JO 2024 – Cyclisme sur piste : « On ne s’y attendait pas »… La surprise des Français d’être largués malgré des records
On est derrière•Après trois jours d’épreuves, les tricolores n’ont remporté aucune médaille sur le vélodrome de Saint-Quentin-en-YvelinesAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Depuis le début des épreuves de cyclisme sur piste, les Français n’arrivent pas à accrocher les premières places.
- Pire, ils se retrouvent loin des meilleurs, malgré des records de France battus en pagaille.
- Une situation qu’ils n’arrivent pas à expliquer.
Au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines,
Les occasions sont rares mais, pour la première fois, le public français présent au vélodrome s’est enflammé. Assez nettement derrière l’Allemagne en début de course, l’équipe de France féminine de poursuite a petit à petit refait son retard, sous les encouragements nourris de la foule, avant de dépasser et même larguer nos chers voisins. Ovation pour Clara Copponi, Valentine Fortin, Victoire Berteau et Marion Borras.
Malheureusement, cette victoire n’a pas été synonyme de médaille. Les Bleues se battaient juste pour la « finale » pour la cinquième place. « On venait ici avec de grands espoirs de podium, avec tout le travail qu’on a fait, mais nos rêves de médailles d’or et d’argent se sont vite envolés avec notre qualification à la septième place, regrettait Valentine Fortin. Mais, avec du recul, chercher un podium, ça aurait été très compliqué. » Pourquoi ? Parce que les équipes de tête ont roulé en 4’04 min. Très, trop rapide pour les Bleues.
« On ne s’attendait pas à ce que ça roule aussi vite »
Pourtant, le quatuor a établi un nouveau record de France, en 4’06 min, à environ deux secondes du record du monde. Mais, malgré ce temps canon, il n’est pas parvenu à se mêler à la lutte pour les médailles avec les Etats-Unis, la Nouvelle-Zélande ou la Grande-Bretagne. « On ne s’attendait pas à ce que ça roule aussi vite, c’est clair, confirme Marion Borras. Voir des presque records du monde tomber à toutes les manches, c’est assez impressionnant. Ça nous permet de ressortir sans regret, parce que le 4’04, on ne l’avait pas sur ce tournoi. »
La surprise était similaire chez leurs homologues masculins, qui ont terminé sixième de la poursuite par équipe, alors qu’ils venaient également se battre pour le podium. « On ne s’attendait pas à ce que les Australiens aillent aussi vite, assure Valentin Tabellion. Nous, on matche à l’année avec eux. On ne les mettait pas n°1. Mais ce qu’ils ont fait est monumental. » Sur la très rapide piste du vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, ils sont venus battre le record du monde pour ratatiner la concurrence.
Pourtant, là aussi, les Français avaient réussi à pulvériser le record de France : plus de deux secondes et demie dans la vue, sans grande récompense. « Les autres ils font 3’40 min, clairement, en l’état actuel des choses », on ne peut pas jouer, déplore Thomas Denis. De quoi quand même faire bien mal à la tête, car même à la vitesse, Rayan Helal a eu beau battre son record personnel sur 200 mètres, il s’est retrouvé un dixième plus loin que le peloton.
La préparation pas remise en cause
Alors, comment expliquer ces écarts entre nos Français qui battent des records de France et la concurrence qui bat des records du monde ? Un défaut de préparation ? Pas du tout, de l’avis de tous les pistards. « Moi, je suis persuadé que ma préparation était bonne, parce que je n’ai jamais été aussi fort, assure Thomas Denis. Après, les autres, chacun ses secrets, on va dire ça comme ça. Nous, on est arrivés plus en forme que jamais. »
Même sentiment pour Marion Borras, interrogée sur ce qu’il manquait aux Bleues par rapport aux autres nations : « On a fait la prépa idéale, on était au millimètre. On est déçues, parce qu’on a beaucoup travaillé, et ce n’est pas la récompense qu’on aurait souhaitée, mais on va continuer de travailler et bosser tous les aspects pour essayer d’atteindre ce niveau, j’espère bientôt. »
« Je ne veux pas dire de bêtise »
Lorsque la question de la progression des autres nations, par rapport à la France, entre les Mondiaux et les JO, a été posée à Michaël D’Almeida, mardi soir, après la quatrième place, décevante, de la vitesse par équipe, l’entraîneur adjoint du sprint, a été très laconique : « Je suis en train de réfléchir. Je n’ai pas envie de dire de bêtises. Je ne suis pas capable de répondre. Je n’ai pas envie de dire de bêtises. »
Au même moment, à ses côtés, Grégory Baugé, l’entraîneur principal, souriait (jaune ?) : « Tout le monde a amélioré ses temps. On sait se situer par rapport à une équipe, mais en matière de chrono, on ne sait pas. Les chronos, à moins d’être devin, c’est impossible à prédire. Nous, on n’en est pas capable et on a l’humilité de le dire. » Bon, si on prédit un record du monde, on ne devrait pas être très loin de la vérité. Pour les Bleus, il faudra se contenter du record de France. C’est déjà pas mal.


















