Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Ni adieux, ni hommage, à quoi joue Rafa avant son possible dernier match ?

Roland-Garros 2024 : Pas d’hommages, pas d’adieux, à quoi joue Rafael Nadal avant son possible dernier match ?

Hasta la vistaRafael Nadal multiplie les interventions où il revient sur la notion de « dernier » Roland-Garros. A tel point que le tournoi a dû se résoudre à ne pas envisager de cérémonie en cas d’élimination contre Alexander Zverev
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Rafael Nadal s’apprête-t-il vraiment à jouer son dernier Roland-Garros ? L’Espagnol n’en est pas sûr « à 100 % »
  • Alors que l’on pouvait imaginer une fête d’adieux comme à Madrid, l’organisation de Roland-Garros se voit contrainte à la jouer profil bas
  • Rafael Nadal se dit prêt à venir assister à une cérémonie d’hommage l’année prochaine à Roland-Garros, même s’il venait finalement à prendre sa retraite

A Roland-Garros,

A Paris, les histoires de grands monarques ont coutume de mal se terminer. A moins d’un miracle sur le court Philipe Chatrier au premier tour de Roland-Garros, Rafael Nadal, 14 fois vainqueur Porte d’Auteuil, ne devrait pas déroger à la règle. Le tirage au sort lui a offert sur un plateau un sacré bourreau : Alexander Zverev, 4e joueur mondial et récent vainqueur du Masters 1000 de Rome. « Je jouais aux petits chevaux quand je l’ai appris », a déclaré Rafa en conférence de presse, samedi. Personne n’a osé lui demander s’il avait gagné sa partie. Superstitieux, il y a sûrement vu un signe.

Dire que son adversaire et lui se trouvent dans deux dynamiques différentes relève de l’euphémisme. Relégué au 276e rang mondial avec pour seule référence un 8e de finale à Madrid, Rafa se pointera sur le Central avec son coup-droit et ce qu’il lui reste de jeu de jambes, même si les derniers jours ont plutôt tendance à la rassurer.

« Cette semaine est celle où je me suis vraiment senti le mieux, physiquement surtout, rassurait-il dans une interview à France 2, samedi. On va voir ce qu’il va se passer. J’ai un premier tour difficile, même très difficile. Ce n’est pas l’idéal, mais c’est la même chose pour [Zverev]. » Ne jamais donner Nadal pour mort est une règle de survie au tennis, surtout sur la terre battue parisienne. Mais la cote pour une défaite et des grands adieux au public du Chatrier dès lundi n’a jamais été aussi basse. A moins qu’il ne s’agisse pas de son dernier Roland-Garros ?

Rafa pas sûr à 100 % qu’il s’agisse de son dernier Roland-Garros

Les dernières heures entrent en contradiction avec le récit de la fin du monde pour 2024, à laquelle tout le monde s’était préparé, des supporters présents par milliers à chaque entraînement de Nadal à l’organisation du tournoi. « Il y a de grandes chances que ce soit mon dernier Roland-Garros », a pourtant répété Rafa en conférence de presse. Le problème se trouve dans la nuance. « Pour vous dire si c’est [sûr] à 100 %, je ne vous le dirai pas. Je ne saurais prévoir ce qu’il va se passer. » Qui sait si son corps venait à le laisser tranquille un an de plus. Pourquoi se priver d’un peu de rab alors qu’il prend toujours du plaisir à s’enquiller des journées entières de tennis à bientôt 38 ans.

Ou, dans ses termes, « quel intérêt de se fermer des portes » ? Interrogé par 20 Minutes en amont de la compétition, Nicolas Almagro, désormais consultant pour Eurosport ES, avant senti le vent tourner avant tout le monde. « J’ai un petit doute sur le fait que ce soit vraiment la dernière de Rafa à Paris s’il va bien. »

Initialement centrale, voilà donc la question des adieux devenue parfaitement caduque en un coup de vent. Et comme il est difficile de programmer une fête pour un événement dont on ignore s’il aura lieu maintenant, la directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, a anticipé le coup en prenant la parole dimanche matin.

« « Il l’a dit lui-même en conférence de presse, il laisse la porte ouverte, donc même si on avait préparé quelque chose et qu’on était prêts à appuyer sur le bouton, on ne va rien faire car c’est son souhait. On est prêts s’il veut qu’on lui rende hommage demain, plus tard dans le tournoi, plus tard dans l’année, l’an prochain… » »

Une déclaration qui fait écho à une phrase de l’Espagnol au micro de Laurent Delahousse : « les choses se feront naturellement avec le public. Si, l’année prochaine, le tournoi a envie de faire un événement, même si je ne joue pas, je viendrai pour ça. »

Théorie folle mais pas trop : Rafael Nadal entretient désormais le flou pour éviter de revivre chaque week-end un remake des festivités du tournoi de Madrid. Voix éternelle de France TV, Nelson Monfort peut se vanter d’avoir capté une fraction du personnage Nadal pour l’avoir interrogé et vu défiler des dizaines de fois dans les couloirs et à la sortie des courts de Roland-Garros. Pour lui, l’hommage parfait à Rafa est celui qui n’existe pas. « Il n’est pas très amateur de ce genre d’hommages, et je pense sincèrement qu’il souhaite quitter la scène discrètement. Si ça ne tenait qu’à lui, il s’en dispenserait. »

Des idées pour des adieux

C’est bien dommage, on avait quelques idées sympa pour la cérémonie d’adieux : un remake de l’opération de Louis Vuitton, sans la neige des Dolomites, avec Rafa, Roger Federer et même Novak Djokovic sur une grande malle installée en plein milieu du Chatrier. Entouré de ses deux rivaux, il se remémorerait le bon vieux temps, celui des 6-0 en finale : « alors ils étaient bons ces bagels ? Le tien était sans gluten, Novak ».

Parmi la clique de consultants de Prime Video, diffuseur des sessions de nuit, tout le monde y va de sa petite idée. Jo-Wilfried Tsonga est favorable à « donner le nom de Rafael Nadal à un court de Roland-Garros », sans préciser lequel. Fabrice Santoro a imaginé « 14 minutes de standing ovation en référence à ses 14 titres à Paris », et Marion Bartoli visualise « des panneaux avec écrit ‘’Rafa’’ sur tout le court central comme l’avait fait l’US Open pour Serena Williams. Comme un tifo dans un stade de foot ». « Ils lui ont déjà fait une statue, qui est déjà une très belle marque de reconnaissance, très importante, conclut l’ancien double-finaliste et consultant Eurosport ES, Alex Corretja. Tout ce que fera le tournoi en plus sera positif, mais c’est très propre aux organisateurs, à ce qu’ils veulent transmettre pour les adieux de Rafa. Si jamais ce sont ses adieux. » Plus de doutes, les Espagnols nous cachent des choses.