Bordeaux : L’UBB favorite du Top 14 ? « Il ne faut pas qu’on fasse les beaux ! », prévient Urios

RUGBY L’Union Bordeaux-Bègles lance sa saison ce samedi (18h) face à Brive avec toujours plus ambition

Clément Carpentier

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Christophe Urios, le manager de l'UBB
Christophe Urios, le manager de l'UBB — NICOLAS TUCAT / AFP
  • Après le report du match contre le Stade Français la semaine dernière, l’UBB donne le coup d’envoi de sa saison ce week-end face aux Brivistes en Top 14.
  • Auteur d’une excellente saison dernière avant la coupure, les Bordelais ont changé de statut.
  • S’ils ont perdu Semi Radradra, le recrutement a permis de gagner encore en puissance avec comme objectif d’être compétitif en championnat mais aussi en Champions Cup.

Il n’en fallait pas plus pour le faire sortir de ses gonds. Juste un entraînement « moyen » comme cela peut arriver de temps en temps. Sauf chez le méticuleux manager de l’Union Bordeaux-Bègles, Christophe Urios. Et étant donné ses excellents résultats depuis dix ans, personne ne lui reprochera cette grosse colère à quelques jours de reprendre le Top 14 face à Brive au stade Chaban-Delmas (samedi, 18h15) : « Il ne faut pas qu’on fasse les beaux ! » prévient-il, toujours pas calmé, un peu plus tard face aux journalistes. Avant d’ajouter : « Ils vont l’entendre celle-là (cette phrase) ».

Christophe Urios connaît trop bien la « petite musique » du haut niveau - comme il aime le dire - pour être encore un peu plus sur ses gardes à l’entame de cette nouvelle saison que lors de son arrivée en Gironde il y a un an. En même temps, depuis l’UBB a bien changé et surtout le regard de ses concurrents sur elle après un exercice 2019/2020 presque parfait jusqu’à la coupure (leader du Top 14 avec 13 victoires, 1 nul et 3 défaites et quart de finaliste de finale de Challenge Cup). Résultat, 12 mois plus tard, tout le monde voit cette équipe favorite pour le titre. Autant dire que ça fait doucement rire le patron de l’Union :

« On est passé des bouffons incapables de se qualifier pour les phases finales aux favoris… C’est de l’enfumage. Pourquoi serions-nous plus favoris que Toulouse, Clermont ou le Racing ? ? »

« Les points, tu les gagnes sur le terrain, pas dans les journaux »

Pourtant cette étiquette, il va bien falloir faire avec. Peu importe si « c’est un truc de journaliste » dixit l’arrière Nans Ducuing ou que certains de ses coéquipiers comme le troisième ligne Mahamadou Diaby ne voit même « pas ce changement de statut ». Mais, tout le monde ne la joue pas langue de bois à l’Union Bordeaux-Bègles à l’image du président Laurent Marti au micro de RMC : « Oui, notre statut a changé après une longue construction du club, avec le recrutement d’un bel effectif et l’arrivée de Christophe Urios et de son staff, l’UBB a franchi un cap. » Un cap oui, « mais de là à dire que ça nous place en favori, absolument pas », temporise-t-il très vite. Pas question de s’enflammer. Ce n’est pas le genre de la maison.

Finalement comme souvent celui qui exprime le mieux le sentiment général au club, c’est le manager de l’UBB dans les colonnes du Midi Olympique : « Il faut le prendre encore avec beaucoup de détachement et de lucidité [ce statut], en se disant que ça valorise le travail de la saison dernière et le recrutement mais c’est tout. Les points, tu les gagnes sur le terrain, pas dans les journaux. Mon sentiment est là : on est contents, mais basta. C’est un peu comme le titre de champion d’automne en fait : c’est sympa, mais ça ne rapporte rien quoi ! » Qui dit mieux ?

Une UBB encore plus puissante

« Pas perturbés » par ce débat selon Nans Ducuing, les joueurs de l’Union Bordeaux-Bègles repartent au combat « sans plus de pression », mais avec comme « moteur » cette frustration de ne pas avoir fini cette belle saison dernière dixit Mahamadou Diaby. Un nouveau départ avec peut-être encore de meilleures munitions pour l’UBB. C’est aussi pour cette raison que beaucoup d’acteurs du Top 14 placent les Bordelais en haut de l’affiche même sans Semi Radradra, peut-être le meilleur trois-quarts du monde parti de l’autre côté de la Manche à l’intersaison.

D’ailleurs, même ses ex-coéquipiers minimisent son départ : « Il n’y avait pas un plan de jeu avec Semi et un autre sans lui la saison dernière. Il y avait un plan de jeu et c’est toujours le même aujourd’hui », explique Nans Ducuing alors que pour Mahamadou Diaby, « c’est toujours la même équipe avec beaucoup de caractère ». Et sûrement un peu plus de puissance.

En effet, quelques beaux bébés ont débarqué à l’UBB à l’image du jeune sud-africain Joseph Dweba, de l’international argentin Guido Petti ou du All Black Ben Lam. Ils ne seront pas de trop pour un effectif qui va devoir enchaîner la fin de la Challenge Cup (demi-finale contre Edimbourg le 19 septembre) et le début de la Champions Cup avec bien sûr entre-deux le Top 14. Les joueurs de Christophe Urios pourraient jouer pendant vingt et un semaines d’affilée après le report du match contre le Stade Français la semaine dernière. Mais le manager bordelais « rêve toujours plus grand » et pour savoir, il faut déjà faire les choses « bien à l’entraînement ». A bon entendeur !