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Marre de la thérapie, les Bleus ont hâte d’en découdre avec l’Irlande

XV de France : Marre de la thérapie, les Bleus ont hâte d’en découdre avec l’Irlande pour tourner la page du Mondial

rugbyLes joueurs de Fabien Galthié sont impatients d’affronter l’Irlande vendredi pour enfin laisser le douloureux souvenir de la Coupe du monde derrière eux
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le XV de France se prépare depuis la semaine dernière à Marcoussis pour le premier match du Tournoi des Six Nations, contre l’Irlande, ce vendredi 2 février.
  • Il s’agit de la première rencontre des Bleus depuis leur cruelle élimination en quart de finale de la Coupe du monde, il y a trois mois et demi.
  • Les joueurs étaient pressés de se retrouver, et ont désormais hâte d’entamer une nouvelle compétition pour mettre définitivement le mauvais souvenir du Mondial derrière eux.

A Marcoussis,

Plus que trois dodos. Trois mois et demi après dit adieu à leur grand rêve de remporter une Coupe du monde à domicile, les joueurs du XV de France piaffent d’impatience à l’idée d’entamer une nouvelle page, vendredi face à l’Irlande pour le premier match du Tournoi des Six Nations. Ils y pensent encore, forcément, à cette défaite crève-cœur contre l’Afrique du Sud, ce petit point qui leur a manqué, ces quelques décisions arbitrales qui auraient pu tourner autrement. Il est temps de passer à autre chose, pour tout le monde. « On repart de zéro et on a envie de montrer qu’on méritait mieux », résumait lundi le deuxième ligne Romain Taofifenua en conférence de presse à Marcoussis.

Retrouvailles

Dans leur cocon du Centre national du rugby, les Bleus se sont retrouvés avec bonheur, la semaine dernière. Quelques têtes manquent à l’appel, blessées (Jelonch, Flament) ou appelées par d’autres ambitions pour cette année (Dupont), mais au final, plus des deux-tiers du groupe étaient de l’aventure. De quoi réenclencher la dynamique qui avait porté cette équipe des quatre dernières années, avant de se briser net. « On attendait vraiment de se retrouver. Moi, en tout cas, j’avais hâte, raconte ce mardi Peato Mauvaka. Après le Mondial on s’était quitté du jour au lendemain, on était passés de quatre mois à vivre ensemble tous les jours à plus rien. C’était raide. »

Si certains ont ressenti le besoin de couper avant de retourner en club, le talonneur s’est lui précipité au centre d’entraînement du Stade Toulousain dès qu’on a bien voulu lui rouvrir la porte. « J’avais besoin d’un nouvel objectif, tout de suite, c’était mieux que de pleurer tous les jours, explique-t-il. Au final j’ai bien fait parce que j’ai enchaîné les bons matchs. » Au point d’être passé devant Julien Marchand dans la hiérarchie, dans la continuité de sa fin de Mondial en boulet de canon. A l’entraînement mardi, il avait la chasuble bleue des titulaires, floqué du numéro 2.

« C’était une aute vie »

A ses côtés dans la salle de presse de Marcoussis, Jonathan Danty montre lui aussi sa détermination à entrer dans cette nouvelle ère. Il ne le cache pas, le retour à la maison a été compliqué en octobre. « En quatre mois, on était tombé dans une certaine routine. Ce sont des choses bêtes, mais on ne faisait plus la vaisselle, on ne lavait pas notre linge. C’était autre vie, lâche-t-il en souriant. On a conscience qu’on était vraiment privilégiés pour préparer cette compétition. Et ensuite, on a tous dû travailler dur pour repartir et retrouver l’équipe de France. »

Le centre de La Rochelle, 31 ans, faisait partie des incertains à la sortie du Mondial. Dans la zone mixte de l’angoisse, après l’Afrique du Sud, il avait confié ses doutes, et devoir parler avec Fabien Galthié pour savoir si le sélectionneur comptait sur lui pour ce nouveau cycle. Apparemment, la discussion s’est plutôt bien passée. Le revoilà, et avec un statut de titulaire, aux côtés de Gaël Fickou. « Jouer pour l’équipe de France, c’est toujours excitant », répond-il quand on lui demande si ce Tournoi ne va pas manquer un peu saveur quand on a connu l’engouement d’une grosse fiesta à la maison. « Tout ça, c’est du passé malheureusement, ce qui arrive devant nous c’est ce Tournoi et c’est là-dessus qu’il faut se concentrer », professe-t-il.

Pleins feux sur l’Irlande, donc, l’autre grande déçue du Mondial, tombée elle aussi dès les quarts. Le mythique ouvreur Jonathan Sexton n’est plus là, mais comme pour les Bleus, le gros de la troupe est prêt à y retourner. Cet affrontement d’entrée de jeu entre deux mastodontes revanchards promet de faire du petit bois. Aucun ne veut se retrouver embourbé dans un interminable cycle de la lose. « La pression ? Oui, on l’a forcément, reconnaît Danty. Mais on ne va pas commencer à penser à ça. On veut entamer le Tournoi de la meilleure des façons. »