Open d’Australie 2024 : Le renversant Jannik Sinner tient sa consécration « méritée »
TENNIS•Le jeune Italien a remporté son premier tournoi du Grand Chelem, ce dimanche à Melbourne, après avoir été mené deux sets à rien par Daniil Medvedev (3-6, 3-6, 6-4, 6-4, 6-3)Jérémy Laugier
L'essentiel
- Jannik Sinner a remporté ce dimanche l’Open d’Australie, après avoir été pourtant mené deux manches à zéro en finale par Daniil Medvedev (3-6, 3-6, 6-4, 6-4, 6-3).
- Il s’agit du premier titre en Grand Chelem pour le jeune Italien de 22 ans, qui disputait sa première finale de Majeur.
- C'est l'épilogue d'un incroyable tournoi à Melbourne pour Jannik Sinner, qui avait sorti en demi-finale le grandissime favori Novak Djokovic, numéro 1 mondial dix fois titré en Australie.
Le sport italien ne croyait plus vraiment aux contes de fées dès lors qu’il s’agissait de tennis masculin. Plus aucun joueur depuis Adriano Panatta, à Roland-Garros en 1976, n’avait ainsi soulevé un titre du Grand Chelem. Cet historique de la lose, qui rendrait presque compétitif le tennis français, vient d’être réduit en cendres par la grâce de Jannik Sinner. A 22 ans, celui-ci a été capable de dompter en demies le numéro un mondial Novak Djokovic, patron absolu à Melbourne depuis la nuit des temps. Mais après deux manches catastrophiques en finale contre Daniil Medvedev (3-6, 3-6), on était tout près de prendre de l’avance pour vous conter l’histoire déjà vue d’un bizut anesthésié par l’enjeu de sa première finale dans un Majeur. Face à un joueur de 27 ans rompu à de tels rendez-vous (un sacre à l’US Open en 2021 et désormais cinq autres finales majeures disputées), le scénario faisait sens, surtout quand vous êtes natif de San Candido.
Mais le numéro 4 mondial a totalement tordu cette tournure de finale cauchemardesque, au prix d’une résistance remarquable dans un paquet de rallyes, d’initiatives plus grandes dans le jeu, et grâce à une fraîcheur conservée via un parcours quasi parfait jusque-là (un seul set cédé contre le Djoker durant la quinzaine et quasiment six heures de moins passées sur le court que Medvedev). D’une immense tartasse en coup droit long de ligne laissant le Russe à trois mètres, il a parachevé sa folle remontada et son rêve de consécration sur un tournoi du Grand Chelem (3-6, 3-6, 6-4, 6-4, 6-3).
« C'est un énorme tournoi pour moi », a sobrement commenté l’intéressé sur la Rod Laver Arena, quelques minutes après ce passionnant/renversant succès en 3h44. Le numéro 4 mondial, qui va rester à cette place après cet Open d’Australie, toujours derrière Djokovic, Alcaraz et Medvedev donc, sait à quel point il était précieux de débloquer son compteur, dans une ère nouvelle pour le tennis, alors que Melbourne assistait ce dimanche à sa première finale sans Djokovic, Nadal ou Federer à l’affiche… depuis 2005 !
Félicité par Carlos Alcaraz
Se tournant vers son crew, Jannik Sinner a ensuite confié, dans un large sourire (son premier de la journée en public) : « Merci de me soutenir et de me comprendre, ce n’est parfois pas facile. Je suis encore un peu jeune, c’est comme ça ». Encore jeune mais déjà si mature au moment de disputer des points cruciaux, notamment dans une quatrième manche hypra serrée (56 minutes de bras de fer) face à un Daniil Medvedev héroïque jusqu’au bout.
La popularité de Jannik Sinner sur le circuit saute en tout cas aux yeux. Carlos Alcaraz a ainsi vite dégainé ses félicitations sur le réseau social X : « Je suis tellement content pour toi Jannik. Tu mérites ce titre plus que quiconque, apprécie ce moment ». C’est simple : son profil de gendre idéal a même rendu Daniil Medvedev fair-play d’un bout à l’autre de la finale, aux antipodes de l’atmosphère électrique ayant entouré sa demie contre Zverev. Bien que terrassé par une nouvelle cruelle défaite en finale à Melbourne après avoir mené 2 sets à 0 (comme contre Rafael Nadal en 2022), le Russe est donc allé chaleureusement saluer son bourreau du jour. Et cela, avant de glisser au micro : « Tu mérites ce titre et ce n’est probablement pas ton dernier Grand Chelem ».
On le croit aisément, au vu des énormes progrès réalisés par le garçon, saison après saison. Le champion d’Italie… de ski alpin chez les jeunes en 2008 (puis vice-champion d’Italie de slalom géant en 2012) a ensuite tenu à remercier sa famille ce dimanche : « Je souhaite à tout le monde d’avoir des parents comme les miens. Ils m’ont toujours laissé choisir ce que je voulais faire. Quand j’étais plus jeune, j’ai pu pratiquer d’autres sports et mes parents ne m’ont jamais mis de pression. J’aimerais que cette liberté soit possible pour tous les enfants ». Un discours qui fait sens dans l'univers du tennis, comme le rappelle la trajectoire déchue de l'ancien grand espoir français Rayane Roumane, publiée jeudi dans L'Equipe. Ici, tout semble sain(t) dans le parcours/l'entourage de Jannik Sinner, et sa consécration à Melbourne apparaît presque comme une évidence.


















