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Roland-Garros 2024 : « Je suis content qu’il monte sur mon revers », Gasquet revient sur sa balle de match de zinzin
TENNIS•Le Français a conclu un match qu’on ne le pensait plus capable de produire contre le Croate Borna Coric au premier tour (7-6, 7-6, 6-4)Julien Laloye
De notre envoyé spécial,
De mémoire de suiveur de Richard, voire de biographe officieux à ce niveau de connaissance presque malsain de sa carrière quand on n’est pas de la famille, on ne l’avait jamais vu aussi ému. La larmichette était là, impatiente, prête à couler, lors d’une ovation du Lenglen à foutre les poils pour de vrai. Gasquet lui-même n’en revenait pas. 3h23 de jeu contre Borna Coric, un ancien 12e mondial qui lui rendait dix ans de moins, sans jamais faiblir physiquement. 46 coups gagnants contre 28 fautes directes, des stats de mutant, avant l’estocade, un passing de revers signature de la maison Gasquet depuis 1812, débriefé à chaud par l’artiste :
« « Ce coup, c’est beaucoup de soulagement parce qu’à 5-5 et que ça va au quatrième set… Je suis content qu’il monte sur mon revers, je sais que c’est là que je peux le passer. C’est un coup que je réussis souvent. C’est pas le premier point du match, il y a un peu de fatigue, je sais que j’ai une grosse chance de le mettre, je la glisse parfaitement ». »
Le Lenglen, d’abord gentiment encourageant, était entré en fusion depuis longtemps, comme pénétré par l’état second du Français, poussé par un clan plus bruyant qu’une cour d’école un lundi matin. C’est qu’on n’a pas souvent l’opportunité, dans la vie, de rajeunir sans payer. Richtie avait de nouveau 18 ans, il frappait fort comme un homme, des deux côtés du terrain.
« Le court qui me porte le plus »
Rien à voir avec la vieille gloire en bout de course qui doit désormais galérer pour rentrer dans les tournois. Mais qu’est ce qui s’est passé sous nos yeux ébahis mon Richard, donne nous une explication rationnelle :
« Le public était très chaud, ça m’a porté du début à la fin. Ce court est fabuleux pour ça. Le public est proche du court c’est le court qui me porte le plus. J’ai fait des grands matchs dessus ». Parfois crève-cœur, au passage. Dans notre panthéon personnel, la défaite dantesque contre Wawrinka en 2013 au même endroit, se pose là. Mais cette fois, point de remontada à digérer en rentrant, grâce à une condition physique franchement insoupçonnable pour qui regarde le Biterrois du coin de l’œil cette saison.
« « J’ai bien travaillé, j’ai essayé de refaire du physique, j’ai joué une trentaine de matchs depuis le début de la saison, les deux réunis font que je peux tenir mieux que l’année dernière. Je suis plus léger. J’ai essayé de reprendre un entraîneur physique, j’ai joué des matchs durs à Aix, à Rome, forcément ça t’aide. C’est une bonne surprise pour moi de gagner des matchs comme ça au bout de 3h30 sur terre c’est bien ». »
Pas de Lenglen au second tour
A vrai dire, on s’est surpris à ne même pas s’inquiéter à 3-2 break pour Coric dans le troisième. La jauge du réservoir était à sec depuis longtemps, mais Richard c’est comme un vieux tacot qui a une deuxième vie en Afrique. Ça fait longtemps que l’aiguille ne bouge plus et que le kilométrage ne veut plus rien dire. Dans quel état de courbature notre ancêtre préféré va-t-il se réveiller dans deux jours pour défier, selon toute probabilité, le robocop italien Janick Sinner et ses giflasses de coup droit à décorner un bouc ?
Ça risque de piquer, mais peut être que Ricciardo Piatti, son ancien coach qui a longtemps accompagné l’ascension du 2e joueur mondial, pourra trahir quelques secrets discrètement : « Je ne sais pas si les conseils de Piatti suffiront contre Sinner. Il sera favori, mais j’ai fait deux super matchs contre lui. J’espère que je vais bien jouer et que ça sera une fête pour moi sur le Central ». Ah oui, on ne vous a pas dit. Sinner jouant sur le Lenglen lundi, il aura forcément droit au court des grands au tour d’après. Crotte.


















