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« Ils ont pris possession du vélodrome », les Britanniques sont chez eux

JO 2024 – Cyclisme sur piste : « Ils ont pris possession du vélodrome », les Britanniques sont chez eux à Saint-Quentin

Hello worldAu vélodrome de Saint-Quentin en Yvelines, les supporters anglais, mais aussi néerlandais, sont très visibles et bruyants
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Les épreuves de cyclisme sur piste ont commencé lundi au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines.
  • Dans la fournaise du vélodrome, de nombreux drapeaux britanniques sont déployés.
  • Cela contraste avec l’ambiance mise sur tous les autres sites olympiques, où les supporters tricolores mettaient une ambiance et une pression folles.

At the Saint-Quentin-en-Yvelines vélodrome,

On les aime bien les Anglais, enfin surtout quand on les bat au rugby et au foot, mais il ne faut pas exagérer. Venir, en France, et nous mettre la misère niveau ambiance, il y a des limites à ne pas franchir. Pourtant, depuis lundi, et le début du cyclisme sur piste au vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, on a comme l’impression d’être à Londres, Manchester ou Leicester.

Sachant que, pour les Jeux olympiques, ils ont décidé d’officier sous la bannière britannique, voilà que Ecossais, Nord-Irlandais et Gallois se sont rajoutés à la fête, à l’image de Justin, venu avec la petite famille pour soutenir la nièce Anna Morris : « On suit Anna, donc on assiste à de nombreuses épreuves. On adore le cyclisme sur piste, c’est vraiment un sport très suivi chez nous, et en plus on a de bons résultats. Les Britanniques voyagent beaucoup pour suivre ces compétitions, mais c’est vrai que là, vu que ce sont les Jeux olympiques, il y en a peut-être plus. »

« Ils ont pris possession du vélodrome »

C’est un euphémisme. Les drapeaux de l’Union Jack sont partout. Pire, les coquins viennent même déguisés avec des chapeaux aux couleurs du Royaume-Unis, des lunettes colorées de bleu, blanc, rouge (mais pas dans le bon ordre) et les tee-shirts avec l’inscription sont légion. Bref, l’envahissement est total, à la grande surprise de tout l’encadrement français, à l’image du président de la Fédération française de cyclisme Michel Callot, qui a « remarqué que les Britanniques avaient pris possession du vélodrome ».

« On adore le cyclisme sur piste, on est bons à ça et on va gagner des médailles, c’est pour ça qu’il y a une atmosphère si spéciale, témoigne Claire Hayther, tante d’Ethan, en lice ce mardi. On était présents pour les championnats du monde en France en 2022, et il n’y avait pas autant de Britanniques. Mais là, c’est vrai qu’on en a croisé vraiment pas mal, et ils sont facilement reconnaissables. »

Alors que toutes les enceintes recevant les JO se distinguaient par une ambiance de maboule mise par les supporters français, le vélodrome est donc le seul et unique endroit où les Bleus ne sont pas les plus soutenus. Car, en plus des Britanniques, les Néerlandais sont aussi venus soutenir les leurs tout d’orange vêtus. « A chaque Jeux olympiques, ils sont là, déplorait lundi Grégory Baugé, l’entraîneur du sprint. Demain [ce mardi], ce sont les finales. J’espère qu’on verra plus de drapeaux français. »

« Le sport est majeur dans le rythme de vie »

L’appel du 5 août de l’ancien pistard a été, en partie, entendu. Lors de l’entrée en lice des poursuiteuses françaises, qui ont réalisé le record de France, plusieurs drapeaux tricolores ont été aperçus dans les tribunes, et on a même entendu des « Allez les Bleus ». Mais, le même entrain a été entendu chez les Britanniques lorsque Anna Morris et ses coéquipières ont enfouché le vélo. Idem lorsque les Néerlandais ont battu le record du monde de la vitesse par équipe.

« Ce sont généralement des nations très sportives, avec de grosses délégations pour accompagner les sportifs, on a l’habitude, nous explique Arnaud Tournant, champion olympique de vitesse par équipe en 2000 à Sidney. Pour les Néerlandais, quand on voit en Formule 1, en foot… C’est vraiment dans leur culture, le sport est assez majeur dans leur style de vie, dans leur rythme de vie, ce qui manque en France et c’est ce qu’on espère développer avec les JO. C’est assez habituel de voir des Britanniques, des Néerlandais même des Australiens qui viennent du bout du monde dans les vélodromes. Et les résultats accompagnent et motivent les délégations. Mais ça ne peut pas être le seul argument, c’est culturel. »

Gaston, venu de Zwolle (Pays-Bas), nous confirme ainsi qu’il fait ça par « passion et qu’il y a toujours des supporters néerlandais un peu partout. » Comme place de la Concorde, lundi soir, pour assister au sacre de l’équipe de basket 3x3. Alors, comment contrer le débarquement britannique et néerlandais dans les Yvelines ? « Lors des championnats du monde et des championnats d’Europe, à l’entrée, la Fédération donne des petits drapeaux. Là, cette année, il n’y a rien eu, regrette Jean-François Guiborel, ambassadeur du vélodrome. Donc les Anglais sont arrivés en masse, et nous, on fait avec ce qu’on a, c’est-à-dire pas grand-chose. »

Public de cyclix, on aime les vainqueurs

Car même les places situées dans le Carré Bleu, cet espace de supporters, ont été prises par les Australiens, Britanniques et Néerlandais. La difficulté de réunir les supporters français à un même endroit est compliquée. « Ces ambassadeurs [du Carré Bleu] doivent faire un travail vers l’ensemble du public pour qu’il donne un peu plus de voix, qu’il se manifeste un peu plus, espère Michel Callot. On peut attendre que ça soit un peu plus chaud avec les finales. »

« Si les Français sont devant, je pense que ça poussera, qu’il y aura de l’engouement, même s’il n’y a pas de drapeaux, contrairement aux Anglais », reprend Jean-François Guiborel. Visionnaire. Au moment du quart de finale de la vitesse par équipe, avec Rayan Helal, Sébastien Vigier et Florian Grengbo, l’ambiance est bien montée dans le vélodrome, qui a poussé les siens. Même Marie Le Net, après la poursuite par équipe, a indiqué que l’ambiance était « exceptionnelle ». Ça manquait encore de drapeaux, mais c’est déjà pas mal.