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Interview« Faire les Jeux avec ma sœur, ça serait incroyable », rêve Joël Ayayi

JO de Paris 2024 : « Faire les Jeux avec ma sœur, ça serait incroyable », rêve le basketteur Joël Ayayi

InterviewAprès plusieurs années aux Etats-Unis, et une finale NCAA à la clé, Joël Ayayi a fait son retour en France, à Nanterre
Joël Ayayi a signé pour une saison, plus une en option, à Nanterre.
Joël Ayayi a signé pour une saison, plus une en option, à Nanterre. - SOPA Images/SIPA / SIPA
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Chaque jeudi, « 20 Minutes » reçoit un athlète qui rêve de podium aux JO 2024 dans son émission Twitch LCTC. Cette semaine, il s’agit de Joël Ayayi.
  • Le basketteur français a signé cet été à Nanterre après avoir fini sa formation aux Etats-Unis et tenté sa chance en NBA.
  • Le Bordelais a connu sa première sélection cet été et rêve de participer aux JO.

Il a joué devant 70.000 personnes aux Etats-Unis et évolue désormais devant les 3.000 spectateurs de la salle Maurice-Thorez à Nanterre (Hauts-de-Seine). Mais Joël Ayayi ne s’en formalise pas, et préfère même louer l’engouement des fans des Verts, où il a signé cet été pour une saison (plus une en option). Après quatre ans à l’université de Gonzaga, avec qui il est allé en finale NCAA, et quelques expériences non concluantes en NBA (Lakers, Wizards ou Grizzlies), le Bordelais a fait son retour dans l’Hexagone, pour « gravir les échelons ».

A 23 ans, Joël Ayayi commence donc une nouvelle carrière à Nanterre, où il effectue un bon début de saison (7,7 pts, 4,1 rbd et 2,8 pd en vingt-deux minutes de temps de jeu en moyenne). Et celui qui a goûté, pour la première fois, au maillot tricolore, cet été avant les Mondiaux, a évoqué, dans « Les croisés tu connais » son rêve de disputer les Jeux olympiques à Paris.

Comment s’est fait ce retour en France et quels sont vos objectifs personnels avec Nanterre ?

Je savais qu’il y avait des offres, et je pense que c’était le moment pour moi de revenir, dans ma carrière et dans la construction de celle-ci. Ça faisait sens de rentrer en Europe, et puis j’ai la chance de revenir en France, à Paris en plus, dans une belle ville. Le but, c’est de gravir les échelons et passer un palier. Si c’est l’Eurocup, l’Euroligue ou les Etats-Unis, ça arrivera. L’objectif, c’est aussi de me réadapter au jeu européen et utiliser cette saison comme tremplin.

Vous avez joué récemment Monaco, qui postule au Final Four d’Euroligue. Comment voyez-vous le niveau du championnat de France ?

Je trouve que c’est un championnat très homogène, très athlétique. Evidemment, il y a le monstre Monaco, et il y a l’Asvel aussi, même s’ils ont été en difficulté lors de ce début de saison. Mais je pense que sur le long terme, avec leur effectif à rallonge, il n’y aura pas de soucis pour eux. Après, il y a des équipes en embuscade, comme Paris Basket ou Bourg, qui jouent en Eurocup, avec des effectifs chargés avec beaucoup de talent. Derrière, il y a dix équipes qui se battent pour les quatre dernières places en play-off, des équipes avec toutes un style différent. Le championnat est très dur, car c’est compliqué de gagner des matchs, et chaque semaine on est sous pression. A Nanterre, avec l’effectif qu’on a, l’objectif ce sont les play-off.

Est-ce dur de se réadapter au basket européen ?

Le style de jeu est différent, les espaces sont différents, ce qui est recherché dans le jeu est différent. Les « libertés » sont un peu moindres en Europe, car il y a plus de valeur à chaque possession. Chaque match compte, donc il n’y a pas vraiment le temps pour prendre un tir un peu pour soi. C’est juste une question de rigueur à laquelle j’ai dû m’adapter. Il a fallu aussi s’habituer au rythme des matchs, on joue beaucoup moins, mais on s’entraîne plus. Aux Etats-Unis, on s’entraîne très peu, car on joue tous les deux jours. Moi, je préfère le rythme américain, car je veux jouer des matchs. Même si, à des moments, t’as besoin de t’entraîner pour progresser, ici, pendant une semaine, t’as cinq entraînements, c’est long.

Avec du recul, vous gardez quoi de ces expériences à Los Angeles, Washington ou Memphis, ou vous n’avez pas réussi à vous imposer ?

