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Les Jeux à Paris, c’était chouette… On remet ça dans moins de 100 ans ?

JO 2024 : Les Jeux à Paris, c’était chouette… On remet ça dans moins de 100 ans ?

ADIOSLes JO de Paris 2024 sont clos après 19 jours de compétition intenses et de communion salvatrice. On ne reverra probablement plus ça de notre vivant en France. A moins que les Jeux n’attendent pas 100 ans pour revenir
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Les Jeux olympiques de Paris 2024 ont permis pendant dix-neuf jours de rassembler les Français et d’accueillir les peuples du monde dans une ambiance de fête, malgré certaines imperfections.
  • Le cadre urbain des JO de Paris, utilisant des stades-monuments, a créé selon le président du CIO un nouvel élan et ouvert une « nouvelle ère » olympique.
  • Le retour des Jeux olympiques en Europe n’est pas prévu avant 2040, avec des candidatures possibles de l’Allemagne, la Hongrie, l’Espagne ou le Royaume-Uni. Pour la France, on ne peut que rêver de ne pas attendre à nouveau 100 ans.

Au Stade de France,

On avait tout envisagé sauf ça. Toutes les incertitudes, toutes les peurs, toutes les angoisses soulevées par la dissolution de l’Assemblée nationale et l’avenir sombre imaginé un soir de finale de Roland-Garros, balayées par l’écrasante puissance des Jeux olympiques. Le peuple de « râleurs » comme l’a souligné Tony Estanguet lors de la cérémonie de clôture au Stade de France avait imaginé tous les scénarios pessimistes possibles : des péniches tamponneuses pendant la cérémonie d’ouverture, une grève générale, une ville congestionnée à en crever, des touristes piégés sur le réseau RATP à cause d’un 46e incident d’exploitation, et plus grave, une atteinte à l’intégrité des Parisiens et leurs hôtes.

Pendant dix-neuf jours, les Français irrémédiablement divisés se sont pris dans les bras et les ont ouverts au monde. Ils se sont pris d’affection pour la Phryge, passée de paria à rockstar et les volontaires, les autres mascottes de Paris 2024. Pardon du poncif, il est facile, oui, mais Paris est redevenu une fête, même si imparfaite. Savourons, mais n’oublions pas que la merveilleuse carte postale louée par l’humanité entière était retouchée, la précarité ostentatoire de ses trottoirs effacée laissant parfois un arrière-goût amer.

Mais comment ne pas avoir aimé tout le reste ? L’avènement de Léon Marchand, la consécration de Novak Djokovic, l’envol interminable de Mondo Duplantis, le tout dans un cadre nouveau. Aux yeux du président du CIO Thomas Bach, Paris a créé un nouvel élan et ouvert « une nouvelle ère » olympique à travers ses stades-monuments, théâtre de la grandeur parisienne et chef-d’œuvre d’appropriation de l’espace urbain.

De quoi redonner de l’espoir aux capitales historiques du vieux monde, souvent limitées en superficie par rapport à leurs sœurs émergentes : ce n’est pas la taille qui compte. Il est fort probable qu’à compter de demain, il y aura d’une part les Jeux de Tokyo et Los Angeles dans tout leur espace, et de l’autre les Jeux musée de Paris et qui, sait, d’Egypte ou de Rome, que beaucoup fantasment déjà sur le modèle parisien. Le podium du Giro devant le Colisée a déjà une sacrée gueule, imaginez des JO là-bas…

Les JO de retour en Europe au mieux en 2040

Le retour en Europe n’est pas pour tout de suite. La maire de Los Angeles, Karen Bass, a pris le drapeau olympique des mains de Thomas Bach sur la scène du Stade de France, marquant le retour des JO aux Etats-Unis, 28 ans après Atlanta, et 44 ans après… Los Angeles. En 2032, ce sera au tour de Brisbane, 32 ans après Sydney. Pour la suite, c’est encore flou. Le CIO n’exclut pas de procéder au même système de double attribution que pour 2024 et 2028, faute de candidats. Le Mexique s’est par exemple retiré de la course pour prioriser la Coupe du monde de football 2026. Un dossier à la fois…

Le retour de l’Europe pourrait intervenir en 2040. L’Allemagne, pour les 50 ans de la réunification, la Hongrie, l’Espagne et, déjà, le Royaume-Uni, seraient susceptibles de présenter un dossier pour cette échéance. Il sera évidemment trop tôt pour la France, mais la boucle se resserre, envisager un retour des cinq anneaux sur nos terres avant 100 ans ne paraît plus si délirant. La vague 2024-28 démontre que les pays ne se bousculent plus forcément comme avant, il y aura bien un créneau de dispo ou un désistement. A moins que les JO de Paris 2024 dans toute leur splendeur, aient permis de relancer la machine olympique et que celle-ci reparte pour un vaste tour du monde. Egoïstement, on aimerait voir la flamme revenir dans 25, 30, 35 ans. Pour avoir une chance de revivre cette fête de notre vivant.