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Victoria Mboko, l’ascension de la nouvelle pépite du tennis féminin

Roland-Garros 2025 : « Elle hait la défaite »… Victoria Mboko, l’ascension de la nouvelle pépite du tennis féminin

TennisLa jeune canadienne de 18 ans Victoria Mboko s’est qualifiée pour le troisième tour de Roland-Garros ce mercredi en battant l’Allemande Eva Lys
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Victoria Mboko, jeune joueuse canadienne de 18 ans, impressionne à Roland-Garros par ses performances, ayant enchaîné 20 victoires consécutives sans perdre un set depuis début 2025 et grimpé de plus de 200 places au classement WTA.
  • Selon Nathalie Tauziat, qui travaille avec elle, « c’est quelqu’un de très fort, qui déteste la défaite. Elle est très concentrée sur cet aspect-là, elle est capable de remonter des matchs où elle est pourtant très mal partie. »
  • Issue d’une famille émigrée de République démocratique du Congo, Mboko bénéficie du soutien de ses proches, notamment son père qui a fait « beaucoup de sacrifices », et se distingue par son service puissant et ses balles lourdes.

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

On ne veut surtout pas passer pour des experts du circuit WTA et répéter à longueur de journée qu’on avait découvert le petit prodige avant tout le monde, il n’empêche. En sautillant de court en court la semaine dernière lors des qualifications pour le tableau principal de Roland-Garros, on s’est arrêté plusieurs fois devant les matchs de la Canadienne Victoria Mboko, intrigué. Voire subjugué.

Car ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir une si jeune joueuse (18 ans) envoyer autant de parpaings de qualité. Cent vingtième mondiale, la Canadienne a passé les trois tours de qualifs les doigts dans le nez, sans perdre une manche. Bis repetita lors des deux premiers matchs du tableau principal, dont cette victoire autoritaire face à l’Allemande Eva Lys (59e mondiale), mercredi, quelques jours après avoir battu Lulu Sun (45e) pour son premier tableau du Grand Chelem.

« Elle aime plus que tout la victoire »

Il faut dire que les victoires en deux sets, la gamine connaît. Depuis le début de l’année 2025, elle a enchaîné 20 victoires d’affilée sans perdre la moindre manche, en réussissant à gagner quatre tournois ITF (troisième division) : Le Lamentin (Martinique), Petit-Bourg (Guadeloupe), Rome (Etats-Unis) et Manchester (Angleterre). Ajoutez quelques victoires par-ci, par-là, et voilà la Canadienne qui grimpe de plus de 200 places au classement en quelques mois.

« C’est quelqu’un de très fort, qui déteste la défaite, explique Nathalie Tauziat, qui collabore avec la Fédération canadienne de tennis et a commencé à travailler avec Victoria Mboko en novembre dernier. Elle est très concentrée sur cet aspect-là, elle est capable de remonter des matchs où elle est pourtant très mal partie. Elle aime plus que tout la victoire. »

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Un sentiment qui l’habite depuis qu’elle est toute petite. Souvent confrontée à des adversaires plus âgés, la jeune Victoria Mboko ne prenait jamais l’excuse de l’âge pour expliquer ses défaites. « Depuis qu’elle est bébé, elle veut seulement gagner, assure sa sœur aînée Gracia, présente au bord du court avec quasiment toute la famille. Normalement, quelqu’un de plus jeune va dire "Ah, j’ai perdu contre plus âgé que moi, c’est correct". Mais, pour elle, c’était : "Non, je devais gagner." C’est toujours ça la mentalité qu’elle a, et puis ça la motive à s’améliorer à travailler plus fort. »

« Mon père a fait beaucoup de sacrifices »

Petite dernière d’une fratrie de quatre, Victoria Mboko a baigné toute sa jeunesse dans le tennis, avec notamment une sœur et un frère qui ont joué à un bon niveau universitaire. Autant dire que la trajectoire était tracée. L’intéressée développe :

« « Mes deux sœurs sont plus âgées et ont beaucoup plus d’expérience que moi dans le tennis, même si je joue à un meilleur niveau. Tous les membres de ma famille ont tous eu un rôle clé dans mon développement et dans mon projet. Mon père a fait beaucoup de sacrifices pour moi. Il est retraité maintenant, mais il travaillait de nuit pour être présent à mes entraînements, surtout quand j’étais en juniors, et il était très strict avec mon tennis. Beaucoup de choses ne seraient pas possibles sans lui. » »

Parti avec sa femme de République démocratique du Congo pour émigrer au Canada, Cyprien Mboko, casquette Wilson vissée sur la tête, était sur un petit nuage dans les tribunes du petit court n°7. Sollicité, il a renvoyé les demandes d’interviews vers sa plus grande fille, qui s’est fait une joie de parler de sa petite sœur. « C’est la cadette, mais c’est la plus forte, en convient Gracia Mboko. Depuis petite, elle a toujours été très combative, c’est une vraie athlète, elle a fait de la gym, du foot… »

Service puissant et balles lourdes

Et il fallait voir la jeune adulte se démener sur les longs rallyes imposés par Eva Lys pour comprendre que tout le travail effectué plus jeune payait enfin. Le fruit aussi de la collaboration avec Nathalie Tauziat, qui l’a emmenée quelques jours du côté de Capbreton pour peaufiner sa préparation sur terre battue en vue de Roland-Garros : « Elle se déplace mieux qu’avant, on a pas mal travaillé ses déplacements dans l’espoir qu’elle joue bien ici », détaille l’ancienne n°1 française.

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Une préparation adéquate, des balles bien lourdes et un service puissant et vous avez la recette de la future n°1 mondiale (on s’emballe peut-être un peu, mais vous l’aurez lu ici en premier). En attendant de la voir encore plus grimper au classement WTA, Victoria Mboko a quelque chose de plus important à faire que de penser à son troisième tour face à la Chinoise Zheng Qinwen (n°8 mondiale) : l’anniversaire de Gracia, jeudi. Un petit aparté en famille même si on devrait encore et toujours parler tennis.