Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Le rêve brisé des Bleus, éliminés sur le fil par des Boks intraitables

France - Afrique du Sud : Le rêve brisé des Bleus, éliminés sur le fil par des Boks intraitables

rugbyLe XV de France s’est incliné d’un point (28-29), dimanche soir, en quart de finale de sa Coupe du monde
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • Le XV de France a été battu par l’Afrique du Sud, dimanche soir, en quart de finale de la Coupe du monde (28-29).
  • Une immense désillusion, évidemment, surtout au vu du contenu du match, que les Bleus auraient dû plier avant l’heure de jeu. La tension a ensuite envahi le terrain comme les tribunes, et les Sud-Africains en ont profité pour réaliser le coup parfait.
  • Le chemin s’arrête donc là pour cette équipe qui ne visait que le titre mondial, à la maison. La déception est à la hauteur de l’engouement qu’elle avait suscité.

Au Stade France,

Bon sang que c’est cruel. La France a abandonné dans la nuit de Saint-Denis son grand rêve d’un premier titre mondial, à la maison, battue dimanche soir par l’efficacité létale de l’Afrique du Sud (28-29). Malgré Dupont, malgré trois essais, malgré le public, il lui a manqué un point, un minuscule petit point, qui aurait pu venir du pied de Ramos, d’habitude si habile et qui a cette fois laissé en chemin une pénalité et une transformation. Mais ce n’est pas la défaite d’un homme, évidemment, c’est celle de toute une équipe à qui on ne peut pas s’empêcher d’en vouloir, au moins un peu. Parce qu’elle semblait plus forte.

Les Bleus étaient un cran au-dessus pendant les trois-quarts de cette rencontre. Ils ont eu la possession du ballon et du terrain, ont montré une insolente domination en touche et sur les ballons portés. Ils auraient même pu assommer leurs adversaires dans les dix premières minutes, si Fickou n’avait pas oublié Bielle-Biarrey au bout de la ligne (7e) alors que Baille avait déjà lancé la soirée un peu plus tôt par un essai en coin (4e).

Des erreurs payées cher

Au lieu de ça, on a eu droit à une première période en forme de chassé-croisé permanent, pendant laquelle les deux équipes se sont rendues coup pour coup. Les Français n’ont pêché que dans un seul domaine, le jeu aérien, et Sud-Africains se sont engouffrés dans la brèche. Les deux premiers essais des Boks sont venus de là, sur deux chandelles de Libbok mal négociées par Fickou et Woki, et dont Arendse (8e) et De Allende (18e) ont su profiter. Les Français ont payé chaque erreur dans ces 40 premières minutes, chaque ballon un peu moins ajusté, comme cette mauvaise passe de Dupont, sous pression, qui s’est terminée dix secondes plus tard par un essai de Kolbe, trop rapide pour Penaud (26e).

Mais quand même, ils ont su à chaque fois répondre, et ont même basculé en tête à la pause (22-19), grâce notamment à une première ligne de feu. Intraitable sur sa fonction première, à savoir la baston dans les rucks et le soutien, elle a fait bien plus que ça, emmenée par un Mauvaka magistral, récompensé par un essai en coin, sur une pénalité jouée vite à la main par son capitaine (22e). A ses côtés, Baille a lui aussi été à la hauteur. C’est lui qui a lancé la machine, donc, et lui encore qui a ramené son équipe à hauteur alors qu’on commençait à se dire que la soirée était en train de très mal tourner (31e).

La flèche du temps stoppée nette

Malheureusement, la seconde période n’a été qu’une longue angoisse. Parce que les Bleus n’ont pas été capables de profiter de leur supériorité numérique dans les 10 premières minutes à la suite du carton jaune d’Etzebeth pour prendre le large, parce qu’il a toujours manqué quelques centimètres pour que les cannes de Penaud ou Jalibert ne franchissent l’ultime rideau, et parce que cette Afrique du Sud est n’est pas championne du monde en titre par hasard. Son banc a relancé le match alors que celui des Bleus n’a pas apporté le second souffle espéré. La torpeur a commencé à gagner le stade peu à peu, et quand Etzebeth a aplati pour faire repasser les Boks en tête (25-26, 67e), tout le monde a été comme paralysé.

NOTRE DOSSIER SUR LE XV DE FRANCE

Le pied de Pollard a fait le reste, les Bleus n’ont jamais pu revenir. Voilà donc le bout du chemin, et c’est tout un pays qui va se réveiller groggy lundi matin. On n’oubliera pas ces quatre années jalonnées d’exploits, ces victoires phénoménales contre toutes les grandes nations et ce grand chelem dans le Tournoi, mais justement, là tout de suite, ça fait d’autant plus mal. La flèche du temps de Galthié s’est stoppée nette, beaucoup plus tôt qu’espéré. On savait bien avant la rencontre que ça pouvait arriver - foutu tirage au sort -, mais une petite part de nous refusait de l’envisager. Il va falloir s’en relever.