JO 2024 – Il y a un an : Oumiha à la boxe, Jeanjean au BMX, Aït Saïd à la gym, c'est pour quand l'arbitrage maison ?
souvenez-vous l'été dernier (14/18)•Il ne fallait pas plus que quelques défaites françaises contestables pour nous donner envie d'un papier plein de mauvaise foi sur l'absence d'effet maison au niveau de l’arbitrageWilliam Pereira
Il y a un an se tenaient les plus beaux Jeux olympiques de l'histoire (oui, on le pense toujours). Du 26 juillet au 12 août, « 20 Minutes » vous propose de revivre un grand moment de chaque journée, à travers les récits de ses envoyés spéciaux. Une manière de faire revivre l'émotion, et se rappeler où l'on était quand ils se sont déroulés.
De notre envoyé spécial plein de seum,
Encore raté. De retour en finale des JO huit ans après Rio 2016, Sofiane Oumiha a de nouveau trébuché sur la dernière marche, celle qui mène à l’or et au bonheur. Son adversaire, le Cubain Erislandy Alvarez, lui a volé son rêve d’une fin parfaite pour tourner définitivement la page de la boxe amateur. Dans les couloirs de Roland-Garros, le boxeur français lutte pour garder le sourire, mais la déception est palpable. « J’ai laissé ma famille, ma femme, mes enfants. Je n’ai pas pu assister à la naissance de mon premier enfant parce que je n’étais pas là. J’ai tant donné à la boxe et je me suis dit qu’elle allait me le rendre aujourd’hui. Malheureusement, non. C’est comme ça. »
Ça aurait pu être autrement. Si le Toulousain ne s’était pas montré aussi passif dans le premier round face à un adversaire à la vitesse de bras redoutable, mais surtout, si les juges s’étaient laissé impressionner par les cris des 15.000 fous furieux du court Philippe-Chatrier. 0,5 point pour la copie. C’est comme ça, normalement, quand on fournit le matos. La France organise les JO 2024, elle est en droit de réclamer cette taxe de subjectivité suffisamment discrète pour ne pas être ostentatoire, suffisamment grande pour aider à gagner.
« Ça ne bascule jamais du côté de la France »
Le cas du combat d’Oumiha s’y prêtait bien. Sa défaite n’est pas scandaleuse, il en aurait été de même s’il était sorti vainqueur. « Sur le 2e round, c’était assez équilibré, analyse l’entraîneur de l’équipe de France, Malik Bouziane. Le 3e, il est noté 3-2, alors que je pense que sincèrement, il méritait un 4-1, tout en étant objectif. Mais bon on n’est pas à la place des juges. C’est dur de juger, je me mets à leur place. » L’ancienne championne olympique, Estelle Mossely, ne s’est pas encombrée de politesse sur ses réseaux. Son message traduit notre pensée du moment. « malheureusement en boxe lorsque c’est serré ça ne bascule jamais du côté de la France même lorsqu’on est à domicile… dégoûtée ! »
Tony Yoka tenait des propos similaires après les demies d’Oumiha et Bennama, dimanche dernier. « Etre à la maison, ça devrait nous aider, mais parfois, on dirait que ça nous dessert. » Et pas qu’en boxe. Petit récap de ces moments qui ne demandaient qu’à basculer en faveur des Français dans ces JO à la maison.
Samir Aït Saïd, le crève-cœur
Dans le genre notation inhumaine, le passage de Samir Aït Saïd en finale aux anneaux se place là. Plombé par une note de difficulté fixée en accord avec son staff, le Français compense par une exécution monumentale. Ok, les JO, c’est pas la charité, mais dans quel monde la prestation quasi parfaite d’un homme revenu du diable Vauvert mérite d’échouer à un dixième de point du podium ? Y avait-il des juges sadiques dans l’Arena de Bercy, la semaine dernière ? « Beaucoup de mes concurrents sont venus me voir en me disant ''franchement je suis désolé, je ne comprends pas'' », confiait le gymnaste, inconsolable avec sa deuxième médaille en chocolat.
Anthony Jeanjean, une folie pas récompensée
Là encore, l’histoire était folle et doublée d’une perf incroyable. Après un premier run complètement foiré dès la première figure en finale de BMX freestyle, Anthony Jeanjean est revenu sous le cagnard de la Concorde avec les mêmes intentions, le même plan et le même geste qui lui avait coûté une chute. Non seulement le second run est une réussite, mais il est tellement fou que l’on se demande encore comment il n’a pas pu passer devant le vainqueur Torres Gil.
Quant à la médaille d’argent obtenue par le Britannique Reilly, sans commentaire. 0,15 point d’écart entre les deux… On n’organise pas des Jeux pour ce genre de scénario. « C’est le jeu, c’est un sport de jugement, il faut l’accepter, soupirait Jeanjean. Je savais que la médaille d’or allait me passer sous le nez. Après, on peut discuter entre la deuxième place et la troisième place. Moi, j’ai mon avis dessus, mais c’est des juges. Il faut l’accepter, c’est eux qui ont le dernier mot. »
Le penalty pas attribué lors de France-Egypte
Les Bleuets de Thierry Henry sont en finale olympique, mais on ne peut s’empêcher de repenser à cette intervention du VAR qui débouche sur la non-désignation du point de penalty par l’arbitre sur une main évidente d’un défenseur égyptien en toute fin de match. En prenant le pari qu’il aurait été converti, la France se serait épargnée une précieuse demi-heure de jeu dans cette affaire. Les Espagnols, également finalistes, s’en sont probablement frotté les mains.
Le but accordé à la dernière seconde pendant France-Allemagne
Oui, ok Dika Mem, la passe ratée, le temps mort de Guillaume Gille, bla, bla, bla. Ce ne sont plus des bâtons mais des troncs d’arbre que se sont mis dans les roues les Bleus du hand contre l’Allemagne. IL N’EMPECHE que l’utilisation de la vidéo sur le but de l’égalisation qui mène à la prolongation aurait dû déboucher sur un but refusé. C’est dans ces moments-là que doivent s’illustrer les petites mains, celles qui coupent des petits fils électriques pour saboter le VAR et permettre de prendre aux arbitres des décisions… arbitraires, comme dire que le ballon avait franchi la ligne après le buzzer et nous laisser partir tranquillement en demies.
Bonus mauvaise foi : la barre qui tombe au saut d’obstacles
Julien Epaillard… Une finale en saut d’obstacles maîtrisée de bout en bout sur Dubaï de Cèdre, une jument exceptionnelle, disent les experts – on n’y connaît rien donc on les croit – jusqu’à cette faute de relâchement fatale. Alors qu’il était parti pour signer le meilleur temps en faisant un sans-faute, une barre tombe dans la dernière ligne droite du parcours. Une barre qui, si elle avait été collée, ne serait pas tombée. A quoi ça tient, une médaille d’or olympique ?


















