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Lecointre et Mion avancent vers les Jeux « avec des étoiles dans les yeux »

JO de Paris 2024 : Camille Lecointre et Jérémie Mion avancent vers les Jeux « avec des étoiles dans les yeux »

VoileSur leur dériveur double, Camille Lecointre et Jérémie Mion ont de belles chances d’accrocher une médaille lors des prochains Jeux olympiques
Propos recueillis par Antoine Huot de Saint Albin et William Pereira

Propos recueillis par Antoine Huot de Saint Albin et William Pereira

L'essentiel

  • Chaque jeudi, « 20 Minutes » reçoit un athlète qui rêve de podium aux JO 2024 dans son émission Twitch LCTC. Cette semaine, il s’agit de Camille Lecointre et Jérémie Mion.
  • Les deux skippeurs font figure de favoris dans la catégorie des 470 après leur victoire sur le Test Event, à Marseille, en juillet dernier.
  • De leurs aventures respectives après les JO de Tokyo à la formation de leur duo, les deux champions du monde racontent leur parcours.

Ils sont l’une des grosses chances de médailles pour l’équipe de France aux JO de Paris. Même s’ils ne sont pas encore officiellement qualifiés, Camille Lecointre et Jérémie Mion, dans la catégorie des 470, devraient quand même avoir une bonne grosse pancarte de favoris dans leur dos, surtout après leur victoire lors du Test Event, en juillet dernier à Marseille, la grosse répétition avant les Jeux olympiques.

Médaillée de bronze à Rio et Tokyo, Camille Lecointre a fait une petite parenthèse maternité après les Jeux au Japon, pendant que Jérémie Mion découvrait la course au large. A peine leur duo formé, les deux skippeurs ont déjà eu de bons résultats. Et veulent confirmer leur montée en puissance lors des prochains Mondiaux.

Le 470 est devenu mixte pour ces JO à Paris. Comment s’est formé votre duo en vue de ces Jeux à domicile ?

Jérémie Mion : Ça arrive qu’après une olympiade, on change de coéquipier. C’est quelque chose qu’on avait déjà vécu avec Camille dans nos équipages respectifs. Du coup, c’est un petit peu une découverte, même si on se connaît très bien parce que ça fait quelques années qu’on évoluait en équipe de France l’un à côté de l’autre. On s’entraînait ensemble, les hommes et les femmes, toute l’année, mais on n’avait pas encore vécu de régate ensemble, de saison ensemble. On a appris à se connaître et tout se passe très bien.

Ces changements de binômes sont nécessaires pour éviter de tomber dans une routine ?

Camille Lecointre : Moi, c’est vrai que j’ai changé d’équipage à chaque olympiade. C’est l’occasion qui a fait le larron. Il y a des bons et des mauvais côtés à refaire chaque fois un équipage. Il faut apprendre à bien se connaître, ça prend du temps de bien se coordonner, donc plus on va passer de temps ensemble, plus il y aura de choses innées. La coordination à bord sera quasiment plus facile, on n’aura plus besoin de se parler pour se comprendre. Mais, en même temps, c’est comme dans un couple, il y a des routines qui sont parfois agaçantes et on finit parfois par tourner en rond et ne plus progresser parce qu’on se connaît trop. Les résultats peuvent alors stagner. Ce sont des projets prenants et passionnants, où on se doit d’être, les deux, à 100 %. Parfois, c’est difficile, avec le temps, donc c’est une bonne chose de renouveler l’équipage.

J.M. : C’est aussi un sport qui demande beaucoup d’organisation. On doit gérer le matériel, le transporter… Et tout ça, c’est nous qui l’organisons. Même quand on n’habite pas ensemble, on passe notre temps à s’appeler en disant qu’il faut penser à ci, ça… C’est très rare qu’on ait une déconnexion totale l’un de l’autre. La relation peut finir parfois par s’essouffler. Il y a très peu d’exemples de personnes qui ont navigué quinze ou vingt ans ensemble. Il y a un renouveau, et comme dans les couples, il y a une partie lune de miel. Et ça se vérifie souvent direct quand il y a un nouvel équipage.

