JO de Paris 2024 : Des équipes de 24 emmenées par de grands champions, Paris la joue collectif pour les relais de la flamme
annonce•Le Comité d’organisation dévoile ce mercredi les contours des relais collectifs de la flamme olympique, qui vont apporter la torche dans des lieux parfois improbables avec de grands noms en chefs de fileNicolas Camus
L'essentiel
- Le Comité d’organisation des JO de Paris lève le voile ce mercredi sur la grande nouveauté de cette édition, les relais collectifs de la flamme olympique.
- Ces relais se feront par équipes de 24 personnes (sportifs et sportives du quotidien, bénévoles, arbitres, coachs, etc.), encadrées par un capitaine « garant » de la flamme.
- Parmi eux, on retrouvera Emilie Le Pennec en gymnastique, Manuela Montebrun en athlétisme, Pénélope Leprévost en équitation, Anne-Caroline Chausson en cyclisme, Jean-Philippe Gatien en tennis de table ou Camille Lacourt en natation.
L’année 2024 vient de s’ouvrir et avec elle, évidemment, la montée en puissance vers les Jeux olympiques de Paris. Les semaines à venir seront chargées en annonces, avec la présentation des tenues des athlètes de l’équipe de France en janvier, le dévoilement des médailles en février ou la remise des clés du village olympique en mars, entre autres réjouissances. Mais avant tout ça, place à l’un des emblèmes les plus importants des Jeux, la flamme olympique. Ce mercredi, le Comité d’organisation lève le voile sur la grande nouveauté de cette édition, les relais collectifs.
On a tous en tête les images d’athlètes et anonymes portant, seuls, la torche olympique à travers le pays hôte jusqu’à l’apothéose, l’embrasement final de la vasque. Il y en aura aussi avant ces Jeux, mais les dirigeants parisiens ont décidé d’innover en insérant une ou deux fois par jour des relais en groupe. Il y en aura 69 au total, avec des équipes composées de 24 personnes à chaque fois, champions et championnes, bénévoles, arbitres, coachs, etc., emmenées par un capitaine « garant » de la flamme.
« Nous avons dans l’idée que ce relais doit être sportif et collectif, pour valoriser et remercier celles et ceux qui font le sport au quotidien, sur l’ensemble du territoire », expose le directeur délégué du relais de la flamme, Grégory Murac.
Chacun de ces relais collectifs, depuis le premier le 10 mai dans le Var jusqu’au dernier le 25 juillet à Saint-Denis, durera très précisément huit minutes (la durée d’autonomie de la torche, en réalité) et se tiendra dans un lieu symbolique, par sa beauté, son histoire, son côté insolite. Ce sont les 35 Fédérations impliquées dans ce projet qui ont prospecté et livré leurs propositions au Cojo, qui a ensuite arbitré. Ainsi, on verra la flamme olympique dans les mains d’escrimeurs sur le site de Lascaux IV (Dordogne), portée par des cyclistes à l’intérieur du fort du Mont-Saint-Michel (Normandie) ou brandie par des basketteurs à Saint-Esprit, en Martinique.
« La flamme, ça fait vibrer »
La Fédération d’équitation, elle, a choisi Omaha Beach, l’une des cinq plages du débarquement des Alliés en 1944, pour faire défiler la cavalerie le 30 mai, avec la championne olympique 2016 Pénélope Leprévost pour guider les troupes. La Normande s’était portée candidate pour le rôle, sans particulièrement s’attendre à être l’heureuse élue. Mais depuis que ses dirigeants lui ont annoncée la bonne nouvelle, elle se projette avec une certaine impatience. « Ça va être une super journée à vivre, une très belle expérience. Le passage de la flamme est une image universelle. Je suis très contente d’y participer », nous raconte-t-elle, sans pouvoir toutefois encore s’imaginer à quoi ce moment va ressembler exactement.
Le déroulé n’est pas encore ficelé, même si des bribes d’infos lui sont remontées, sur les tenues ou le matériel déployé. En tout cas, l’idée de jouer le rôle d’éclaireuse au sein d’une équipe la motive particulièrement. « C’est encore mieux parce que ça permet de partager un moment unique avec d’autres personnes investies dans notre sport, des gens qui ont parfois une histoire particulière avec les JO, estime la double vice-championne du monde. C’est une très bonne chose de les faire participer aussi. »
Quelques jours avant elle, et plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, le quadruple champion du monde de para-escalade Thierry Delarue aura fait descendre la fameuse torche à la verticale du rocher de la Baume, à Sisteron, offrant un panorama qui s’annonce grandiose. « J’ai vraiment hâte ! J’ai vu des vidéos de sportifs portant la flamme, ça fait vibrer, exprime-t-il. Il y a peu d’élus pour la porter, j’en suis vraiment honoré. »
Ce rôle de capitaine lui donne le sentiment de participer lui aussi à la grande fête olympique, lui qui a été déçu de constater que sa discipline ne ferait toujours pas son entrée au programme des Jeux para cette année (les valides y sont depuis Tokyo). Le grimpeur de 45 ans, amputé d’une jambe, le prend très au sérieux. « Je me vois comme un lien, entre ceux qui m’accompagneront, entre les genres, les handicaps, les générations, conçoit-il. Mon rôle sera de connecter tout ce beau monde. »
Comme Pénélope Leprévost, Thierry Delarue n’a pas encore tous les détails du déroulé de cette journée particulière. Tout cela va s’affiner dans les prochaines semaines. Il sait tout de même que la date fixée, le 11 mai, devrait l’empêcher de disputer une épreuve de Coupe du monde à Salt Lake City trois jours plus tôt. « Même si j'espère avoir la chance de faire les deux, ça n'arrive qu'une fois dans une vie d'être capitaine du relais », est-il conscient. Parmi l’équipe de France de para-escalade, solidaire et très investie dans la promotion de la discipline, beaucoup auraient certainement aimé être à sa place. « On est un super groupe, uni, ce sera pour eux aussi », ajoute-t-il.
NOTRE DOSSIER JO PARIS 2024Emilie Le Pennec en gymnastique, Manuela Montebrun en athlétisme, Anne-Caroline Chausson en cyclisme, Jean-Philippe Gatien en tennis de table, Vincent Milou en skate, Camille Lacourt en natation ou Pascal Gentil en taekwondo, tous les ambassadeurs désignés auront leur motivation propre au moment de s’élancer. Le dernier nommé, deux fois médaillé de bronze aux JO (2000 et 2004), s’est montré particulièrement touchant lors de la présentation du dispositif, en décembre. Il voulait participer coûte que coûte à ces JO à la maison, s’était inscrit à tous les postes possibles et avait bien peur de voir filer le train devant lui. « Je suis hyper fier de vivre les Jeux de cette manière », avait-il lâché.



















