JO 2024 : Oumiha et Bennama en finale à Roland-Garros, c’est pas la capitale… C’est Toulouse bébé !
BOXE•Billal Bennama a chauffé l’Arena Nord pour Sofiane Oumiha en s’imposant contre Junior Alcantara. Le médaillé d’argent à Rio a également gagné, mais sur décision partagée. Les deux boxeurs toulousains iront à Roland-GarrosWilliam Pereira
L'essentiel
- Sofiane Oumiha (poids légers) et Billal Bennama (poids mouches), deux boxeurs toulousains, se sont qualifiés pour les finales des Jeux olympiques de Paris 2024, avec l’espoir de décrocher la médaille d’or.
- Tony Yoka, champion olympique en boxe 2016, loue le style spectaculaire et l’abnégation de Billal Bennama, qui a complètement électrisé l’Arena Nord avant le combat de Sofiane Oumiha.
- Ce dernier, médaillé d’argent à Rio 2016, vise le titre après sa désillusion aux JO de Tokyo. En jeu ? Le titre officieux de roi de la boxe amateur française, selon Yoka.
A l’Arena Nord,
La Ville rose devant la France au tableau des médailles à l’issue des Jeux olympiques de Paris 2024 ? Il faudra faire les comptes à la fin du bal, mais en s’imposant dans leurs demi-finales respectives, les boxeurs toulousains Sofiane Oumiha et Billal Bennama se donnent les moyens d’égaler Antoine Dupont et Léon Marchand au rayon des médaillés d’or aux JO de Paris 2024 originaires de Toulouse. Le secret ? « Je pense que c’est le Sud, c’est le soleil », se marre Bennama avant de disparaître dans les couloirs de l’Arena Nord. Oumiha est plus frontal. « C’est du talent auquel on a ajouté beaucoup de travail. »
A la sueur de leur front, dit le cliché. Dans le cas du plus jeune des deux boxeurs, cela s’est aussi fait au prix de quelques gouttes de sang. L’arbitre l’a interrompu à deux reprises après que son adversaire, Junior Alcantara, lui a ouvert l’arcade dès la première reprise à force de donner des coups nets. D’après Bennama, il n’y avait pas que des poings dans cette histoire. « Il donnait beaucoup de coups de tête… Bon, l’arbitre ne l’a pas vu mais il ne fallait pas s’énerver et rester concentré. J’ai réussi à augmenter mon niveau au deuxième round. »
Bennama à cœur et arcades ouverts
En suivant le plan dicté par ses entraîneurs, il a trouvé la faille par le contre et en laissant parler son style spectaculaire, qui a le don de chauffer les salles autant que de mettre ses adversaires sur le cul. Aperçu en zone mixte, le champion olympique 2016 des lourds, Tony Yoka, applaudit la performance.
« « Il a un style spectaculaire parce que c’est un mec qui donne tout. Il ne triche pas. Je leur ai dit avant les JO, 80 % du taf, c’est dans la tête. Celui qui laisse passer sa chance, il va le regretter. Un mec comme Billal ne regrette rien, il va au bout de lui-même. Parce que s’il ne va pas au bout, même s’il est à 100 %, il ne gagnera pas. Il faut qu’il soit à 200 %. Et aujourd’hui, il gagne grâce à ça. » »
En tribune, nos confrères hispaniques vous diront que Bennama a bénéficié d’un arbitrage maison. A la fin du combat, les deux hommes étaient tellement persuadés de mériter la victoire qu’ils levaient les bras au ciel dans un dernier numéro d’intox classique avant de s’en remettre aux juges. « Il faut montrer que c’est toi le patron, analyse Yoka. Après, on n’est pas en escrime. Ça ne compte pas forcément pour les juges. Peut-être que ça lui fait du bien, lui, mentalement. Mais il le gagne ce combat. Il gagne bien. »
Oumiha, Yoka et la suprématie dans la boxe amateur française
Quand le premier vainqueur français de la matinée défile devant les médias, Sofiane Oumiha est à son tour au mastic. Son premier round est un chef-d’œuvre de maîtrise et vista. Le Canadien Wyatt Sanford, complètement impuissant, prend des coups et brasse l’air. Mais, grand seigneur, le Français lui permet de revenir dans le combat en bafouillant sa boxe. Il se précipite, sa garde s’ouvre et les coups trouvent preneur. « J’ai été un peu moins bien dans le 2e round, je ne saurais pas expliquer pourquoi. C’est comme ça, il y a des hauts et des bats dans les combats. J’ai pris le 3e et j’ai assuré la victoire. »
Médaille d’argent à Rio 2016, il ne se serait pas pardonné un second échec après le cauchemar de Tokyo. « C’est toujours dans un coin de la tête. Ça a été dramatique pour moi. J’étais numéro 1 mondial et je perds au premier round. » Invaincu depuis, il s’est même permis le luxe de faire un aller-retour chez les pros avant de revenir en amateur pour fermer son histoire avec les JO.
« « Il a fait une magnifique médaille d’argent à Rio, souligne Tony Yoka. Mais derrière, il y avait Estelle et moi (médaillés d’or). Donc forcément, on a pris un peu toute la lumière. Et on a un petit défi entre lui et moi. C’est qu’il a à cœur d’être le meilleur palmarès de la boxe amateur en France. Il a été trois fois champion du monde, mais il n’est pas champion olympique. Et le titre de champion olympique, c’est quelque chose qu’il doit aller chercher et qu’il doit mériter. » »
L’histoire a pour elle un cadre unique, le court Philippe Chatrier, à Roland-Garros, où le tournoi de boxe olympique se délocalisera à compter de mardi. « Depuis le début c’est la carotte », sourit Oumiha. Il n’y a plus qu’à. Lui comme Bennamma partagent la même chambre à Paris et pourront compter l’un sur l’autre avant leur finale. En ce qui nous concerne, confiance totale dans ce tandem de choc. Après tout, rentrer de la capitale au Capitole avec l’or autour du cou est à la mode depuis une semaine, à Toulouse.



















