JO Paris 2024 – Voile : « Les Jeux olympiques de la pétole », le manque de vent commence à frustrer à Marseille
JO Paris 2024•Les compétitions de voile des Jeux olympiques de Paris 2024 sont largement perturbées par le manque de vent sur le plan d’eau de MarseilleAdrien Max
L'essentiel
- Les compétitions de voile des JO de Paris 2024 se poursuivent tant bien que mal sur le plan d’eau de Marseille à cause du manque de vent.
- Des conditions frustrantes pour les athlètes, mais loin d’être surprenantes à cette époque à Marseille.
- Les athlètes regrettent surtout le manque de visibilité de leurs sports à la télévision, à cause de ces conditions très changeantes.
A la recherche du vent sur la Marina olympique de Marseille,
« Une petite balade au milieu des Jeux olympiques », et des compétitions de voile, pour Lauriane Nolot et Axel Mazella, histoire de tuer le temps. Les deux concurrents français engagés en kitesurf pour ces JO de Paris 2024 ont dû trouver comment s’occuper, mardi, sur un plan d’eau de Marseille bien calme, faute de vent. Et donc de compétitions.
Résultat, « deux heures restées sur l’eau », pour une seule course. « C’est un peu frustrant parce qu’on aimerait avoir plus de vent. Pour aller plus vite et plus fort, surtout que c’est des conditions que j’aime bien. C’est les Jeux olympiques de la pétole », préfère s’en amuser la Française.
« J’ai compris qu’on n’aurait pas beaucoup de manches »
Une journée qui ressemble plus à un échauffement qu’à des JO, au point d’envisager « une petite séance » de musculation, après avoir parfaitement optimisé la seule série disputée mardi. Parce que là est toute la difficulté, réussir à tout de suite performer dans le peu de fenêtre qu’offre le vent. « J’ai fait en sorte de mastériser cette manche, parce que j’ai compris qu’on n’en aurait pas beaucoup », se satisfait-elle.
Même lorsque la course est lancée, rien ne garantit l’homogénéité des conditions pour les concurrents. « Il fallait rester attentif au trou de vent. J’ai vu qu’il y en avait un juste à côté du bateau du comité de course et je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas que j’y aille. D’autres filles, dont des concurrentes n’ont pas fait attention, et ça m’a permis d’effacer la manche qui m’a coûté lundi », a savouré Lauriane Nolot, après avoir récupéré la tête, ex aequo, au classement général.
Toutes les finales reportées
Quelques séries disputées en Nacra 17 et en 470, une seule chez les hommes et les femmes en kite. Voilà le bilan des compétitions de mardi, quand les deux medals race, ces finales dans le monde de la voile, d’ILCA ont été reportées. Comme chacune des finales prévues, depuis ces JO de Paris 2024, avec les 49er et les planches à voile déjà reporté la semaine dernière.
Mercredi, les kites pourraient même ne pas sortir puisque les mêmes conditions sont annoncées. Et la priorité sera toujours donnée aux finales, surtout à celles des ILCA déjà reportées mardi, avant celles prévues pour les Nacra 17 et les 470. Les six courses de série effectuées par les kites depuis dimanche, leur permettent déjà de disputer les medals races, prévues jeudi, même si aucune ne venait à être lancée d’ici là.
« On court après le vent »
Des conditions aux rabais, qui « frustrent » aussi Axel Mazella. « Carrément, on a eu un test event [en juillet 2023] incroyable et là on court après le vent. On essaye de prendre ce qu’il y a, mais un championnat avec six manches n’est pas très représentatif. Surtout comme pour moi, quand tu as eu une journée compliquée, c’est difficile de se rattraper. Ça fait partie du sport, mais malheureusement on n’est pas chanceux. Même si on fait avec. »
Ce que se tuent à nous répéter les différents athlètes interrogés sur la Marina olympique depuis le début de ces JO quant à ces conditions météorologiques franchement pas optimales. Quand on sait le vent qui frappe Marseille depuis le début de l’année, forcement ça interroge.
Des conditions fréquentes l’été
Ce constat n’étonne absolument pas le météorologue de l’équipe de France de voile, David Lanier : « Non, non, on n’est pas surpris, explique-t-il dans tout ce détachement propre aux scientifiques. Des champs de pression très faibles l’été, c’est fréquent. Donc les brises thermiques sont très faibles, et on se retrouve avec des vents de cinq à dix nœuds max. Avec la particularité des JO, d’avoir des courses très proches de la terre, la ville de Marseille chauffe beaucoup, donc le vent ne passe pas très bien. Du coup sur le bord de plage ce n’est pas très fort. »
Le choix de Marseille pour ces compétitions commence à faire parler, tout comme ceux des ronds de compétition par le comité de course a pu interroger certains en salle de presse. Mais ni le météorologue, qui assure que ça aurait pu être pareil « à La Rochelle ou du côté de Bordeaux et du lac d’Hourtin », ni les athlètes, n’y trouvent à redire.
Gros manque de visibilité à la télé
Eux regrettent beaucoup plus le fait de ne toujours pas être passés à la télévision. « C’est hyper frustrant, énormément de proches nous demandent pourquoi on ne passe pas à la télé. Certains ont même pris l’abonnement, et ne nous voient pas. On fait du kite, un des sports les plus visuels, c’est dommage. Si jeudi il y a enfin des bonnes conditions j’espère qu’enfin ils vont nous filmer et monter du kitesurf », rage un peu Lauriane Nolot.
Ce qu’abonde son compatriote, Axel Mazella : « On comptait vraiment sur ces JO, même au niveau des instances internationales, pour montrer au monde ce qu’est notre sport. Tous les jours devant notre télé on voit tous les sports, mais on n’a pas vu de voile. C’est sûr que s’il y avait du vent, ce serait plus simple. Il y aurait des accords tv pour passer de telle heure à telle heure. Là on part à midi, c’est sans cesse retardé. Il y a trop d’incertitudes. »
Peut-être qu’un peu plus de médailles (seules Charline Picon et Sarah Steyaert ont remporté le bronze depuis le début des compétitions) faciliteraient aussi le truc. Ça tombe bien la météo annonce du vent pour jeudi et nous, des médailles.


















