Crise à la Fifa : Emmanuel Macron a contribué à mettre un coup de pression à Gianni Infantino, plus fragilisé que jamais
polémica•D’après « L’Equipe », le président de la République a appelé Infantino et Aleksander Ceferin dans l’entreprise de déstabilisation qui a mené au rétropédalage sur la vente de parts du MondialWilliam Pereira
L'essentiel
- Emmanuel Macron est intervenu pour faire reculer Gianni Infantino dans son projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, en contactant le président de la Fifa ainsi que plusieurs dirigeants du football.
- L’Elysée peine à comprendre l’intérêt d’une telle manœuvre compte tenu de l’excellente santé financière de la Fifa, dont les recettes pour la Coupe du monde 2026 dépassent les espérances avec 13 milliards d’euros.
- La position d’Infantino est jugée « précaire » par des experts, certains affirmant que « son leadership est devenu radioactif » et que « s’il reste, cela entraînera une véritable guerre civile dans le monde du football », ce qui pourrait compromettre sa réélection au Congrès de la Fifa 2027.
Un revers de plus pour les croyants du sport apolitique. Selon L’Equipe, Emmanuel Macron a joué un rôle dans le retrait par Gianni Infantino de son projet de vente de parts de la Coupe du monde à des investisseurs privés, en contactant notamment le président de la Fifa jeudi, avant une réunion de l’UEFA où l’entreprise du Suisso-Italo-Libanais était à l’ordre du jour. Le tout dans le but de faire comprendre à Infantino la « nécessité d’unité du football mondial, en évitant les fractures » et de renforcement de la solidarité internationale ».
Macron a soutenu Ceferin et Diallo
Le président de la République a en outre contacté le boss de la Confédération africaine de football et soutien loyal du patron de la Fifa Patrice Motsepe, de même qu’il a soutenu en coulisses Aleksander Ceferin et Philippe Diallo. Ce dernier s’était distingué en étant le premier parmi les dirigeants de membres de l’UEFA à dénoncer le « projet inquiétant » d’Infantino.
Au-delà de vouloir préserver l’unité du football mondial, l’Elysée avait du mal à comprendre l’intérêt d’une telle manœuvre au vu de l’excellente santé économique de l’instance suprême du football, dont les recettes pour la Coupe du monde 2026 dépassent les espérances (13 milliards d’euros).
Infantino vacille, avant de tomber ?
Difficile de connaître le poids réel de cette ingérence politique qui contrevient aux principes de la Fifa, mais qu’il serait culotté de reprocher à Macron après le festival indécent de Donald Trump autour de « sa » Coupe du monde. La menace de boycott de l’UEFA constituait en soi une arme de dissuasion assez puissante pour fragiliser un homme - Infantino - qui s’est vu plus grand qu’il ne l’est réellement. En ballottage favorable dans son délire de nouvel élargissement du Mondial à 64 équipes avec le soutien de plus de 200 pays, il a sûrement cru que rien ne pouvait plus lui résister au moment de présenter son nouveau projet.
L’erreur de calcul lui coûtera-t-elle la réélection à l’occasion du Congrès de la Fifa 2027 ? Pour Terrence Burns, ancien responsable de la stratégie marketing dans deux dossiers de candidature à l’organisation de la Coupe du monde, cité par l’AFP, la position d’Infantino est « précaire ». Mais tout reste dans les mains des fédérations jusqu’ici loyales à Infantino, à commencer par celles d’Asie, d’Océanie et d’Afrique. « Son leadership est devenu radioactif, croit savoir Michael Payne, ancien responsable du marketing au Comité international olympique. S’il reste, cela entraînera une véritable guerre civile dans le monde du football, avec des scissions parmi les grandes nations et des boycotts. C’est fini pour lui. »



