Sur le coup, ça a été dur, car on a toujours envie de réussir, surtout après une carrière en université qui s’était bien passée. Après, je suis entré dans un monde très business, et ça a été dur à comprendre pour moi. Je pensais vraiment que c’était une question de si tu performes, tu restes sur le terrain… Pour moi, ça n’a pas été le cas, et j’ai mis un peu de temps à comprendre, c’est pour ça que j’ai eu quelques pépins au début. Mais, avec du recul, je n’en garde que du positif, j’ai mis le pied là où j’ai toujours voulu être quand j’étais petit. Que j’y retourne ou pas, ça restera une expérience gravée à tout jamais. Avoir réussi ça aussi jeune, ça me donne envie de continuer à travailler.

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Il est comment LeBron James, en vrai ?

C’est un travailleur. C’est un gars qui est à la salle tôt le matin, sa journée est planifiée avec tous ses business, mais c’est vraiment une machine. il voit le jeu d’une manière affolante. La façon dont il décrypte les situations sur le terrain est assez incroyable. T’as l’impression que toutes ses passes sont calculées, il sait ce que la défense va faire, il va voir des systèmes adverses. Son cerveau, c’est un peu un ordinateur. Moi, j’avais une bonne relation avec lui. Lui, comme Rondo ou Carmelo Anthony, ce sont des gars qui m’ont parlé, m’ont aidé. Au vu de leur carrière, ils avaient le « droit » de ne pas se soucier de nous, mais au final, ce sont des gens qui prennent le temps de venir vers nous, nous expliquer les choses. Ils ne sont pas là que parce qu’ils sont forts, dans l’humain, ce sont des gars cool.

Vous avez connu votre première sélection cet été, avant les Mondiaux de basket, ça vous a fait quoi ?

C’est assez fou. Au début de ta carrière, c’est plus un rêve, et puis, petit à petit, on se rapproche et on se dit qu’on doit mettre ça dans notre liste d’objectifs. Après, je n’étais pas sélectionné dans un groupe, j’étais au stage en tant que partenaire d’entraînement, mais j’ai su saisir l’opportunité [Evan Fournier avait été mis au repos]. J’en suis très r et je trouve que c’était vraiment gratifiant, et une super façon de finir l’été de fouler le parquet avec le maillot bleu.

Ça donne des idées pour la suite… et notamment en vue des JO ?

Une fois que tu mets le pied à un niveau aussi grand, que tu touches ton rêve, ça te donne plus envie d’y retourner et d’y rester sur le long terme. Evidemment les JO, c’est dans un coin de ma tête, je me dois de penser comme ça. Les JO en France, c’est même pas une fois dans la vie de tous les athlètes. Avoir cette opportunité, à 24 ans, je jouer pour son pays à Paris lors des JO, on se doit de l’avoir dans un coin de sa tête. Après, arrivera ce qui arrivera.

Votre sœur, Valériane, devrait aussi disputer les Jeux. Vous imaginez-vous ensemble aux Jeux de Paris ?

C’est dans un coin de ma tête. Ça serait incroyable de jouer à domicile ensemble. Pour la famille, pour les parents, ça serait assez ouf. On espère que ça arrivera, mais elle a quand même une longueur d’avance

Comment avez-vous vécu l’échec des Bleus aux Mondiaux ?

Moi, je n’ai pas vu le truc arriver. Tu repenses à tout ce qui s’est passé et tu te demandes où ça a cloché. Le forfait de Frank [Ntilikina] a handicapé le groupe. Vincent [Collet] avait créé un groupe très complémentaire. Et quand il y a une blessure comme ça, avec Frank qui peut jouer à plusieurs positions… Je pense que c’était une pièce maîtresse de son groupe. Ça a été un coup dur. Avec un groupe d’une telle qualité, c’est normal qu’on soit déçu du résultat.

Avez-vous compris que Vincent Collet soit un peu questionné ?

Oui et non. Oui, parce que tout le monde n’est pas fan de Vincent Collet ou de Boris Diaw. Evidemment qu’il y a des gens qui allaient vouloir un peu lever la voix. Mais, non, sur le long terme, Vincent Collet a prouvé que c’était un entraîneur de qualité. Si on pense plus à ce petit accroc qu’aux résultats précédents, ça serait être un peu hypocrite et même malsain. Avec les JO en vue, changer maintenant, ça n’aurait pas été bien. Et puis, je pense qu’il a la confiance des joueurs et de son staff.

Les Etats-Unis ont prévu de débarquer à Paris avec la grosse équipe. Est-ce que la médaille d’or est possible pour la France ?

Moi, je pense qu’il y a des chances. Oui, ils ramènent la grosse équipe, mais, en 2012, ils l’avaient aussi et l’Espagne les avait joués les yeux dans les yeux. Aujourd’hui, en plus, on n’a plus peur des Etats-Unis. Il y avait ce facteur à l’époque qui influençait beaucoup et, quand tu prenais un run, un 8-0, tu baissais les bras. Maintenant, il n’y a plus ça, et on a des joueurs qui sont en NBA qui sont meilleurs que ceux que les Etats-Unis ramènent. