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Faute de sponsors, les sportifs se font les muscles sur OnlyFans

JO 2024 : Faute de sponsors, des athlètes font de la thune sur OnlyFans pour financer leur participation

ça BRASSEPendant les Jeux olympiques 2024, plusieurs athlètes ont avoué avoir réussi à financer leurs venues grâce à leur présence sur OnlyFans. Des cas peu anodins dans le sport
Lina Fourneau

Lina Fourneau

L'essentiel

  • De nombreux athlètes olympiques, comme le plongeur Jack Laugher, se tournent vers des plateformes comme OnlyFans pour compléter leurs revenus, souvent modestes.
  • Selon le plongeur Matthew Mitcham, seul un petit pourcentage de champions olympiques sont bien rémunérés, la majorité étant laissée-pour-compte.
  • Le tennisman Alexandre Müller, parmi les 100 meilleurs joueurs du classement ATP, se fait sponsoriser aussi par OnlyFans. Il explique pourquoi à 20 Minutes.

Il s’appelle Jack Laugher et participera ce vendredi à la finale de plongeon pour son pays, le Royaume-Uni. Mais pour accéder à ce rêve olympique, le Britannique a dû donner un peu de sa personne. La semaine dernière, The Daily Telegraph révélait qu’une partie de ses revenus provenaient « des photos de lui à moitié nu » publiées en ligne sur le site OnlyFans. Si la plateforme dédiée à la monétisation des créateurs de contenu est largement utilisée pour les contenus à caractère sexuel, les sportifs s’y installent pour arrondir leurs fins de mois.

Depuis un an et demi, Matthew Mitcham, plongeur australien et médailleur d’or à Pékin, a lui aussi construit sa petite audience et cumule près de 29.500 « j’aime » depuis. Ce lundi, il a publié une tribune dans The Telegraph pour défendre les athlètes olympiques, parfois critiqués pour avoir posé nus sur la plateforme. « En tant qu’ancien champion olympique qui publie du contenu sur OnlyFans depuis dix-huit mois, je considère que c’est un moyen utile de compléter mes revenus. Après toutes les heures et tous les sacrifices que nous avons consentis, nous, les athlètes, avons plus que mérité de nous offrir un petit boulot d’appoint ».

Des moyens modestes pour beaucoup d’athlètes

Car si dans l’imaginaire les sportifs sont pleins aux as, de nombreux athlètes n’ont qu’un salaire moyen. Jack Laugher gagnerait par exemple 28.000 livres par an, soit 33.000 euros. « La dure réalité du sport est qu’un petit pourcentage d’athlètes réussisse, note Matthew Mitcham dans sa tribune. Ces personnes peuvent être récompensées par de nombreux sponsors juteux, mais nous ne parlons ici que des plus beaux et des plus charismatiques des champions olympiques. Beaucoup de brillants athlètes sont laissés-pour-compte ».

De nombreux sportifs pendant les Jeux olympiques arrivent donc aux épreuves avec peu de moyens et souvent à leurs frais, comme la fait remarquer mardi la nageuse française Béryl Gastaldello à la fin de son 100 mètres nage libre. « J’ai un mécène, c’est grâce à eux que je paye mon loyer et que je mange. Mais je n’ai pas encore de sponsor, donc à bon entendeur ! », a-t-elle lancé face à Nelson Monfort.

Auriane Mallo-Breton, la médaillée d’argent à l’escrime, avait également avoué en 2022, dans un entretien accordé à 20 Minutes, être à la recherche de sponsors. « A chaque fois, on me ressort que mon parcours est intéressant, que ça fait plaisir de voir que c’est possible d’arriver aussi loin… mais on ne veut jamais mettre d’argent », avait regretté l’escrimeuse kinésithérapeute, souffrant cruellement de temps pour ses entraînements.

Onlyfans change son image

Loin des Jeux olympiques, le tennisman Alexandre Müller – classés parmi les 100 premiers joueurs mondiaux par l’ATP – a aussi décidé au début de l’année d’ouvrir son compte OnlyFans, sous les recommandations de l’entreprise qui « s’occupe de lui ». « Forcément, au début, quand ils m’ont dit ça, je me suis un peu posé des questions sur l’image que ça pouvait renvoyer. » Puis, une fois le projet expliqué, le sportif s’est dit plus convaincu. « La plateforme veut essayer de changer son image en prenant plus de sportifs. »

Depuis, le tennisman est sponsorisé par OnlyFans à coups de petit logo sur le maillot pendant son Open d’Australie. Mais il doit se faire plus discret. L’ATP refuse ce sponsor pendant les matchs. « Ils ont un règlement interdisant les marques de tabac ou de paris sportifs de nous sponsoriser. Et un petit astérisque stipule dans le règlement que l’ATP se réserve le droit de refuser tout type de sponsor. » OnlyFans en fait partie.

« Trouver des sponsors c’est de plus en plus dur »

Désormais, Alexandre Müller affiche son partenariat plus discrètement avec un bob floqué du logo pendant les interviews et surtout en continuant les publications voulues par son contrat. « Je dois poster des storys et des publications sur Instagram et aussi sur OnlyFans. » Tous types de contenus aux sportifs. « Ma vie de tous les jours, du tennis, du physique. » Ici aussi le joueur de tennis professionnel peut proposer des contenus privés payants. « C’est comme ça que je gagne un peu plus sur la plateforme », explique-t-il à 20 Minutes. Si les montants ne peuvent être dévoilés, les revenus liés à OnlyFans peuvent être équivalents (et même plus élevés) que son sponsor raquette.

Alors forcément, Alexandre Müller comprend la décision des athlètes olympiques. « Cette année, à part OnlyFans, je n’ai aucun sponsor à part les habits et les raquettes. Je pense que de nos jours, trouver des sponsors c’est de plus en plus dur. » Pourtant, le joueur classé sait que le tennis fait partie des sports les plus populaires et donc les plus sponsorisés. « Certains sports sont plus dans le dur. »