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Corentin Moutet peut-il rendre fou Jannick Sinner ?

Roland-Garros 2024 : « Ce n’est pas mon objectif de rendre fou les joueurs », la cuisine Moutet indigeste pour Sinner ?

TENNISQualifié pour les 8es de finale après un match brillant contre un Ofner diminué, le Français aura un énorme défi à relever dimanche contre l’Italien
Julien Laloye

Julien Laloye

De notre envoyé spécial,

On ne prétend pas connaître le tennis sur le bout des doigts, mais les collègues peuvent confirmer, on n’a jamais douté. Ok, Ofner jouait le feu, « top 5 » même, selon Petar Popovic, le coach du Français, mais avec 7h48 dans les jambes dont la moitié la veille, ce n’était qu’une question de temps avant que le jeu casse-pattes de Moutet n’envoie les genoux de l’Autrichien à l’infirmerie. D’ailleurs le Lenglen, que Goffin a dû entendre jusqu’à Bruxelles, n’a jamais perdu la foi. Il a attendu, comme nous, que « Magic Coco » rentre en action. Du slice à gogo sur le revers, un ou deux services à la cuillère par jeu avec une réussite maximale, et le tournant est intervenu à 6-3, 4-2 contre lui dans le 2e set.

« C’était agaçant, je jouais plutôt bien, mais lui m’impressionnait, frappait fort en revers, servait bien, retournait bien. C’était vraiment dur de trouver des solutions, ça allait vite. Mais je savais que je devais rester concentré, parce que physiquement, je savais qu’il avait joué deux très longs matchs, je savais que je pouvais jouer dessus » »

Le physique d’Ofner venait de lâcher d’un coup. Sept jeux de suite sur la caboche, et la certitude partagée par tout le stade que l’affaire était entendue, Ofner compris, même si le passage du physio l’a un temps remis d’aplomb. L’Autrichien, beau joueur, a même profité un peu du moment, réclamant l’ovation du Lenglen sur une amortie gagnante dans le dernier set.

« J’étais trop entamé physiquement pour gagner ce match, quand on dispute cinq sets en Grand Chelem, on devrait avoir un jour de repos, témoignait-il après coup. Mais l’ambiance était incroyable. Les supporteurs ne m’ont pas gêné du tout. J’ai même envie de dire que j’en ai profité un petit peu, on ne joue pas tous les jours dans une atmosphère pareille ».

« Sinner ? Je ne me suis jamais entraîné contre lui »

Moutet est le premier huitième de finaliste tricolore Porte d’Auteuil depuis Hugo Gaston en 2020, sorte de jumeau physique et tactique. A l’époque, on ne donnait aucune chance au petit Astérix contre Dominic Thiem, alors presque injouable sur terre. Il n’était pas passé si loin du miracle en poussant l’Autrichien en cinq sets sur un Chatrier ébahi.

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Coco Moutet peut-il en faire autant contre Sinner, qui se balade depuis le début du tournoi, et le rendre fou ? « Eh bien, ce n’est pas mon premier objectif de rendre fous les gens ! J’essaie de jouer mon jeu. Je ne sais pas ce que vous voulez dire par là… Sinner je n’ai jamais joué contre lui. On ne s’est même jamais entraîné ensemble. C’est une première fois pour moi. Je l’ai beaucoup regardé jouer, il est très agressif. C’est peut-être le meilleur joueur du monde en ce moment. Je vais faire de mon mieux sur le plan tennistique, on va voir comment ça se passe ». On en connaît un qui ne sait pas ce qui l’attend.