Galles–France : Et si Nicolas Depoortère nous réconciliait avec le XV de France ?
Rugby•Le jeune centre de 21 ans, impressionnant avec l’UBB, sera l’une des nouvelles têtes bleues dimanche à Cardiff, lors du Tournoi des VI NationsNicolas Stival
L'essentiel
- Comme l’arrière Léo Barré et le 2e ligne Emmanuel Meafou, Nicolas Depoortère fêtera à la fois sa première sélection et sa première titularisation avec l’équipe de France, dimanche au pays de Galles.
- Eblouissant avec l’Union Bordeaux-Bègles, le jeune centre de 21 ans remplacera Jonathan Danty, suspendu, lors de cette quatrième journée du Tournoi des VI Nations.
- Le Girondin tentera d’apporter tout son talent à une attaque en berne depuis le début de la compétition.
On ne sait pas si Fabien Galthié est un fan du groupe de hard-rock Scorpions, mais un « wind of change » souffle sur Marcoussis cette semaine. Après la raclée irlandaise (17-38) et la victoire à l’arraché en Ecosse (16-20), le sélectionneur des Bleus répondait pourtant ceci aux adeptes d’un renouvellement de l’équipe dans ce Tournoi des VI Nations : « On entend ceux qui disent qu’il faudrait changer. Mais le rugby, ce n’est pas la Star Academy, ce n’est pas Koh-Lanta. »
Depuis, la sinistre cérémonie aux flambeaux contre l’Italie à Lille (13-13) a rebattu les cartes. Entre blessures, suspension et choix, plus de la moitié du XV de France est remanié en vue du déplacement au pays de Galles, dimanche. Huit nouveaux donc, dont trois bizuts à zéro sélection : le Toulousain Emmanuel Meafou (25 ans) en 2e ligne, le Parisien Léo Barré (21 ans) à l’arrière et le Bordelo-Béglais Nicolas Depoortère (21 ans) au centre.
Champion du monde U20 en 2023
Ce dernier, titularisé après le carton rouge et la suspension pour cinq semaines de Jonathan Danty, est sans doute la révélation du Top 14 cette saison. Ou plutôt la confirmation ? Car même s’il n’a fêté sa première titularisation en championnat avec l’UBB qu’il y a un peu plus d’un an, le 25 février 2003 contre Perpignan, ce pur Girondin a vite tapé dans l’œil de tout le petit monde du rugby français, et même au-delà.
Avec notamment le bulldozer Posolo Tuilagi, le natif de Pessac, qui a commencé le rugby à Izon près de Libourne, était l’un des fers de lance des impressionnants Bleuets, vainqueurs du Mondial U20 l’été dernier en Afrique du Sud. Le solide Depoortère (1,93 m, 87 kg) a même terminé co-meilleur marqueur de cette édition, avec cinq essais.
Depuis, la jeune étoile n’en finit plus de briller dans le ciel de Chaban. Dernier exemple en date, samedi contre le Racing 92 (21-5), avec deux réalisations dont la seconde sur une sublime percée de plus de 80 mètres. Son capitaine Maxime Lamothe a salué après le match « un joueur assez formidable ».
Un joueur qui « va très, très, très vite »
« On a l’impression qu’il ne va pas très vite parce qu’il est très grand, avec une longue foulée, mais je vous assure que ça va très, très, très vite », a poursuivi le talonneur de l’UBB. Comme la carrière de Depoortère en fait, lui qui espérait déjà « réaliser un rêve de gosse » et « jouer pendant ce Tournoi des VI Nations », lorsqu’il avait été convié à s’entraîner avec les Bleus en vue du déplacement à Murrayfield, avant d’être renvoyé dans ses foyers girondins.
Cette fois, il va bien traverser la Manche pour aller visiter le majestueux Millenium Stadium et ses poignants chants gallois. « J’aurai peut-être une petite pression, a avoué l’intéressé cette semaine dans Midi Olympique. 80.000 personnes, ce n’est pas rien. On va essayer de faire abstraction de tout ça pour rester focus. »
De toute manière, le jeune joueur, même s’il doit évoluer premier centre au côté de Gaël Fickou et non second centre comme à l’UBB, ne sera pas dépaysé, avec ses coéquipiers de clubs aux ailes (Damian Penaud et son grand pote Louis Bielle-Biarrey) ou sur le banc (Maxime Lucu et Yoram Moefana).
Les Gallois veulent éviter la cuillère de bois
« Nicolas est une des belles récompenses que le rugby français peut avoir, observait Benoît Baby, ancien centre international et son ex-entraîneur chez les Bleuets, lundi dans Midol. C’est un mec qui était inconnu en moins de 17 ans, qui s’est construit avec son club et l’équipe de France. »
Enfin, avec celle des moins de 20 ans pour l’heure, en attendant d’apporter son dynamisme chez les grands à un secteur offensif souffreteux depuis le début de ce Tournoi. « Le groupe a été critiqué mais il est resté fort », promet Depoortère. On vérifiera ces propos dès dimanche à Cardiff, où l’on n’attendra rien de moins qu’une victoire face à des Gallois à l’effectif chamboulé et battus lors de leurs trois premières sorties.


















