Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
La vitesse par équipe n’a-t-elle « pas progressé », comme le dit Grengbo ?

JO 2024 – Cyclisme sur piste : La vitesse par équipe n’a-t-elle vraiment « pas progressé », comme le déplore Grengbo ?

La déceptionMédaillée à Tokyo, la vitesse par équipe a échoué au pied du podium ce mardi, malgré de très bons temps
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Florian Grengbo, Sébastien Vigier et Rayan Helal ont terminé quatrièmes de la vitesse par équipe, ce mardi au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines.
  • Une très grosse déception pour le trio qui avait été déjà médaillé aux Jeux de Tokyo il y a trois ans.

Au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines,

On y croyait sans trop y croire. Cinquième temps des qualifications lundi, les Bleus de la vitesse par équipe ne semblaient pas en mesure de se battre pour le podium. Ne parlons pas de l’or, promis aux grosses cuisses néerlandaises, autrices d’un nouveau record du monde en finale. Mais les règles, un peu bizarres, du cyclisme sur piste ont permis aux Bleus de se qualifier pour la médaille de bronze, malgré le cinquième temps, encore, des quarts de finale.

Evidemment, notre petit côté franchouillard, au départ face à l’Australie, nous a quand même mis en alerte : « Et si… » Un sentiment renforcé par le premier relais monstrueux de Florian Grengbo, qui a lancé la machine merveilleusement, avant que les deux machines australiennes ne fassent la différence lors des deux derniers tours. Quatrième place, une clim de plus pour la délégation française, dans un vélodrome pourtant étouffant.

La fin d’une tradition

Depuis que la vitesse par équipe est devenue olympique, en 2000, lors des Jeux de Sidney, la France des Florian Rousseau, Arnaud Tournant, Grégory Baugé, Mickaël Bourgain et compagnie avait toujours terminé avec une médaille autour du cou. Même le trio du jour – Florian Grengbo, Sébastien Vigier et Rayan Helal – avait remporté le bronze à Tokyo. Trois ans plus tard, la douche est très froide.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

« On s’en fiche [d’être les premiers non médaillés en vitesse par équipe]. Il y a de la déception, on va dire qu’on ne nous voyait encore une fois pas médaillés, regrettait Sébastien Vigier. On a montré sur la journée qu’on était capable de le faire. On y croyait dur comme fer. On était vraiment sur un pied d’égalité avec les Australiens. » Malheureusement, pour les Bleus, il y avait un monde lors de la petite finale, malgré le nouveau record national tapé par la France.

Car, oui, ce qui est peut-être le plus frustrant, c’est que nos trois pistards ont sorti un chrono énorme, sous les 42 secondes pour cette petite finale. Mais cela n’a pas empêché Florian Grengbo d’affirmer que l’équipe ne s’était pas vraiment améliorée depuis les JO de Tokyo. « Les records ne sont pas suffisants pour aller chercher des médailles, concède Grengbo. On n’a pas répondu présent le jour J. On se devait d’être meilleurs. C’est aussi dur de se dire qu’il y a trois ans, on était médaillés, on était plus jeunes, et que trois ans plus tard, dans la force de l’âge, on n’a pas progressé. »

« C’est vraiment beaucoup »

« Pas progressé », vraiment Florian ? La France a mis quatre dixièmes dans la vue de son précédent record. Du côté de Sébastien Vigier, on insistait d’ailleurs là-dessus : « On fait notre record, largement, on n’a rien à regretter, c’est le sport. On a progressé. Chercher quatre dixièmes sur un record, c’est énorme. Faire un dixième par an, c’est vraiment beaucoup. Mais les autres nations ont juste plus progressé que nous. Le sport a aussi beaucoup évolué. »

Alors comment expliquer, malgré le record, cette contre-performance de ne pas finir sur le podium ? Grengbo évoque « trois années compliquées » et « plein de soucis », sans vouloir développer davantage sa pensée devant les médias. Sébastien Vigier, lui, estime qu'« avec les talents qu’on a actuellement, on est peut-être à la limite » :

« Je pense que le système qu’on a aujourd’hui, il a peut-être atteint ses limites. Il y a d’autres pays qui sont montés, et qui investissent. On a eu des ressources pour préparer ces Jeux qu’on n’a jamais eues et ça se voit sur les résultats. Peut-être qu’on n’a pas les talents nécessaires en France pour aller faire mieux que ça. »

Interrogé sur ce qu’il manquait, Grégory Baugé, entraîneur du sprint et quatre fois médaillé aux JO, a préféré renvoyer le bébé vers sa hiérarchie : « On va peut-être poser la question aux responsables. Nous, on est là pour les entraîner, les soutenir. Ils étaient prêts. L’équipe de France n’a jamais fait moins de 42 secondes. Ils ont été très vite. » Pas assez, encore, pour espérer monter sur le podium.