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« Je repars pour quatre ans »… Samir Aït Saïd ou la malédiction sans fin

JO 2024 : « Mes concurrents m’ont dit qu’ils n’avaient pas compris »… Samir Aït Saïd ou la malédiction olympique sans fin

GymnastiqueLe gymnaste français a raté la médaille de bronze pour un dixième de point aux anneaux, dimanche à Bercy. Dévasté et sidéré (à demi-mot) par sa note, il se refuse à mettre un terme à son histoire olympique sur un échec
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Samir Aït Saïd a raté la médaille olympique pour laquelle il court en terminant 4ème à l’occasion de la finale olympique aux anneaux.
  • Très affecté par ce nouvel échec, le gymnaste français demande pardon. Sans le dire ouvertement, il ne comprend pas que les juges ne lui aient pas donné une meilleure note.
  • Aït Saïd a annoncé qu’il repartait pour un tour. L’objectif ? Los Angeles 2028. « Pour une médaille olympique, je suis prêt à le faire ».

A la larmes arena de Bercy,

Sac de sport sur ses épaules, démarche lourde, Samir Aït Saïd se présente péniblement devant les journalistes, à qui il commence par présenter ses excuses à la sortie de l’Arena de Bercy. « Je suis désolé. » Le gymnaste français vient une fois de plus de rater la médaille olympique derrière laquelle il court désespérément en bouclant la finale aux anneaux à la 4e place. Le bronze lui échappe pour un dixième de point, à vous dégoûter définitivement des sports de notation.

Vous étiez sidéré par la médaille de bronze d’Anthony Jeanjean en BMX freestyle ? Vous aurez envie de tout brûler en revoyant le passage aux anneaux d’Aït Saïd, qui aurait bien mérité un petit arbitrage maison. Quelques heures auparavant, dans l’Arena Nord de Villepinte, le boxeur Tony Yoka se plaignait de ce petit manque, du vent qui ne souffle pas dans le sens du pays hôte. « Normalement, le fait qu’on soit à la maison, ça devrait nous aider. Mais des fois, on dirait que ça nous dessert. »

Aït Saïd a résisté à la tentation de dire du mal des juges malgré nos encouragements à le faire – « vous voulez vraiment me faire parler », souriait-il – mais a tout de même du mal à cacher son amertume. « Mes concurrents sont venus me voir en me disant ''franchement je suis désolé, je ne comprends pas''. »

Après les blessures qui l’avaient empêché d’aller à Londres, fauché en plein vol à Rio et nettement diminué à Tokyo, où il avait déjà échoué à la 4e place, le Français avait fait table rase de ses méthodes et mis en place une nouvelle routine de travail : contrôle strict du poids, alimentation parfaite, intensification et réduction du volume des entraînements… Plus que se remettre d’une déchirure au biceps dont beaucoup le pensaient incapable de revenir, il s’est renforcé. « Je ne me suis jamais senti aussi fort de ma vie, je ne me suis jamais senti aussi prêt de ma vie, disait-il encore dimanche. J’arrive aux Jeux, j’ai mal nulle part, je me sens puissant. »

A 34 ans, Aït Saïd donne rendez-vous à Los Angeles

C’est peut-être le grand drame de son échec parisien que de n’avoir aucune circonstance atténuante, aucune limite physique sur laquelle rejeter la faute. Il y a bien cette note de difficulté qui coûte cher, mais pas de quoi en faire tout un foin. « Je ne leur en veux pas [à son staff]. Je comprends leur décision. Si tu augmentes ta note [de difficulté] d’un dixième, tu peux en perdre trois à l’arrivée. Il faut être le plus parfait possible. »

Samir Aït Saïd a tourné en rond pendant près de dix minutes à la recherche d’une réponse capable de l’apaiser. Mais il semblerait que seule la médaille olympique ait ce pouvoir. « Je vous ai donné ma parole que j’allais revenir pour Tokyo, je vous ai redonné ma parole en disant que j’allais revenir pour Paris. Je serai encore là à Los Angeles. Je repars pour quatre ans. » Il aura 38 ans. « On ne va pas forcément me refaire confiance, il va falloir que je me batte encore avec certaines personnes. C’est dommage, mais je suis prêt à le faire. Pour une médaille olympique, je suis prêt à le faire. »