JO 2024 : Après l’or et les paillettes, le coup de blues aussi pour les athlètes ?
et maintenant ?•Les sportifs français ont raccroché leurs équipements après deux semaines d’intenses épreuves olympiques, avec cette petite sensation de vide qui peut prendre aux tripesCécile De Sèze
L'essentiel
- Les athlètes français repartent des JO de Paris des médailles plein les poches.
- Une pause s’impose après deux semaines d’intenses efforts physiques et psychologiques pour se hisser à la 5e place du classement olympique.
- Si le vide d’après JO peut être difficile à vivre pour les spectateurs comme pour les sportifs, les champions contactés par 20 Minutes ne craignent pas cette étape d’après.
Des étoiles plein les yeux et des médailles plein les poches. Les JO 2024 se sont hissés au-delà de leur promesse laissant un souvenir enchanté derrière eux, pour le public comme pour les athlètes français qui ont battu leur record de titres olympiques (64 dont 16 en or). Certains, comme vous, comme nous, ont sûrement un peu la gueule de bois en ce début de semaine.
Une rude redescente
Au placard, les kimonos, au fourreau, les sabres et à l’écurie, les chevaux. Les Jeux de Paris sont finis et avec eux des années d’entraînement et de détermination pour arriver jusqu’ici. Alors forcément, quand tout s’arrête, « ça risque effectivement de sembler un peu vide », confie Patrick Vazeilles, directeur de la performance de la Fédération française de lutte (FFL) sur son chemin vers le Stade de France pour la cérémonie de clôture.
C’est un peu la descente après le sommet du bonheur, une baisse de moral qui peut se transformer en dépression. Et pour les athlètes qui n’auraient pas performé comme ils le souhaitaient, un sentiment d’échec peut également prendre à la gorge. « La dépression post-olympique existe vraiment ! On travaille pendant quatre ans et puis en 30 secondes, c’est terminé. On se sent presque perdu, on ne sait plus quoi faire, où aller, ni même qui on est », livrait ainsi le nageur américain Michael Phelps en 2022. Si pour le moment les athlètes de la FFL n’ont pas demandé de suivi psychologique « ça pourrait intervenir dans la quinzaine de jours qui arrive, estime Patrick Vazeilles. Cela va dépendre des athlètes et de ce qu’ils ont prévu cet été ».
Une pause bien méritée
Mais il faut aussi que ça s’arrête. Comme toutes les bonnes choses, les JO ont une fin et « c’est une période tellement intense qu’on y laisse un peu des plumes, alors à un moment donné, les athlètes doivent reprendre un peu des forces physiquement et psychologiquement », souligne Patrick Vazeilles. Une phase nécessaire pour « digérer tout ça, faire un bilan personnel et sportif afin de repartir sur de nouveaux objectifs », développe l’entraîneur.
Ce coup de blues, très peu pour le médaillé d’argent en tir à l’arc. Jean-Charles Valladont n’aura aucun mal à tourner la page de ces Jeux qu’il qualifie « d’iconiques », trop heureux de retrouver ses « autres passions », mises de côté pour se consacrer à sa performance. « Ça fait deux ans qu’on est dans un cursus 100 % à l’Insep du lundi au vendredi de 8 heures à 19 heures pour arriver à une médaille. On a la chance d’avoir réussi, maintenant on va avoir un peu de liberté, de temps pour nous », se réjouit-il en s’imaginant partir dans son bois et cueillir des champignons, aller à la pêche ou s’occuper de ses abeilles. Mieux encore, il va pouvoir retrouver son « petit chien » qui a dû vivre sans lui pendant les six derniers mois. « Je suis impatient de pouvoir tourner la page et pouvoir entreprendre ce que j’ai envie de faire, ce que j’avais mis entre parenthèses ces deux dernières années. »
Repartir comme sur des roulettes
Pas de place pour la déprime non plus du côté de la benjamine des skateurs français. A la fin de ses premiers JO, Lucie Schoonheere retiendra son deuxième passage, encouragée « par tous les gradins » et met le cap sur les suivants. Une pause physique s’impose après des blessures à la cheville et au talon mais l’entraînement pour tenter d’atteindre une finale à Los Angeles, au pays du skateboard, va vite reprendre. Ce n’est pas un souci pour la jeune athlète car « c’est vraiment un plaisir » de skater, même si cette habitante de Bordeaux aimerait bien pouvoir s’entraîner sur des infrastructures olympiques, qui n’existent pas en France. Le message est passé.
Notre dossier sur les JO de Paris 2024Et pour ce qui est du calme après la tempête, les autres « riders » français l’avaient briefée, accompagnée. Alors même si « ça fait bizarre de se dire que ça ne sera plus jamais en France », elle repart, comme Jean-Charles Valladont, avec un réel « sentiment d’accomplissement ». Cap sur 2028 aussi pour l’archer d’argent qui va reprendre l’entraînement en janvier pour une année « avec un objectif à long terme qui sera éventuellement les Jeux de Los Angeles, mais je ne sais pas de quoi sera faite la vie, on verra ». Nous, on espère l’y voir, et pourquoi pas, décrocher l’or ?


















