Bayern Munich - PSG : Paris fait tomber les Bavarois pour la première fois depuis deux ans en Ligue des champions

FOOTBALL Solides, pragmatiques et parfois chanceux, les Parisiens sont ressortis vainqueurs de leur quart de finale aller de Ligue des champions

William Pereira

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Kylian Mbappé, auteur d'un doublé à l'Allianz Arena
Kylian Mbappé, auteur d'un doublé à l'Allianz Arena — Matthias Schrader/AP/SIPA

Avec un peu de mauvaise foi, on dira que ce n’était finalement pas si dur de battre le Bayern Munich. Un peu plus de six mois après la finale perdue à Lisbonne, le PSG​ est allé s’imposer dans la douleur sur la pelouse bavaroise en quart de finale aller de Ligue des champions (3-2). En aucun cas une garantie pour la suite, mais un verrou psychologique de plus qui saute après le Barça.

Un départ canon

Les visages fermés des Parisiens au moment d’entrer sur la pelouse et les dents qui claquent à cause du froid glacial de Munich semblent de mauvais augure, de même que l’alerte précoce de Choupo-Moting sur la barre de Keylor Navas. Mais la chance est bien du côté parisien. Une minute après avoir frôlé la correctionnelle, le PSG piège les Allemands à leur propre jeu, celui de la transition éclair sur un contre rondement mené. Di Maria, Neymar, Mbappé. Bim, bam boum, but du Français, bien aidé par une surprenante erreur de Neuer, colosse aux mains d’argiles pour sa première intervention de la rencontre. Le karma de la finale de Lisbonne.

Marquinhos, l’art de sortir avec panache

Comme à Barcelone, Paris assomme d’entrée l’adversaire dans son ring, mais la comparaison s’arrête là. Le Bayern repart outrageusement à l’attaque avec l’orgueil du champion. Coman s’amuse avec Dagba, Kimmich sort le même match que Kroos la veille, Müller butte sur un Navas encore monumental mercredi. Il neige des occasions sur la cage parisienne, Marquinhos se tient les adducteurs, le vent a tourné. Ou presque. Dans un ultime élan d’héroïsme, le capitaine parisien dégaine son meilleur enchaînement d’attaquant pour tromper Neuer (28e). 2-0, Marqui sort blessé. Cette fois, les choses se corsent vraiment.

Choupo, forcément

En l’absence de Robert Lewandowski et face au Paris Saint-Germain, le salut bavarois ne pouvait venir que d’Eric-Maxim Choupo-Moting. Ou plutôt « Chouponaldo ». Malchanceux en début de match sur une tête à l’aveugle, l’attaquant camerounais rectifie le tir après la demi-heure de jeu au terme d’une action où le PSG aura brillé par son laxisme défensif. Du tacle sans convictions de Di Maria au marquage étourdi de Danilo Pereira, tout a été mis en place pour permettre à l’ancien de la maison de planter son petit but.

Neymar leader, Mbappé sauveur

Aucun scandale dans ce but, ni dans l’égalisation de Thomas Muller – également de la tête – en seconde période, si ce n’est qu’ils sont arrivés un peu tard proportionnellement au nombre d’occasions que se sont procurées les Allemands. En face, Paris n’a pas grand-chose à proposer collectivement en dehors des inspirations souvent magiques de Neymar, dont il ne faut pas oublier de saluer la performance. Auteur de deux passes décisives, le Brésilien a en revanche loupé la balle de 3-1 (51e). Un affront finalement rattrapé par Kylian Mbappé (3-2, 68e) à un moment où Paname prenait pourtant un bouillon monstre. Oui, Lisbonne est vraiment derrière eux. Mais cette fois, il y aura un second round. Et au vu de la montagne d’occasions concédées jusqu’au dernier souffle, c’est loin d’être gagné.