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Galthié et les Bleus prennent un K-O technique d’entrée face à l’Irlande

France – Irlande : Faut-il (déjà) s'inquiéter pour Galthié et les Bleus, K-O debout d'entrée de tournoi ?

RUGBYPour ce premier match post-Coupe du monde et ses retrouvailles avec son public, à l’occasion d’une affiche de rêve face à l’Irlande dans le tournoi des VI Nations, le XV de France a pris une violente claque et une sacrée leçon de rugby
Aymeric Le Gall

Aymeric Le Gall

Ce devait être une soirée de fête, une soirée de retrouvailles comme on les aime entre une équipe de France à qui, au fond, personne n’en veut vraiment d’avoir raté il y a quelques mois le rendez-vous d’une vie à la maison, et un public marseillais tout heureux de remettre le couvert pour un match de gala face aux autres déçus du Mondial, l’Irlande, et repartir pour un nouveau cycle victorieux.

Au lieu de ça, ce premier match du XV de France de l’ère Galthié II a tourné, à l’occasion de ce premier bal des VI Nations, à l’atomisation en mondiovision. Dépecés, désossés, mâchouillés puis recrachés, les Français sont passés totalement à côté de leur match vendredi soir, face à une équipe irlandaise qui bien qu’orpheline de Sexton n’a pas changé ses vieilles recettes qui font d’elle une machine bien huilée, encaissant pas moins de cinq essais pour une défaite salée 17 à 38.

On pourra toujours se dire qu’il y avait des circonstances atténuantes, c’est vrai. On pense à ce carton jaune (tendace orangée) d’entrée de match (9e) de Paul Willemse, devenu rouge vingt minutes plus tard après un nouveau plaquage non maîtrisé, cette fois épaule contre tête, sur le troisième ligne Caelan Doris (32e). On pense aussi (et surtout) à l’absence du joueur que le monde nous envie, Antoine Dupont, et qui, ô miracle du calendrier rugbystique, affronte 24 heures plus tard Bayonne avec le Stade Toulousain en Top 14. Mais au fond, ni l’un ni l’autre ne sont des excuses suffisantes pour expliquer un tel sentiment de désillusion.

Il faudra du reste apprendre très vite à vivre sans notre capitaine et homme à tout faire, parti faire les beaux jours du rugby à 7 pour les prochains JO, même si son ombre risque de sévèrement encombrer le ciel de Marcoussis dans les semaines à venir en cas d’absence de réveil dans le tournoi, dès la semaine prochaine, en Ecosse.

« Il va falloir comprendre »

Sortis sonnés, la tête basse, les Bleus n’ont rien trouvé à redire à la balade irlandaise des hommes d’Andy Farrell. A l’image de Gaël Fickou, interrogé dans les travées du Vélodrome : « Ce soir, ils nous ont surclassés dans tous les domaines. Très vite on s’est retrouvés à quatorze, déjà à quinze contre eux c’est compliqué. Donc à quatorze, c’était trop dur surtout qu’ils avaient le score avec eux. Ils méritent largement leur victoire, il n’y a rien à dire. Ils restent à quatorze sur la ligne, nous on est un de moins. Donc ça devient difficile de faire des décalages. Ils ont contesté beaucoup de rucks. »

« C’est dur. On aurait aimé montrer un autre visage ce soir. Pourtant, on s’était promis de faire un grand match, on voulait montrer du caractère et mettre de l’intensité. Le début de saison est chargé. Il va falloir comprendre. C’est dur d’en parler ce soir. Ce n’est pas le visage qu’on voulait montrer, a regretté le nouveau capitaine du XV de France, Grégory Alldritt. On aurait aimé offrir une première sélection à Posolo (Tuilagi) et Nolann (Le Garrec) plus festive. »

Du côté du coach, s’il ne conteste pas le constat implacable, « du déchet, des ballons tombés, des turnovers, moins de vitesse », les explications peinent à venir à chaud. « C’est difficile d’analyser l’évolution du scénario, a expliqué Fabien Galthié en conférence de presse. En début de match, on débute pas trop mal, on a un temps assez haut mais on est vite poussé en touche sur notre première attaque. On leur laisse la possession, on joue sous pression ensuite tout le match. On prend ce jaune puis ce rouge… Est-ce un manque d’énergie ? On va essayer de comprendre dès lundi. »

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Une faillite technico-tactique qui interroge

Pas besoin d’avoir fait rugby première langue pour comprendre rapidement que le sélectionneur et ses ouailles se sont plantés sur toute la ligne en voulant changer du tout au tout ce qui faisait la philosophie (et la force) de son équipe ces quatre dernières années : la vitesse et le mouvement.

En préférant sa fameuse « intensité combattue » à l’intensité courue, en choisissant de subir et de laisser la possession aux Irlandais, en privilégiant le duo Gabrillagues-Moefana à celui, plus aérien et mobile Woki-Bielle-Biarey, et en optant pour une défense au sol et pas en l’air, Fabien Galthié et son staff se sont trompés de combat. Ajoutez à cela à cela un nombre incalculable de fautes dans le jeu, d’erreurs techniques, d’approximations et d’hésitations dans les rares moments où les Bleus pouvaient se projeter dans le camp d’en face, et vous avez un tableau complet de la déroute tricolore de vendredi.

Le pays était excité à l’idée de retrouver son équipe, tout comme les joueurs l’étaient de renouer au plus vite avec celles et ceux qui les ont poussés lors du dernier Mondial, mais cette défaite a fait redescendre tout le monde de trente étages en l’espace de 80 longues, très longues minutes. Dimanche matin le réveil est violent, la gueule de bois sévère, et l’heure de l’introspection a déjà sonné. Les Bleus ont une semaine pour se remettre d’équerre et se prouver à eux-mêmes, d’abord, à leurs supporters, ensuite, que cette gifle n’est pas un avant-goût des quatre années à venir jusqu’au prochain Mondial australien. Les mots de cap’tain Alldritt allaient en ce sens à la sortie du terrain : « On va assumer, on va garder la tête haute et on va tout faire pour se révolter la semaine prochaine. » Au boulot, messieurs.