Roland-Garros 2025 : « J’ai jamais vu ça », la hype João Fonseca a complètement submergé le court n°7
Do Brasil•João Fonseca a remporté le premier match de sa carrière à Roland-Garros dans une ambiance très brésilienne sur un court 7 beaucoup trop petit pour lui. Beaucoup de ses fans n’ont pas pu accéder au courtWilliam Pereira
L'essentiel
- Le jeune joueur de tennis brésilien João Fonseca attire des foules records à Roland-Garros, et son duel contre Hubert Hurkacz au premier tour a attiré les foules autour du petit court numéro 7.
- Les fans brésiliens, très nombreux, voient en lui le potentiel successeur de Gustavo Kuerten, comme l’explique l’un d’eux : « On a l’espoir qu’il soit le nouveau Guga, par son talent mais aussi sa personnalité. Comme Guga, João est super sympathique, il est solaire. »
- L’affluence massive pour voir Fonseca jouer a créé une situation chaotique, avec de longues files d’attente et des spectateurs prêts à tout pour apercevoir le match, poussant certains membres du personnel à critiquer le choix du court : « Franchement, j’ai jamais vu ça. C’est n’importe quoi, c’est trop petit. Ils auraient au moins pu le mettre sur le Simonne-Mathieu. »
De notre envoyé spécial à Copacabana,
Entrer sur le minuscule court numéro 7 de Roland-Garros pendant un match de João Fonseca est une mission si difficile qu’on n’oserait même pas la donner à Tom Cruise. Ces terrains, d’habitude si facilement accessibles, bénéficiaient mardi soir d’une sécurité renforcée à chaque entrée. C’est que, depuis son éclosion, le prodige explose les records de popularité (1 million de followers sur Instagram – contre 180.000 pour Arthur Fils, par exemple) et attire les foules partout où il passe : Melbourne, Miami, Indian Wells, et donc Paris.
« Je savais qu’il y aurait beaucoup de Brésiliens, souriait le jeune homme après sa victoire autoritaire contre Hubert Hurkacz (6-2, 6-4, 6-2). D'abord, à Paris, il y a beaucoup de Brésiliens qui vivent ici, et qui viennent, par tradition, à cause de Guga [Kuerten]. » Bingo, c’est exactement ce qu’un de ses fans, Edu, nous dit dans les allées du stade.
« « On a l’espoir qu’il soit le nouveau Kuerten, par son talent mais aussi sa personnalité. Comme Guga, João est super sympathique, il est solaire. C’est quelqu’un qu’on a envie d’aimer. Et il y a forcément beaucoup d’attentes parce que nous n’avons pas eu de tel phénomène depuis 20 ans. » »
Maillots de Flamengo, file d’attente et verre de rosé
Les organisateurs du tournoi étaient bien les seuls à n’avoir pas anticipé le coup en le faisant rejouer sur le lieu de sa défaite au 3e tour chez les juniors contre Gabriel Debru, il y a trois ans de ça. Le dernier set joué par Andrey Rublev, dont le match précédait celui de Fonseca sur le 7, laissait présager un bordel monstre. Dans les tribunes, les drapeaux brésiliens et autres maillots de la Seleção et de Flamengo – son club de cœur – étaient déjà installés, le Russe a probablement dû croire à un malentendu.
Dehors, la queue était telle qu’elle suivait l’angle du court jusqu’à longer le central. Certains Brésiliens attendaient depuis une heure. Ici, un groupe de quatre personnes de São Paulo profite de l’attente pour sympathiser avec une famille de Porto Alegre. « Ça doit faire bientôt une heure qu’on attend. » Là, quatre Cariocas, la quarantaine grisonnante, calment leur impatience avec un verre de rosé. Fonseca menait déjà un set à rien qu’ils n’avaient pas encore vu la couleur de la terre battue. « Ça fait une heure et demie d’attente. Mais on ne désespère pas. Seuls les morts arrêtent d’y croire. »
« Ils auraient au moins pu le mettre sur le Simonne-Mathieu »
Encouragés par cette belle leçon de philosophie brésilienne, nous avons tenté l’infiltration. Qu’est-ce qui pourrait nous arriver équipés d’une accréditation, après tout.
Premier essai : on part pour filouter côté passerelle, un endroit qui donne aussi sur le court 9. « Monsieur, vous êtes des médias, l’entrée est de l’autre côté », nous dit-on. Echec, demi-tour.
Second essai : on suit le conseil des gars de la sécu, direction l’entrée presse. Et là, c’est le drame. Une autre personne, complètement débordée nous barre la route. « Only brazilian and polish media. Seulement les journalistes brésiliens et polonais. » Avant de reprendre, une respiration plus tard : « franchement, j’ai jamais vu ça. C’est n’importe quoi, c’est trop petit. Ils auraient au moins pu le mettre sur le Simonne-Mathieu. » Le groupe vit bien, ça fait plaisir.
Dans la file d’attente autour du court numéro 7, certains finissent par jeter l’éponge, d’autres chopent un bout de grillage à travers duquel regarder. Les plus créatifs iront jusqu’à escalader au sommet des courts Lenglen et Chatrier pour jeter un œil distant au récital du jeune Brésilien. Il ne fait plus aucun doute que son avenir est désormais tourné vers les plus grandes enceintes parisiennes. A commencer par son prochain match, contre le Français Pierre-Hughes Herbert.


















