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Comment la victoire face aux All Blacks simplifie la vie des Bleus

XV de France : Comment la victoire face aux All Blacks simplifie la vie des Bleus

rugbyLe staff va pouvoir faire tourner lors des prochains matchs et programmer dans la plus grande sérénité une nouvelle montée en puissance avant les quarts de finale
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le XV de France a parfaitement réussi son entrée dans la compétition en battant la Nouvelle-Zélande, son principal adversaire pour la première place de poule, vendredi au Stade de France.
  • Un succès qui va permettre de faire tourner l’effectif lors de deux prochaines rencontres dans un contexte très serein, avant une nouvelle montée en puissance programmée pour le dernier match du premier tour contre l’Italie.
  • Et puis sait-on jamais, l’Ecosse, malgré sa défaite contre l’Afrique du Sud dimanche, peut encore déjouer les pronostics dans le groupe B et s’inviter en quarts de finale, alors autant terminer en tête au cas où.

Ciel bleu sur le XV de France. Pardon pour le cliché, mais en déjouant les nombreux pièges de ce match d’ouverture contre la Nouvelle-Zélande, l’escouade de Fabien Galthié s’est grandement simplifié la vie. A froid, deux jours après la furia du Stade de France, émergent pas mal de petites choses qui rendent la victoire face aux All Blacks encore plus belle.

Il y a la sérénité ambiante, déjà, dans laquelle le sélectionneur et son staff peuvent préparer les prochains matchs. L’Uruguay puis la Namibie, deux nations sans référence au niveau international, se présentent tour à tour, à Lille jeudi puis à Marseille une semaine plus tard. L’occasion idéale de reposer quelques cadres, mettre à l’épreuve en conditions réelles certains joueurs plus habitués à démarrer sur le banc et in fine mettre la dernière main aux plans B pour la suite de la compétition. « Ce ne sont pas des matchs à prendre à la légère, prévenait l’arrière Thomas Ramos dès vendredi soir. Ils doivent nous servir à travailler, à peaufiner notre jeu. » « Il faut les prendre comme on a pris les Blacks, projetait son remplaçant Melvyn Jaminet, concerné au premier chef. Tous les matchs seront importants, à leur manière. On n’a pas le droit de se relâcher. »

Il est indispensable, de toute façon, de laisser Taofifenua, Vincent, Boudehent, Hastoy, Aldegheri ou Macalou se dégourdir les jambes quand on sait l’importance de ces « finisseurs » (appellation d’origine contrôlée par le staff) dans les gros matchs. « C’est un statut difficile, mais sur lequel on travaille depuis quatre ans. Leur rôle est déterminant, on l’a vu encore vendredi, insiste le coach de l’attaque, Laurent Labit. Ça se jouera souvent dans les dix dernières minutes, et ce sont ces joueurs-là, avec cette énergie-là, qui nous feront gagner les matchs. » Ce vaste turn-over était prévu quoi qu’il arrive face aux Néo-Zélandais, mais c’est toujours plus facile pour tout le monde dans l’élan d’une entame réussie.

Garder tout le monde sous pression, une donnée cruciale en Coupe du monde

L’équipe « premium », pour reprendre une expression un temps chère à Galthié, ne va réellement remettre le bleu de chauffe que lors d’un dernier match très important face à l’Italie, marche pied parfait pour ce qui l’attendra en quarts de finale. « Ce qu’on a en tête, ce sont les matchs couperets, disait vendredi William Servat, co-entraîneur des avants. On va continuer à monter en puissance. La prépa a été prévue en plusieurs étapes, avec un premier pic de forme pour ce match d’ouverture et un rebond ensuite à la fin de la poule, pour arriver bien sur les quarts. » Une donnée cruciale lors d’une Coupe du monde de rugby, compétition qui s’étire dans le temps. La phase finale ne commencera ainsi que dans un peu plus d’un mois.

Les grands blessés vont également pouvoir être réintégrés sans urgence, dans un contexte plus léger. Jonathan Danty, blessé fin août, et surtout Anthony Jelonch, qui n’a plus joué depuis sa rupture des ligaments croisés le 26 février, devraient être de la partie jeudi. Laurent Labit, le coach des avants, l’a confirmé samedi matin : « "Jo" a réalisé un très bon travail avec le staff ici et aussi avec son club de La Rochelle durant la semaine de repos. On aurait pu le mettre sur le terrain vendredi mais ça aurait été un risque pour la suite de la compétition. Il postulera. Anthony est bien avancé. On va se réunir avec les préparateurs physiques et les physios pour prendre une décision. » Cyril Baille, lui, devra patienter jusqu’à la Namibie et Julien Marchand, sorti vendredi, ne sera probablement de retour qu’en quarts.

NOTRE DOSSIER SUR LE XV DE FRANCE

Enfin, avec cette première place de poule qui tend désormais les bras aux Bleus, rien n’interdit d’imaginer l’imprévisible Ecosse déjouer les pronostics dans le groupe B et contrarier les deux mastodontes, l’Afrique du Sud et l’Irlande. Elle a certes fini par céder face à la force brute des champions du monde en titre, dimanche, mais cette équipe cultive l’art du match fabuleux sorti de nulle part, comme lors du dernier Tournoi en Angleterre, et n’a pas encore dit son dernier mot pour gratter une invitation en quarts face à la France. La probabilité est infime ? Peut-être, mais rien que pour être sûr de ne pas rater une éventuelle bonne surprise, battre les All Blacks était une bonne idée.