JO 2024 : « La ville est jolie mais… » A la rencontre des Australiens, seule nation insensible à la magie de Paris
Jeux olympiques•Alors que les JO de Paris font l’unanimité dans le monde entier, une nation ne cesse de chipoter et d'en faire qu'à sa tête. L’Australie, franchement pas fan de notre belle capitaleJean-Loup Delmas
L'essentiel
- Entre la cérémonie d’ouverture, les lieux incroyables, et le show Léon Marchand, la France semblait avoir à nouveau mis le monde à ses pieds, deux siècles après Austerlitz.
- « Amazing », « the most beautiful olympic games », « just wonderful », pouvait-on même entendre de la part du public étranger. Partout, les Jeux faisaient l’unanimité.
- Toutes les nations conquises, sauf une : l’Australie. On est allé à la rencontre de ces rageux.
De notre envoyé spécial dans la haine anti-Paris,
On connaissait Emily in Paris, marketeuse américaine un peu neuneu qui s’émerveille d’absolument tout dans la capitale. Ces Jeux olympiques sont l’occasion de découvrir ses némésis, Australie in Paris, un peuple que rien ne semble impressionner ou satisfaire dans la Ville lumière.
Ça a commencé gentiment par un article de leur part dézinguant le prix des bières au stade de France. 13 balles la pinte tout de même, et sans alcool en plus. Puis c’est leur nageuse Ariarne Titmus qui a trouvé le village olympique « ridicule », ce qui aurait influé sur ses performances. Vu que l’athlète a quand même déjà récolté une médaille d’or et une d’argent, on a commencé à se demander si le pays n’était pas un peu relou.
Trois tonnes de thon importées plutôt que manger notre bouffe
Les Australiens ne semblent pas fans non plus de notre gastronomie, pourtant réputée internationalement, puisque la délégation est venue avec trois tonnes de thon et 2.400 tourtes dans ses bagages afin d’éviter de passer par les plats français (vraie histoire). Enfin, lors d’une victoire au water-polo, fans et joueurs de l’île-continent ont commenté que l’ambiance de nos supporters n’était pas si impressionnante que ça.
Plutôt que de subir un affront de plus, on a décidé de confronter les wallabies et de leur demander pourquoi ils n’étaient pas sous le Paris Magic’s effect comme le reste du monde. Il y a bien sûr eu pléthore de commentaires très élogieux, que ce soit sur la ville, le vin, la Seine, etc. Mais on a décidé de retenir que les rageux, histoire d’alimenter ce papier. « Paris est joli, mais l’Australie, c’est le plus beau pays du monde. Donc nous sommes moins émerveillés que d’autres nations. On est juste exigeants. Sans compter l’insécurité ici, qu’on ne connaît pas chez nous », défend Tim, 53 ans, grand voyageur et « qui n’a jamais trouvé mieux que son pays ». Tellement patriote que de tous les bars et cave à vin de la capitale, on a pêché son témoignage au Café Oz australien. C’est bon, Tim, profite un peu de la France quand même.
De sacrés grandes gueules avec tout le monde
Il l’avoue, il y a des sujets qui fâchent dans ces Jeux. Notamment cette fameuse bière 0 %, et l’absence globale d’alcool dans les stades, alors que la binouze est une institution en Australie : ils en consomment deux fois plus de litres que nous. Les meutes d’aussies qui déferlent dans les rues de Paris, pintes en main dès 11 heures du matin et visage marqué par autre chose que le soleil, valident la statistique.
De là à nous détester, ce n’est pas un peu fort ? « On a toujours été un peuple assez grande gueule et critique », s’amuse Liam, croisé à Vaires-sur-Seine. Sur ces Jeux, l’Australie aura ainsi dézingué l’étonnant record sur 100 mètres nage libre de Pan Zhanle, jugé « non naturel ». Il n’y a pas que nous qui trinquons.
Le Français a mauvaise presse en Australie
Même avant Paris, le pays fustigeait tous les JO auquel il avait, littéralement, le malheur de se rendre. En 2016, la délégation australienne avait refusé de s’installer au village olympique. Le nageur australien Mack Horton s’était quant à lui plaint d’avoir reçu des éclaboussures de son homologue chinois, incident qui avait viré à l’affaire diplomatique entre les deux nations. Aux JO 2021, une basketteuse avait trouvé la bulle sanitaire tellement intimidante qu’elle s’était carrément barrée de la compétition.
Rien de personnel, donc ? « C’est vrai que les Français ne sont pas forcément bien vus au pays », admet enfin Jessy, elle aussi croisée au café Oz. Notre réputation ? Etre de gros voleurs dans les magasins et faire du bruit. L’affaire des sous-marins mais aussi la situation explosive en Nouvelle-Calédonie n’ont pas plus réchauffé les âmes.
L’Australien est-il un Parisien sans barbe de hipster ?
Ce à quoi s’ajoute un début de jalousie sportive. « On a toujours été dans une bataille à deux avec les Etats-Unis en natation, reprend Tim. Depuis quelques années, la France produit d’excellents nageurs et essaie de s’immiscer entre nos deux pays. On n’a pas de Léon Marchand, c’est rageant ».
Mais pourquoi se détester, alors que nous sommes si ressemblants ? L’Australien n’est qu’une sorte de Parisien amélioré, option barbe de hipster en moins et long cheveux blonds de surfeur en plus. A part cette différence capillaire, tout y est : l’arrogance, le côté râleur, le sentiment de supériorité, et la mauvaise foi caractérisée. Comme on dit chez nous : « attachiant ». Mais pas sûr que ce mot insupportable nous aide à remonter dans leur cœur.


















