et une attaque en panne ?

FOOTBALL Les joueurs de Rudi Garcia, qui ont dû se contenter d’un triste 0-0 vendredi face à Nîmes, bouclent une semaine galère avec un point en trois journées de Ligue 1

Jérémy Laugier

— 

Maxwel Cornet et Moussa Dembélé ont manqué de réalisme en début de rencontre, vendredi contre Nîmes (0-0).
Maxwel Cornet et Moussa Dembélé ont manqué de réalisme en début de rencontre, vendredi contre Nîmes (0-0). — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • L’OL a livré un petit match vendredi contre Nîmes (0-0) et ne décolle pas en championnat (10e), avec seulement cinq points après quatre journées.
  • Cette nouvelle contre-performance s’est accompagnée d’un changement tactique, avec le passage du 3-4-3 au 4-4-2 vendredi.
  • Finalement, n’est-il pas pour les Lyonnais déjà l’heure de se mettre en alerte, afin de ne pas être vite décrochés de la course au podium de L1 ?

Au Parc OL,

« Lyon est une grande équipe, un demi-finaliste de Ligue des champions. Peu de clubs viendront prendre des points ici. » Novice comme entraîneur principal au niveau professionnel, le Nîmois Jérôme Arpinon est drôlement bienveillant envers l'OL, après son terne match nul (0-0) vendredi contre les Crocodiles. Se rend-il compte que les Lyonnais n’ont remporté que trois de leurs onze derniers matchs de Ligue 1, et qu’ils n’ont plus marqué dans le jeu depuis trois matchs et demi ?

Ceux-ci doivent-ils déjà s’inquiéter de ne compter que cinq points après quatre journées (10e), et de n’avoir pas montré plus d’allant offensif en 4-4-2 vendredi que lors des deux précédentes contre-performances à Bordeaux (0-0) et Montpellier (2-1) en 3-4-3 ? Pour Anthony Lopes, interrogé sur Téléfoot, la réponse est claire : « Quand on est l’OL, 5 points pris sur 12, c’est tout simplement inadmissible. On se doit de faire carton plein à domicile et d’essayer de créer une forteresse ici. Là, on passe une semaine très compliquée. »

« Si on n’avait pas d’occasion, on pourrait se montrer inquiets, mais on les a »

Face à Nîmes, les 64 % de possession de balle n’ont débouché que sur trois frappes cadrées en 95 minutes. Selon Rudi Garcia, le souci vient « surtout « d’un manque de réalisme offensif depuis trois matchs ». « Si on n’avait pas d’occasion, on pourrait se montrer inquiets, mais on les a », insiste-t-il. Contre une équipe ayant perdu huit de ses neuf derniers matchs à l’extérieur, ses joueurs n’ont pourtant gaspillé que deux grosses opportunités, par Maxwel Cornet (8e) et Moussa Dembélé (10e).

« Nous avons laissé passer ces occasions faciles et quand on ne les concrétise pas, l’adversaire commence à prendre confiance et le match devient plus dur », résume le milieu de terrain Bruno Guimaraes, convoqué avec la sélection brésilienne plus tôt dans la journée. Le passage du 3-4-3 au 4-4-2, qui a même pris de court Jérôme Arpinon, implique d’après Rudi Garcia un atout majeur : « Ça nous a permis d’avoir plus de joueurs offensifs sur le terrain. »

« Si nous voulons gagner le championnat… »

L’ancien entraîneur de l’OM a carrément fini la rencontre avec quatre avant-centres (Memphis et Dembélé, plus Toko Ekambi et Kadewere entrés en jeu). On a comme un doute sur la complémentarité de ces profils, qui n’ont quasiment pas mis en danger Baptiste Reynet. Bruno Guimaraes est conscient que Lyon, qui vit un mercato très animé, pourrait prendre dès la fin de l’été un retard dommageable sur des équipes de tête. Et le fameux « état d’esprit » affiché au Final 8 de Lisbonne il y a un mois ne semble plus qu’un vague souvenir. « Ça n’est pas bon, confirme Bruno Guimaraes. Si nous voulons gagner le championnat, ça passe par des victoires à domicile. »

Cette ambition ouvertement affichée ne s’est pas du tout matérialisée sur le terrain durant cette semaine à trois matchs que n’est pas près de revivre cette équipe, privée de Coupe d'Europe cette saison. Sous contrat jusqu’en juin 2021, Rudi Garcia pourrait sentir la pression monter peu à peu en cas de nouvelle contre-performance, le 27 septembre à Lorient. Même dans un Parc OL en version 3.000 supporters, son nom a comme avant la pandémie de Covid-19 été accompagné de sifflets au moment de la présentation des équipes. Après le match, son énième allusion aux « deux penaltys obtenus », mais non sifflés contre Nîmes, ne devrait pas faire grimper en flèche sa popularité à Lyon.