La playlist de la chute du mur de Berlin

MUSIQUE De sa construction à sa chute, le mur de Berlin a inspiré de nombreux musiciens...

Anne Demoulin

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Roger Waters joue «The Wall Live» à Berlin le 4 septembre 2013.
Roger Waters joue «The Wall Live» à Berlin le 4 septembre 2013. — Britta Pedersen/AP/SIPA

Le mur de béton, qui a divisé la capitale allemande en deux du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, a été le support de nombreux artistes peintres. Le mur de Berlin a également été un thème souvent évoqué par les musiciens. En 1989, le mur à terre devient brusquement une immense scène à ciel ouvert. A l'occasion du 25e anniversaire de la chute du mur, 20 Minutes liste les titres les plus emblématiques.

Heroes, David Bowie 

La scène musicale berlinoise et le mouvement Krautrock (Kraftwerk, Can, Amon Düül, Tangerine Dream, Neu!, Faust) incite David Bowie à s’installer à Berlin. En 1977, David Bowie sort l’album Heroes, second volet de sa trilogie berlinoise. Dans le titre éponyme, les héros de Bowie s’embrassent  «comme si jamais rien ne pouvait tomber». Vu de Berlin-Ouest, «la honte est de l’autre côté».

La Lambada, Kaoma

Douze ans plus tard, une foule en liesse remue les hanches devant les ruines du mur au son de la Lambada. Le tube français se hisse en tête des charts allemands et y reste pendant dix semaines consécutives. Aujourd’hui encore, il n’est pas rare d’entendre la chanson de Kaoma au Mauer Park (le parc du mur) de Berlin.

Jean-Sébastien Bach, par Mstislav Rostropovitch

En 1978, le violoncelliste Mstislav Rostropovitch  est déchu de sa citoyenneté soviétique par Léonid Brejnev pour «actes portant systématiquement préjudice au prestige de l'Union soviétique». Le 11 novembre 1989, le violoncelliste, exilé et apatride, improvise devant quelques badauds une suite de Bach devant un pan du mur de Berlin à la «mémoire de ceux qui sont morts pour la liberté ». Sa prestation, immortalisée par la télévision, bouleverse le monde entier. Le 16 janvier 1990, Mikhaïl Gorbatchev signera le décret de réhabilitation de Rostropovitch.

Looking for Freedom, David Hasselhof

En 1989, l’acteur américain d’origine allemande, David Hasselhoff est au sommet de la gloire avec sa  nouvelle série Alerte à Malibu. Pour le concert du Nouvel An, il entonne, dans une improbable veste clignotante, à deux pas de la porte de Brandebourg, Looking for Freedom. Des centaines de milliers d’Allemands de l’Est et de l’Ouest reprennent avec lui ce vieux hit allemand des années 1970, qui devient l’hymne non-officiel de la réunification allemande.

The Wall, Pink Floyd

L’album The Wall de Pink Floyd, sorti en 1979, ne s’inspire pas du tout du mur de Berlin, mais de l’esprit torturé de Roger Waters qui avait l’impression d’avoir bâti un mur entre lui et le reste du monde. La symbolique a été interprétée autrement par le public. Le 21 juillet 1990, Roger Waters a organisé un immense concert sur la Potsdamer Platz de Berlin pour financer le World War Memorial Fund for Disaster Relief (Fondation commémorative de la Guerre mondiale pour la prévention des désastres). Roger Waters et une flopée de stars de l’époque (Scorpions, Cyndi Lauper, Bryan Adams et Van Morrison) ont interprété une version modifiée de The Wall tandis qu’un pan de mur de 170 mètres de long était détruit.

Wind of Change, Scorpions

Scorpions sort Wind of Change (Un vent de changement) en 1990 sur l’album Crazy World. Klaus Meine s’inspire pour les paroles du Moscow Music Peace Festival de 1989, le premier festival de musique rock occidentale donné dans le bloc soviétique, auquel Scorpions participa. Le slow prend la première place des hits allemands en 1991.

Zoo station, U2

U2 enregistre l’album Achtung Baby à Berlin, peu de temps après la chute du mur. Sur la pochette de l’album figure une Trabant, la célèbre voiture est-allemande, semblant sortir du mur de Berlin. Zoo station est le nom de la gare de Berlin.

We are one, Paul Van Dyk

Le DJ Paul Van Dyk, qui a grandi à Berlin-Est, est chargé de composer l’hymne du 20e anniversaire de la chute du mur en 2009.