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« Tout est possible »… Les Français peuvent-ils aller chercher la Chine ?

JO de Paris 2024 : « On leur fait un peu peur »… Les pongistes français peuvent-ils vraiment aller chercher la Chine ?

Tennis de tableEmmenés par les frères Alexis et Félix Lebrun, les Français se sont inclinés en finale des Mondiaux par équipe, dimanche en Corée du Sud, à cinq mois des Jeux
Antoine Huot de Saint Albin

Propos recueillis par Antoine Huot de Saint Albin

Le 12 juillet 1998, lors de la finale de la Coupe du monde de football au Stade de France, peu de monde pensait voir nos petits Bleus infliger une dérouillée au Brésil, patrie du ballon rond, où les enfants savent jongler avant de dire leurs premiers mots. Et bien c’est un peu la même chose au tennis de table entre la France et la Chine. Pays n°1, avec cinq joueurs aux cinq premières places mondiales, l’Empire du Milieu a encore mis une petite fessée aux Tricolores dimanche, en finale des Mondiaux en Corée du Sud.

Mais on vous donne rendez-vous le 4 août prochain, pour la finale individuelle, et le 10 août pour la finale du tournoi par équipe de tennis de table entre la France et la Chine. Et, tel Zidane survolant Saint-Denis et les maillots auriverde, Félix Lebrun viendra décrocher les étoiles dans l’Arena de La Chapelle, à la barbe de Chinois médusés. Car, oui, la France va le faire. En tout cas, c’est ce qu’espère Claire Chevassus-Rosset, présidente du club de Montpellier, où évoluent Alexis et Félix Lebrun.

Est-ce qu’il y avait quand même de la déception après cette finale perdue face aux Chinois ?

Non, pas vraiment. C’était déjà une grande satisfaction. La France était quatrième nation mondiale, donc on espérait tous, même si ce n’était pas joué d’avance, avoir une demi-finale. Avec un tirage au sort assez favorable, en prenant la Chine qu’en finale, ils sont allés au-delà. Après, bon, la Chine, il fallait des exploits. Quand vous avez les cinq premiers mondiaux dans votre équipe… Evidemment, je suis déçu pour eux, mais ils ont fait une magnifique compétition. Tout comme l’équipe féminine, qui est repartie avec une médaille de bronze. L’exposition pour le tennis de table est super. C’est une entière satisfaction, et un bel entraînement pour les JO de Paris.

La France est-elle justement en train de devenir une nation qui compte dans le paysage du tennis de table mondial ?

On avait déjà eu la génération Jean-Philippe Gatien-Damien Eloi-Patrick Chila, mais il n’y avait pas les réseaux sociaux et toute cette exposition. Et puis il y a aussi les filles qui font parler d’elles, ce qui n’était pas le cas à l’époque. Je pense qu’on redevient une nation qui compte, notamment en Europe. La Suède nous a battus en finale des championnats d’Europe, mais on a une grande marge de progression. Il faut souligner aussi que le staff technique, autour des frères Lebrun, qui sont médiatisés et surmédiatisés, a réussi à monter un esprit d’équipe.

Les Chinois sont-ils vraiment injouables ?

L’avantage, si je puis dire ainsi, c’est qu’aux Jeux olympiques, il n’y a que deux joueurs par nation en individuel. Il n’y aura donc que deux pongistes chinois, et pas cinq. C’est donc un peu plus accessible, même si ça ne sera pas simple. Depuis les années 2000, la Chine domine, mais je crois qu’on commence à leur faire un peu peur, c’est bien. Et la grande satisfaction, au-delà d’Alexis et Félix Lebrun, c’est que Simon Gauzy a vraiment joué son rôle de troisième homme. Il se remet vraiment bien dedans après avoir eu une période de doute avec l’arrivée des deux phénomènes.

Les Français peuvent-ils se mêler à la lutte pour les médailles d’or aux JO ?

Une médaille, déjà, c’est tout à fait jouable, surtout en jouant à domicile. Félix Lebrun est sixième mondial, derrière les cinq Chinois, donc quelque part, il pourrait se battre pour le podium avec les quotas de joueurs par nation. L’idéal, que ça soit en individuel ou par équipe, c’est d’être dans les quatre premiers mondiaux, avant les JO, pour être tête de série et être ainsi protégés. L’or, on ne sait jamais, tout est possible. Dimanche, Alexis n’était pas loin de renouveler son exploit face au n°1 mondial Fan Zhendong, avec une balle de match… Il faut y aller avec cet esprit de pouvoir battre tout le monde, et je pense que ça sera le cas à Paris.

Que manque-t-il aux Français pour être au niveau des Chinois ?

Les Chinois, ils ont l’expérience, avec le n°1 mondial, l’ex n°1 mondial, le double champion olympique… Félix (17 ans), il a peut-être l’un des meilleurs services au monde, mais il faut qu’il engrange de l’expérience, des matchs de très haut niveau. A force de les jouer et de les rejouer lors de compétitions internationales, ça viendra. La semaine prochaine, ils vont retrouver les meilleurs mondiaux à Singapour, ils enchaînent, c’est bien.