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La Marseillaise sur le Lenglen, Gracheva s’en souviendra « toute la vie »

Roland-Garros : La Marseillaise avec le public du Lenglen, Gracheva s’en souviendra « toute la vie »

COCORICOVarvara Gracheva s’est offert un beau moment de communion avec le public du court Suzanne Lenglen après sa victoire contre Irina-Camelia Begu, au 3e tour de Roland-Garros (7-5, 6-3)
William Pereira

William Pereira

Avant le tournoi, ils n’étaient pas nombreux à parier sur elle, ni même à connaître son nom. Une semaine plus tard, voilà Varvara Gracheva qualifiée pour les 8es de finale de Roland-Garros et adoptée par le public du Suzanne Lenglen. En guise de cadeau de baptême, celui-ci s’est mis à entonner la Marseillaise, spectacle acoustique de qualité amplifié par le toit du court auquel la Française n’a pas hésité à se joindre. « Une première à Roland-Garros », lui explique Fabrice Santoro au milieu du Lenglen. « C’est un moment que je vais mémoriser jusqu’à la fin de ma vie », a-t-elle déclaré en conférence d’après-match dans un français en net progrès mais encore en rodage, surtout sous pression.

Pour la première fois de la quinzaine, la voilà assise dans la salle d’interview principale de Roland-Garros, plus grande, moins confidentielle. « Ça fait bizarre de se retrouver devant autant de journalistes. Cela fait peut-être juste partie du travail à la fin de la journée, je ne sais pas… », sourit-elle, ce même sourire qui s’affiche parfois en plein match quand les choses se corsent, comme pour se rassurer. « Si quelqu’un m’avait dit, cinq, quatre, un an avant : tu vas être sur le Suzanne Lenglen, et sourire de toutes les dents… »

Gracheva pas au courant de sa qualif pour les Jeux olympiques

Les choses s’enchaînent si vite qu’elle-même a du mal à suivre. Quand un confrère lui fait remarquer qu’elle est la dernière joueuse française en lice à Paris, elle le coupe, amusée : « encore quelque chose que je ne savais pas. Je suis contente d’être ici, je veux aller le plus loin possible. Et je suis fière. » Est-elle seulement au courant d’être qualifiée pour les JO grâce à sa victoire en deux sets contre Irina-Camelia Begu ? Là encore, on a quelques doutes. « Peut-être ? Je ne sais pas. Je ne sais pas. Je vais demander s’ils m’acceptent ! Je vais demander à Julien Benneteau. »

A priori, ça devrait aller. Le capitaine de l’équipe de France de la Billie Jean King Cup lui avait donné sa chance l’automne dernier, mais sa première convocation avait tourné court. Son adversaire, l’Allemande Tatjana Maria avait dû abandonner rapidement, alors que Gracheva n’avait pas inscrit le moindre jeu dans le premier set (3-0). Les Jeux olympiques seront pour elle une nouvelle occasion de représenter ses nouvelles couleurs. Avant ça, il y aura tout de même un 8e de finale de Grand Chelem à disputer contre Mirra Andreeva ou Peyton Stearns.