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« J’aime Van Gogh, Monet, Kandinsky »… Gracheva et sa passion pour l’art

Roland-Garros 2025 : « J’essaie de m’inspirer de Van Gogh, Monet, Kandinsky »… Varvara Gracheva et sa passion pour l’art

TennisLa Française Varvara Gracheva, huitième de finaliste lors de l’édition 2024, arrive à Roland-Garros avec son petit carnet de dessins
Antoine Huot de Saint Albin

Propos recueillis par Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • La Française Varvara Gracheva affronte Sofia Kenin au premier tour de Roland-Garros, un an après son beau parcours à Paris, où elle avait atteint les huitièmes de finale.
  • En dehors du tennis, Gracheva est passionnée par l’art et le dessin, une activité qu’elle pratique depuis l’âge de 13 ans pour se détendre et s’évader du tennis.
  • La joueuse apprécie particulièrement les impressionnistes et l’art abstrait, et espère pouvoir visiter des musées à Paris, tout en gardant sa priorité sur le tennis pendant Roland-Garros.

A Roland-Garros,

Elle était l’éclaircie dans le ciel noir du tennis féminin tricolore. Huitième de finaliste l’année dernière à Roland-Garros, Varvara Gracheva avait fait honneur au drapeau, un an seulement après sa naturalisation. Mais la native de Joukovski, dans l’oblast de Moscou, arrive cette année à Paris sans grands objectifs, après un début de saison compliqué qui l’a vu finalement atterrir à Aix-en-Provence, où elle a rejoint Maxime Tchoutakian.

Opposée au premier tour de Roland-Garros à la tête de série n°31 Sofia Kenin, finaliste à Roland-Garros en 2020, Varvara Gracheva aura fort à faire. Mais ne s’inquiète pas d’une possible défaite d’entrée, qui lui ferait perdre pas mal de points : « Si on me dit, "lundi tu ne passeras pas", ok, ce sera pour une prochaine fois." Bien sûr, je serai triste, bien sûr, j’ai envie de faire bien, mais je ne peux pas prévoir. » Au pire, cela lui laissera du temps pour visiter des musées à Paris, elle qui se balade toujours avec un carnet à dessins. L’art, sa deuxième passion après le tennis.

Comment vous est venue cet intérêt pour la peinture, le dessin ?

J’avais 13 ans, je me souviens que j’étais chez une amie aux Etats-Unis. J’ai toujours eu une bonne imagination. Et pleins d’images dans ma tête, c’était tellement coloré. Mais, comme il y en avait trop, je ne pouvais pas garder tout dans ma tête. Donc j’ai eu envie de garder quelque chose à l’extérieur pour voir après, pour faire des histoires ou quelque chose comme ça. Avant 13 ans, je ne dessinais pas du tout, j’étais très mauvaise dans ce domaine. Mais avec de l’entraînement, ça s’est amélioré. Je me souviens que je faisais mes premiers dessins sur un canapé gris dans un garage. C’est là que ça a commencé.

Et maintenant vous vous baladez avec un petit calepin pour dessiner…

J’ai toujours un petit peu de matériel pour dessiner, pour avoir ce petit hobby, c’est bien. J’ai essayé de dessiner un petit peu certains jours. Après, je ne dessine pas tellement bien. J’aime bien faire, ça me donne un petit moment de relaxation, ça me calme. J’utilise aussi ça pour m’évader du tennis. Après, je dois avoir du temps, et je dois avoir aussi de l’énergie, parce que ça en prend beaucoup. C’est aussi quelque chose de fatigant, parce que tu restes concentrée pendant des heures. Mais ça me permet vraiment de ne plus trop penser au tennis, d’avoir la tête occupée.

Comment vous vient votre inspiration ?

Je peux me balader, regarder les choses et essayer de les reproduire, ça me donne beaucoup d’inspiration. Sur les réseaux sociaux, il y a aussi beaucoup de tutoriels, beaucoup de choses à apprendre et beaucoup de choses pour être inspirée. Et puis, j’aime bien aller dans les musées pour regarder l’artiste, voir comment il fait. Ce n’est pas uniquement l’image qui me parle, j’essaie de comprendre de quelle manière la toile a été construite. Je suis vraiment intéressée par le process.

Quels sont les peintres qui vous touchent plus particulièrement ?

J’adore Van Gogh, Monet, tous les impressionnistes, j’aime bien comment ils font leurs toiles. J’apprécie également un peu l’art abstrait, comme Mondrian, Kandinsky et aussi beaucoup d’avant-garde russe. D’un autre côté, j’aime aussi les choses un peu flashy et en faire une comparaison avec les peintures un peu plus classiques. Et je m’en inspire pour dessiner.

Quand vous disputez Roland-Garros, est-ce que vous en profitez pour visiter des musées lors des jours sans match ?

Malheureusement, je donne ma priorité absolue pour le tennis maintenant. Mais oui, si j’ai un ou deux jours libres, j’espère que je vais pouvoir visiter des musées, mais pas pendant Roland-Garros. Il y a beaucoup de choses à découvrir. J’ai déjà fait des musées à Paris, notamment le musée d’Orsay. On aime bien avec ma maman, qui était aussi ma coach. Elle est une grande amatrice d’art, si vous la lancez dessus, elle peut faire un monologue.

Pourquoi ne partagez-vous jamais vos œuvres, notamment sur les réseaux sociaux ?

J’hésite beaucoup. J’ai vraiment envie de faire quelque chose de bien, c’est mon petit rêve, faire des séries de dessin, ou même peut-être être un petit peu dans le design, dans les vêtements… Et quand ça sera réalisé, je ferai peut-être un petit post pour montrer ce que je fais.

Vous partagez cette passion avec d’autres joueuses sur le circuit ?

Je n’ai pas discuté art et dessin avec beaucoup de joueuses. Anna Blinkova (62e), elle, sait que je dessine. Parfois, je donne quelques dessins à mes amies. Je préfère donner, mais mes dessins ne sont pas postés sur les réseaux sociaux.

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Hormis la peinture, vous êtes aussi une grande fan de musique…

J’adore le rock des années 1970, 1980. Avec ma maman, quand j’étais jeune, on écoutait beaucoup de A-ha, Scorpions, Metallica, ACDC, The Cranberries, Dire Straits. C’était plutôt du rock classique.

Et vous arrivez à faire des concerts ?

Ce n’était pas quelque chose de trop présent dans ma vie. Je ne sais pas, peut-être que c’est une erreur que j’ai commise, j’ai tout misé sur le tennis. Jusqu’à 22 ans, 90 % de mon temps, c’était du tennis. J’étais sur le court pour travailler, bosser. En concert, j’ai vu Muse, Diana Arbenina (une artiste russe) et Steve Vai, un guitariste solo. Il performe depuis trente, trente-cinq ans. C’est vraiment un monsieur immense.