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Mais qu’est-il arrivé à Djokovic dans cette demie de l’Open d’Australie ?

Open d’Australie : « L’un de mes pires matchs »… Mais qu’est-il arrivé à Novak Djokovic, surclassé par Jannik Sinner ?

TennisAprès 33 victoires d’affilée à Melbourne, le numéro 1 mondial a perdu en demi-finales, ce vendredi contre l’Italien Jannik Sinner
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • Immense favori à sa succession, Novak Djokovic a concédé une défaite aussi nette que surprenante face à un excellent Jannik Sinner, ce vendredi en demi-finales de l’Open d’Australie (6-1, 6-2, 6-7 [6], 6-3).
  • Comme il l’a reconnu après la déconvenue, le numéro 1 mondial, déjà vainqueur de 24 tournois du Grand Chelem, dont 10 à Melbourne, est complètement passé à côté de son match.
  • A bientôt 37 ans, le Serbe va devoir faire taire les doutes qui vont inévitablement naître. Dès ce printemps à Roland-Garros ?

Alors oui, Jannik Sinner est vraiment très fort, avec son coup droit capable de démolir roche par roche les montagnes de son Sud-Tyrol natal. Mais quand même. Lorsque, après avoir raturé ses deux premiers sets et sauvé une balle de match dans le tie-break du troisième, Novak Djokovic s’est adjugé cette manche, on s’est dit que la machine était enfin lancée. Que le Serbe de 36 ans allait une nouvelle fois se relever d’entre les morts pour arracher avec les dents une 34e victoire d’affilée à l’Open d’Australie, puis une 35e dimanche en finale.

Finalement, il n’en a rien été. Pour la première fois de sa loooooongue carrière, le n° 1 mondial a perdu en demi-finale ce vendredi sur la Rod Laver Arena (6-1, 6-2, 6-7 [6], 6-3). Il n’améliorera donc pas son double record, de 10 sacres à l’Open d’Australie et de 24 titres en Grand Chelem. La faute avant tout à son jeune adversaire italien, qui jouera sa première et sûrement pas dernière finale dans un majeur contre Daniil Medvedev ou Alexander Zverev. Sinner (22 ans) a désormais remporté trois de ses quatre derniers matchs contre Djokovic, tous disputés depuis mi-novembre.

L’actuel 4e joueur mondial est l’homme en forme du moment, mais il a reconnu sur le court, dans sa discussion d’après-triomphe, qu’il n’avait pas trouvé son immense adversaire dans son assiette. Quelques minutes plus tard, la tête basse et le sourire forcé, le Serbe s’est servi de la salle de presse comme d’un confessionnal.

« J’étais vraiment choqué de mon niveau, dans le mauvais sens du terme. Je n’ai pas fait grand-chose de bon dans les deux premiers sets. Je pense que c’est l’un de mes pires matchs en Grand Chelem, pour autant que je m’en souvienne. Ce n’est pas un sentiment agréable de jouer ainsi. Mais dans le même temps, il faut le [Sinner] féliciter d’avoir tout fait mieux que moi, dans tous les aspects du jeu. » »

La statistique la plus incroyable de ce match historique (et pour une fois, l’adjectif n’est pas trop fort) ? Djokovic ne s’est procuré aucune balle de break pendant 3 heures et 22 minutes. C’est tout simplement la première fois qu’il subit pareille disette dans un tournoi du Grand Chelem. Et comme le Serbe l’avoue, appuyé par les données de notre partenaire Sofascore, Sinner a tout mieux réussi que lui (à l’exception du pourcentage de points sur le premier service).

Les statistiques de cette demi-finale historique.
Les statistiques de cette demi-finale historique. - Sofascore / 20 Minutes

Le début de la quinzaine australienne n’avait déjà pas ressemblé à une balade pour le taulier, plus ou moins malade et souffreteux contre le Croate Dino Prizmic et l’Australien Alexei Popyrin, vaincus en quatre manches. Mais ce n’est pas la première fois que « Novak-le-mystique » attaque un majeur en étant diminué (on se souvient de la fameuse déchirure aux ischio-jambiers de l’an dernier, dont on attend toujours les preuves promises par le champion).

Le début d’une nouvelle ère, vraiment ?

Et puis derrière, il avait sérieusement monté le ton, comme l’Argentin Tomas Etcheverry et le malheureux Adrian Mannarino (deux bulles puis trois petits jeux gagnés par le Français) peuvent en témoigner. Le quart de finale devant l’Américain Taylor Fritz (battu en quatre manches) n’avait pas été une démonstration de tennis, mais de là à imaginer le Serbe tomber d’aussi haut ce vendredi…

Sur les gravats de ce séisme tennistique, la fameuse question va se poser. Après la retraite de Roger Federer et l’éternelle convalescence de Rafael Nadal, l’inoxydable Djokovic (37 ans en mai) va-t-il être le dernier géant super-trentenaire à baisser pavillon, pour céder la place à la jeune classe des Sinner et Alcaraz, après n’avoir laissé que des miettes aux générations intermédiaires (Thiem, Dimitrov et compagnie) ?

C’est bien sûr trop tôt pour le dire, et le roi des majeurs, à la discipline digne d’un stylite des premiers siècles chrétiens, peut encore clouer le bec à la « Next Gen » et à ses innombrables haters au printemps à Roland-Garros. Mais une chose est certaine. Son rêve de Grand Chelem calendaire, brisé au dernier moment en 2021 par Daniil Medvedev lors de la finale de l’US Open, est déjà mort-né fin janvier. Si successeur à Rod Laver (le seul homme à avoir signé cet exploit dans l’ère Open en 1969) il y a un jour, ce ne sera certainement pas Novak Djokovic.