Coupe du monde de rugby : Bernard Laporte désigne l’équipe de Florian Grill comme responsable de l’échec des Bleus

RUGBY Moins d’un mois après la fin de la Coupe du monde de rugby, l’ancien président de la FFR Bernard Laporte est sorti du bois pour désigner les responsables de l’élimination des Bleus, et ce ne sont (sans surprise) ni les joueurs ni le sélectionneur

Aymeric Le Gall
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Bernard Laporte est de retour sur le devant de la scène et il ne fait pas dans la dentelle.
Bernard Laporte est de retour sur le devant de la scène et il ne fait pas dans la dentelle. — LIONEL BONAVENTURE

Jusque-là plutôt discret depuis sa condamnation par la justice à deux ans de prison avec sursis et 75.000 euros d’amende pour corruption, et sa mise à l’écart de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte a choisi de sortir du bois en cette fin d’année pour régler ses comptes avec Florian Grill, son opposant et successeur à la tête de la FFR, mais sans jamais le nommer. Invité du Bartoli Time sur les ondes de RMC dimanche soir, « Bernie », qui vient d’être nommé directeur du rugby du MHR de son grand ami Mohed Altrad, s’est d’abord dit « vexé de ne pas avoir été invité pour le match d’ouverture » de la Coupe du monde face aux All Blacks.

« J’ai trouvé ça scandaleux pour des gens qui, après nous, ont dit vouloir rassembler et fédérer. Et ils n’invitent pas la personne qui est allée chercher la Coupe du monde, alors que cette organisation, on l’avait perdue. En quinze jours, j’avais fait en sorte d’inverser la tendance et qu’on obtienne cette Coupe du monde. […] Cette Coupe du monde, c’est moi. Donc de ne pas avoir été invité, ça m’a blessé », a dit l’ancien sélectionneur tricolore.

Des accusations à peine voilées

Mais vous pensez bien, Laporte ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Pour lui, l’équipe dirigeante en place lors de ce Mondial a « tout cassé ». Invité à développer ces accusations à peine voilée, l’ancien patron de la FFR a laissé entendre que les dirigeants fédéraux n’ont pas assez pesé auprès de World Rugby, et ce, afin de bénéficier, comme c’est souvent le cas pour le pays hôte d’une Coupe du monde, d’une certaine clémence de la part des arbitres. Ce qui ne fut, il faut bien le reconnaître, pas les cas de l’équipe de France cette année.

« C’est tellement évident. J’ai travaillé pendant six ans avec eux (les dirigeants de World Rugby), je sais de quoi je parle. J’ai été vice-président pendant deux ans, et pendant quatre ans au board. Ça a toujours été comme ça, ça a toujours été important. Alors ça ne veut pas dire que l’arbitre t’avantage, hein, ce n’est pas ce qu’il faut dire, mais là, on avait l’impression de ne pas jouer la Coupe du monde à la maison. C’est une évidence. Aucun poids politique, rien, que des critiques permanentes… Je le redis : on aurait dû être champions du monde », a-t-il répété.

« Certaines personnes ont tout cassé »

Et le bonhomme de rajouter une dernière couche au cas où ceux du fond n’auraient pas bien suivi. « Il n’y a pas que moi qui suis capable. Mais si les gens en place avaient fait le boulot, on aurait dû être champions du monde. […] Il faut peser, à un moment donné, il ne faut pas faire que critiquer. […] On avait une occasion en or d’être champions du monde, mais certaines personnes ont tout cassé. »

Il faut donc croire que ce ne sont ni les performances des joueurs, ni les choix tactiques du sélectionneur, ni même les capacités des Springboks à annihiler celles des Bleus qui seraient responsables de l’échec tricolore lors de leur Mondial. Et qu’avec Bernie, à l’heure qu’il est, le trophée Webb Ellis serait tranquillement au chaud dans la vitrine de la FFR. Et s’il n’est pas allé jusqu’à dire que tout ça, c’est finalement la faute de la justice, on n’en était pas loin. Sacré Bernard.