En parlant lune de miel, à peine quatre mois après la création de votre duo, vous finissez troisième des championnats du monde ?

C.L. : Ma fille avait quatre mois quand je suis parti aux championnats du monde, la reprise a été rapide, même si on a repris à notre rythme. Mais quand on est arrivés aux Mondiaux, on n’avait pas autant de volume d’entraînements que les autres, donc il a fallu miser sur autre chose, comme la spontanéité. Et ça l’a bien fait. Après, plus on se rapproche des JO, plus le niveau augmente, donc il faut aussi qu’on augmente notre niveau de jeu.

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Votre niveau a d’ailleurs bien augmenté, puisque vous avez gagné le test event, en juillet dernier, à Marseille, la grande répétition avant les JO…

C.L. : On était déjà hypercontents d’être là, car il fallait avant tout décrocher la sélection pour ce test event, car il n’y avait qu’un représentant par pays. On s’est dit qu’il fallait vraiment qu’on apprenne de ce Test Event pour l’année d’après. Et ça a plutôt bien marché, même si on a mis du temps à se mettre en route. Mais dans le bateau, on sentait qu’il y avait plein de bonnes choses. C’était une super expérience, ça met des étoiles dans les yeux, ça permet d’y croire un peu plus pour cet été, même si on sait que ça ne veut rien dire. Mais, c’est toujours ça de pris.

Est-ce un vrai avantage d’être sur place ou vu que les conditions de mer changent un peu tous les jours, c’est un peu compliqué de se faire des plans avant le jour J ?

J.M. : Si, c’est vraiment un avantage, surtout en ce moment. L’été, tout le monde vient un peu s’entraîner ici, et on est tous logés à la même enseigne. Mais, en ce moment, nous, on y est, il fait particulièrement bon, et les conditions ressemblent vraiment à ce qu’on trouvera. Les directions de vagues sont toujours les mêmes. Après, on va être parmi ceux qui connaissent le mieux le plan d’eau. Le risque, c’est de mettre des œillères parce qu’on connaît le site. Il faut que le jour J on soit très observateurs et qu’on reste alerte sur ce qui va se passer. Le fait d’être à la maison, il y a aussi un changement au niveau sollicitations. Là, c’est quelque chose qu’on n’a moins l’habitude gérer.

Avant les JO, il y a les Mondiaux à Palma dans quelques semaines…

C.L. : Beaucoup de concurrents et de nations seront là pour décrocher une place aux Jeux. Pour nous aussi, on sera en phase de qualification, même si on a une petite avance sur nos concurrents français. Ça va vraiment être un dernier gros rendez-vous, même si le format ne sera pas le même qu’aux JO, donc il ne faudra pas prendre ça comme une répétition. Mais on a envie de faire une perf pour aussi marquer les esprits.

Camille, comme après les JO de Rio, vous avez eu un deuxième enfant dans la foulée des JO de Tokyo. Avez-vous eu des doutes à revenir ?

J’avais beaucoup moins de doutes sur cette olympiade-là, parce que je savais que Jérémie m’attendait au bout. Et j’avais déjà vécu l’expérience des Jeux de Tokyo avec un enfant, et j’ai vu que ça n’enlevait rien au fait d’être performante avec un enfant.

Jérémie, vous, après les Jeux de Tokyo, vous avez participé à une autre grande aventure, la Transat Jacques-Vabre en Classic 40…

Ça a été un grand saut pour moi. C’était aussi l’occasion de rebondir après les Jeux de Tokyo, pour éviter qu’il n’y ait un gouffre derrière. C’est quelque chose qu’on m’a proposé, et j’ai dit oui, alors que je n’avais jamais fait une nuit en mer. J’étais bien bien stressé, j’ai même eu peur à certains moments. Mais ça s’est très bien passé, c’était un défi perso, c’était aussi calé avec Camille, qui n’était pas dispo avec sa grossesse. Ça me permettait de ne pas tourner en rond et d’avoir un projet qui pourrait me servir pour la suite. Ça m’a surtout permis d’en apprendre plus sur moi-même, sur le dépassement de soi, le soleil, la gestion des émotions… Et ça s’est bien fini, car on a terminé troisième.