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Ref à Doumbé, ambiance folle… Moutet, roi du divertissement face à Jarry

Roland-Garros : « De l'irrespect ? C'est subjectif »… Moutet est bien le roi du divertissement qu'il pense être

FOLIE FURIEUSECorentin Moutet a surclassé le 19e joueur mondial Nicolas Jarry en quatre sets, dimanche soir (6-2, 6-1, 3-6, 6-0) dans un court Simone-Mathieu en mode Coupe Davis. Le Chilien a été débordé par la créativité du Français et le public hostile
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Corentin Moutet a battu Nicolas Jarry au premier tour de Roland-Garros en quatre sets et dans une ambiance de folie.
  • Le Français a parfaitement court-circuité le jeu agressif du Chilien par ses variations et son jeu imprévisible.
  • Il a aussi pu compter sur une ambiance électrique dans le court Simone-Mathieu pour déstabiliser son adversaire et profiter de l’atmosphère digne des belles heures de la Coupe Davis.

Où était-on, dimanche soir, aux alentours de 23 heures, quand Corentin Moutet terminait le travail au 1er tour de Roland-Garros (6-2, 6-1, 3-6, 6-0) face au pauvre Nicolas Jarry, 2m01 de dégoût pour la vie et le peuple français ? Sur le court Simone Mathieu, au Masters de Bercy, à un match de foot où à un gala de MMA ? Sans doute un peu de tout ça. Après avoir péniblement obtenu le silence du public français, lancé dans un interminable « AUX ARMES », l’intervieweuse pose une première question au centre du terrain. C’était quoi, déjà ?

On se souvient un peu mieux de la réponse de Coco, à classer au patrimoine national du divertissement : Moutet s’est senti de paraphraser Cédric Doumbé et son « j’vous avais dit quoiiiiiiiiii » (totalement improvisé, dira-t-il en conférence de presse) devant des supporteurs en transe, hurlant à gorge déployée. Le volume redescendu suffisamment bas, le vainqueur enchaînera en souhaitant une bonne Fête des mères à toutes les mamans, la sienne, présente en tribune, la première. « J’ai dit que si je gagnais je souhaitais une bonne Fête des mères. J’ai pas de dessin, j’ai pas de cadeau, bonne fête maman. »

Le plan parfait de Moutet

Corentin Moutet avait mieux à offrir, un plan parfait pour faire dégoupiller Nicolas Jarry en mondiovision. Le géant débarquait pourtant dans le 16e arrondissement les valises débordantes de confiance après sa finale à Rome, où il avait notamment battu Tsitsipas. Un coup en trois bandes signé Coco :

-L’appel du général De Gaulle sur les réseaux pour inciter le public parisien à venir mettre le feu en tribunes, autant pour le soutenir que pour pourrir l’adversaire.

-Une défense de folie, basée sur une mobilité incroyable et une capacité à jouer des coups en bout de course pour contourner les montées du Chilien. Le nombre de passings réussis sur un joueur dont l’envergure dépasse celle de l’aigle royal, il fallait l’inventer.

- Une créativité débordante et les coups imprévisibles qui vont avec. Combien de services à la cuillère, combien d’amorties, combien de lobs improbables ? Et puis ce slice diabolique… Jarry l’a reconnu après le match : « c’est très difficile de jouer contre quelqu’un qui varie autant ».

Un manque de respect, quel manque de respect ?

Notez que des trois points, le premier est bien évidemment le plus important de tous. « C’est beaucoup plus difficile de jouer avec du public contre soi, concède le Chilien. J’ai réussi à bien gérer cela tout au long de l’année, en Argentine, en Italie, à Miami, mais pas aujourd’hui. » La France plus hostile que les terrains les plus hostiles ? Corentin Moutet, qui a passé sa soirée à jouer avec le public, a passé un meilleur moment sur le terrain que son adversaire, c’est une certitude.

L’atmosphère brûlante du court Simone-Mathieu a atteint de tels niveaux d’hostilité qu’il était devenu impossible de servir pour le 19e joueur mondial. Le Français refuse d’entendre parler de manque de respect de la part de ses soutiens.

« « Non, je ne suis pas pour l’irrespect. Dire que c’était irrespectueux, dire que j’ai bien aimé, c’est un peu déplacé. En tout cas, j’ai trouvé qu’ils étaient derrière moi. Ils l’ont tout de même applaudi, même à son entrée sur le terrain. Moi, au Chili, j’ai été hué du premier au dernier point dès mon entrée. Donc, je ne sais pas. Il y a toujours une limite entre le respect et le soutien. Donc, c’est toujours compliqué. Il faut toujours savoir et, comme je dis, c’est très subjectif. Pour [certains], c’est de l’irrespect, pour moi, cela n’en est pas. » »

C’était le jeu. Celui d’un public de Roland-Garros qui évolue au gré des années. Avec des codes empruntés au football. « Oui, il y a de plus en plus d’ambiance dans les matchs de tennis, il y a beaucoup de soutien, on peut faire la comparaison avec les stades de foot. Ça va dans le bon sens. Les gens y vont pour voir un spectacle et passer une bonne soirée. » Ça pour passer une bonne soirée, on a passé une bonne soirée.