Afrique du Sud - Ecosse : La puissance collective des Springboks impressionne déjà
COUPE du monde de rugby 2023•Les champions du Monde en titre n’ont jamais douté pour leurs entrées en lice face à l’Ecosse (18-3) grâce à une puissance collective redoutableAdrien Max
L'essentiel
- L’Afrique du Sud s’est imposée pour son premier match de la Coupe du monde de rugby 2023 face à l’Ecosse dimanche soir au stade Vélodrome.
- Les Springboks ont pu s’appuyer sur une puissance collective retrouvée en seconde mi-temps.
- Les Champions du monde en titre ont même laissé entrevoir un jeu plus offensif qu’en 2019.
Au stade Vélodrome,
D’abord les actes, puis les paroles. C’est dans ce sens que les Champions du monde en titre sud africains ont fait étal de toute leur puissance collective, dimanche soir au stade Vélodrome, lors de leur victoire contre l’Ecosse (18-3) pour leur entrée en lice dans cette Coupe du monde de rugby 2023.
Sur le terrain d’abord. Pas en première mi-temps, néanmoins remportée (6-3), mais dès le retour des vestiaires comme s’il avait fallu se retrouver quelques minutes pour se dire les choses. « Les conversations ont été claires : on s’est dit qu’on allait s’améliorer dans la mêlée, et nous sommes ressortis avec plus d’énergie », posait après coup le capitaine Siya Kolisi.
« La défense c’est ce qu’il y a de plus beau pour moi »
C’est justement avec plein d’énergie qu’ils ont d’abord repoussé les assauts du XV du Chardon, avec une défense tout simplement infranchissable. « Clairement, la défense c’est ce qu’il y a de plus beau pour moi, mais il faut dire bravo à l’Ecosse qui a joué avec une grande vitesse et qui est très innovante en attaque », s’est d’ailleurs félicité le sélectionneur Jacques Nienaber. Pendant que le capitaine écossais, Jamie Ritchie, reconnaissait que « ce n’est pas d’un autre niveau, c’est un style différent. Ils quittent leur ligne très rapidement pour venir te mettre sous pression. »
Pression défensive, puis offensive pour ensuite aller inscrire leur premier essai. Grâce à Du Toit, et à la ligne d’avants, en venant faire exploser la ligne défensive avant d’aplatir (46e). Une action décisive, juste après une mêlée remportée.
« Un jeu plus offensif que lors de la dernière Coupe du monde »
Sûrs de leur puissance collective, les hommes de Jacques Nienaber pouvaient dès lors laisser entrevoir les évolutions dans leur jeu offensif. Et moins de cinq minutes plus tard le demi d’ouverture Mannie Libbok, qui joue sa première Coupe du monde, venait gratifier le stade Vélodrome d’une passe aveugle au pied à en faire rougir Dimitri Payet. Le virevoltant ailier Kurt-Lee Arendse n’avait plus qu’à aplatir pour plier le match (50e), avant même l’heure de jeu.
Une action qui fait dire à Gregor Townsend, le sélectionneur écossais, que les Springboks « jouent un jeu plus offensif que lors de la dernière Coupe du monde ». Une évolution justement souhaitée par Jacques Nienaber, et symbolisée par Mannie Libbok et un jeu désormais aussi développé pour les arrières et ailiers. « Ce qui est clé pour nous après 2019, parce que le rugby a un peu changé, c’est de toujours pouvoir avoir un jeu défensif et un jeu au pied pour pouvoir gagner des matchs à l’usure. Mais on doit aussi marquer des points. Aujourd’hui les équipes qui gagnent sont celles qui marquent beaucoup de points », a justement précisé le sélectionneur sud africain.
Le collectif plus fort que la maladresse
Son équipe aurait d’ailleurs dû marquer plus de points sans le manque de précision de Mannie Libbok, avec seulement deux pénalités inscrites sur cinq tentées. Un paradoxe, quand on voit sa précision au pied dans le jeu, qui pourrait devenir le point faible de l’Afrique du Sud en l’absence d’Handré Pollard, blessé ? « Pas quand il est élu homme du match », a balayé, dans un sourire, Jacques Nienaber. Une maladresse de toute façon compensée par cette superbe passe pour son ailier, et la puissance collective des Boks. Une nouvelle fois.
Et si vous en doutez, écoutez plutôt le capitaine Siya Kolisi, qui a insisté pour prendre la défense de son coéquipier : « Parfois il arrive de pas bien faire une chose. Mais la façon dont il a attaqué, la façon dont il est avec nous, avec le groupe, on oublie ses erreurs. Et s’il ne réussit pas, quelqu’un peut prendre la relève. C’est la même chose pour moi. Si quelqu’un a un manque quelque part, un autre prend la relève. Des fois le demi d’ouverture plaque bien mais ne botte pas bien. C’est pour ça qu’on travaille tous ensemble, en groupe. »
La recette pour enfin s’imposer lors de leur premier match de Coupe du monde, après deux revers en 2015 et 2019. De quoi se mettre en parfaite position dans ce groupe dans ce groupe B de la mort avec l’Irlande, les îles Tonga et la Roumanie, et viser les quarts, face aux Bleus ?


















