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Pourquoi il n’y a toujours pas de femmes en night session à Roland-Garros ?

Roland-Garros 2025 : « C’est une honte »… Pourquoi il n’y a toujours pas de femmes en night session ?

TennisDepuis l’instauration des sessions de nuit à Roland-Garros en 2021, seulement quatre matchs du tableau féminin ont été organisés
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Les matchs féminins sont rarement programmés en night session à Roland-Garros, avec seulement 4 rencontres féminines sur les quatre dernières années, ce qui soulève des questions sur l’équité de la programmation.
  • La directrice du tournoi Amélie Mauresmo explique ce choix : « C’est prendre le risque de mettre un match qui peut durer moins d’une heure dans l’absolu. »
  • Une solution proposée serait de programmer deux matchs en soirée, comme le suggère Coco Gauff : « La plupart des tournois ont une session de nuit de deux matchs. »

De notre envoyé spécial à Roland-Garros,

Ils voudraient le faire exprès qu’ils ne s’y prendraient pas d’une autre manière. Chaque jour, aux alentours de 14 heures, l’ensemble de la presse présente à Roland-Garros clique avec fébrilité (toute relative) sur le programme du lendemain. Les journalistes de presse quotidienne régionale regardent où sont leurs petits protégés de chaque coin de France, les médias étrangers jettent un œil pressé pour voir où joueront les pupilles de chaque nation et ainsi de suite.

Mais tout le monde porte une attention particulière sur le match qui sera organisé en night session (session de nuit pour les allergiques à la langue de Jude Bellingham). Et, souvent, la même réaction : eh bien non, toujours pas de match du tableau féminin. Depuis l’instauration de ce rendez-vous « nocturne » sur le Chatrier il y a quatre ans, seulement quatre rencontres féminines ont été programmées : Serena Williams-Begu et Swiatek-Kostyuk en 2021, Cornet-Ostapenko en 2022 et Sabalenka-Stephens en 2023.

Rune-Nava en night session, vraiment ?

Rien donc lors des onze night sessions organisées l’année dernière et rien, encore, lors des quatre premiers jours de cette édition 2025. Ce mercredi, les organisateurs ont ainsi décidé de mettre sur le Central un petit Hugo Gaston-Ben Shelton. L’assurance d’avoir une ambiance de folie pour pousser le Français à prendre sa revanche sur l’Américain, qui n’est pas non plus le dernier pour assurer le service après-vente. En vain.

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Car une déchirure aux abdos du Toulousain l’a poussé à déclarer forfait la veille du rendez-vous. Pas d’ambiance de folie, pas de match en cinq sets, pas d’exploit du Français. Mais un match du tableau féminin à la place ? Que nenni. Alors qu’un petit Iga Swiatek-Emma Raducanu aurait trouvé toute sa place, comme un Osaka-Badosa plus tôt dans la semaine, les spectateurs du Philippe-Chatrier auront l’honneur de voir l’affiche, le choc, entre Holger Rune et Emilio Nava. Suffisant pour recracher son sandwich au homard à 25 euros.

« C’est dommage pour le sport féminin en général, pas seulement pour le tennis, s’est indignée Ons Jabeur, l’ancienne n°2 mondiale. Je ne pense pas que ceux qui prennent ces décisions ont des filles, je ne crois pas qu’ils les traiteraient comme ça. C’est un peu ironique. Ils ne montrent pas le sport féminin, ils ne montrent pas le tennis féminin et puis ils disent : ''Oui, mais les fans regardent surtout les hommes.'' C’est une honte de la part de la fédération, une honte de la part du diffuseur d’avoir signé un tel contrat. Beaucoup de grandes joueuses méritent d’être là. L’un des matches de lundi opposait Naomi Osaka et Paula Badosa. Un match incroyable. Elles auraient dû jouer en session de nuit. »

Une question de durée de match ?

Avant le début du tournoi, la directrice Amélie Mauresmo s’était expliquée sur les raisons de la programmation d’aucun match féminin le soir. « Le premier problème, c’est qu’il n’y a qu’un match en session de nuit, expliquait Amélie Mauresmo dans Ouest-France. C’est prendre le risque de mettre un match qui peut durer moins d’une heure dans l’absolu. Je trouve ça un peu rude. On sait qu’un match masculin durera au moins entre une heure et demie et deux heures car il y a au moins trois sets. C’est un exercice très difficile parce que j’ai envie de mettre davantage en avant le tennis féminin. »

Ça ne sera donc pas par le biais des night sessions. Ou en tout cas pas tout de suite. Et ce n’est pas forcément un sujet de discussion sur le circuit féminin. « Franchement, je peux comprendre les organisateurs, assure Chloé Paquet à 20 Minutes après sa défaite au premier tour. On joue en deux sets, si une personne paie très cher son billet et qu’ils vont à un match d’une heure et quart, je peux me mettre à sa place, il va être déçu. Au moins, avec les trois sets des mecs, il va en avoir un peu plus pour son argent. Après, il faudrait peut-être changer la programmation, faire un match féminin, puis un match masculin. »

C’est aussi l’avis de Coco Gauff, que Paquet aurait rêvé de retrouver en night session au deuxième tour. L’Américaine n’est pas non plus scandalisée que les matchs du tableau féminin ne soient pas en prime time. « C’est un sujet récurrent, parce qu’il y a un seul créneau, à 20h15, et pour être honnête, je ne pense pas que les femmes aient envie de jouer à cette heure-là, a expliqué en conférence de presse la n°2 mondiale. Je pense que les femmes préfèrent jouer plus tôt. Cela dépend de l’organisation du tournoi. La plupart des tournois ont une session de nuit de deux matchs. »

Une night session avec deux matchs ?

Il faudrait donc transformer la night session en « afterwork session » et prévoir, quand même un petit oreiller pour les spectateurs au cas où les deux matchs s’éternisent. Il en faudra aussi, sûrement, pour ceux qui assisteront ce mercredi au Rune-Nava, qui n’imaginaient pas en prenant des places pour cette night session se retrouver avec ce duel « bas de gamme ». Alors, dans tout ça, qu’en pense le diffuseur, qui se retrouve à émettre un match dont tout le monde se fiche ?

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« On travaille en parfaite collaboration avec les organisateurs du tournoi, nous assure Prime Video. On discute, mais ce sont eux qui ont le dernier mot sur la programmation. On a eu Sinner, mardi on a eu Monfils, parfois on a des têtes de série, d’autres fois non. Peut-être qu’on aura un match du tableau féminin, mais ce n’est pas nous qui décidons. L’accord porte sur "l’affiche du jour", et il n’y a aucun souci avec ça. » En fait, il s’agit juste de redéfinir le mot « affiche » et tout rentra dans l’ordre.