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JO 2024 : Avec ses monuments en toile de fond, Paris peut-elle redonner envie aux capitales d’accueillir les Jeux ?
Carte postale•La Concorde, la Tour Eiffel, la cérémonie sur la Seine… Les Jeux de Paris ont été sublimés par le patrimoine parisien, ce qui pourrait inspirer d’autres villes devenues frileusesXavier Regnier
L'essentiel
- Depuis plusieurs années, les grandes villes sont de plus en plus frileuses à se lancer dans l’aventure olympique, très chère. Mais le mariage entre sport et patrimoine à Paris pour les JO 2024 a séduit à travers le monde et pourrait changer la donne.
- Berlin hésite ainsi à se lancer pour accueillir les JO 2036 pour le centenaire des JO de 1936. De nombreux internautes rêvent plutôt de voir les Jeux à Rome, avec son célèbre Colisée notamment.
- Mais Alain Lunzenfichter, ancien journaliste spécialisé dans les Jeux olympiques et membre du CIO, ne voit pas d’équivalent aux Jeux de Paris dans un avenir proche.
Cérémonie d’ouverture sur la Seine, beach-volley au pied de la Tour Eiffel, Panthéon au fond l’image pour l’arrivée du triathlon et BMX tutoyant la Concorde… Les Jeux olympiques de Paris ont été marqués, comme rarement, par une osmose entre le sport et le patrimoine de la ville. Et ça séduit, à l’exception de quelques-uns en Grèce, le monde entier. De quoi donner des idées à d’autres villes pour de futures éditions ? Et rendre à nouveau « hype » le fait de recevoir les Jeux ?
Car depuis quelque temps, les candidats ne se bousculent plus au portillon. En 2005, après une lutte acharnée, les espoirs de Paris, mais aussi de Madrid, New York et Moscou étaient douchés à l’issue du vote offrant les Jeux de 2012 à Londres. Dix ans plus tard, seules Paris et Los Angeles étaient en lice pour se partager les éditions 2024 et 2028. Et si plusieurs villes avaient fait valoir leur intérêt pour 2032, seule Brisbane avait été retenue comme candidate crédible par le CIO, qui a ensuite confirmé sans surprise sa désignation. Sans présenter de patrimoine à la mesure de la capitale française.
Berlin 2036, une bonne idée ?
« L’organisation coûte beaucoup d’argent, il y a peu de villes qui peuvent s’investir », relève Alain Lunzenfichter, membre de la commission de la presse, de la culture et de la communication du CIO. Le dossier de candidature en lui-même était coûteux, ce qui pouvait refroidir puisque n’offrant aucune garantie, ce qui a poussé le CIO à revoir son système de désignation.
Il faudra donc attendre un peu, avec la désignation de l’hôte des JO 2036, pour savoir si les villes se battent à nouveau pour recevoir. Et si le patrimoine sera au cœur des futurs Jeux. Berlin hésite à se lancer. À l’occasion du centenaire des sinistres JO de 1936, le stade olympique pourrait être, plus que jamais, à la fois lieu de mémoire et site sportif. Un peu trop lourd, au goût de certains, qui préfèrent une candidature pour 2040. « De toute façon, Berlin est une ville qui a été détruite, elle n’a pas de monuments » comme Paris, tranche Alain Lunzenfichter. On lui recommandera tout de même de descendre Unter den Linden, du Berliner Dom à la Porte de Brandebourg, de faire un tour à Alexander Platz ou le long des restes du Mur à East Side Gallery. Ou encore, si l’on ne veut pas se limiter au XXe siècle, au château Charlottenburg.
« Pas une autre ville qui reprendra le schéma de Paris »
Mais pour l’ancien journaliste, « ce n’est probablement pas une ville européenne mais l’Inde qui gagnera les JO 2036 », respectant la volonté de Pierre de Coubertin de « faire traverser le flambeau à travers le monde ». « En 2008, on était obligé de les donner à la Chine, c’était le pays le plus peuplé du monde. On est dans la même position avec l’Inde. » Malgré certains sites mémorables, et souvent peu connus du grand public, difficile d’imaginer le même genre de décors dans les gigantesques villes indiennes qu’à Paris. A Ahmedabad, qui avait exprimé son intérêt pour 2032, la tendance est même inverse avec la construction, entamée en 2021, d’un immense complexe sportif appelé « Sardar Patel Sports Enclave ».
« Dans l’immédiat, je ne crois pas qu’on aura une autre ville qui reprendra le schéma de Paris, estime Alain Lunzenfichter, seule Rome pourrait le faire. » Les Jeux au Colisée, de nombreux internautes se sont mis à en rêver. Mais l’Italie « a eu les Jeux d’hiver deux fois », en 2006 et 2026, rappelle l’ancien journaliste. Andrea Varnier, le patron de Milano-Cortina 2026, a d’ailleurs prévenu que la cérémonie d’ouverture « aura lieu dans un stade et reviendra à un format plus traditionnel », malgré « une innovation ». Paris restera donc une parenthèse enchantée dans l’histoire des Jeux olympiques. C’est au moins ça de pris pour l’ego.


















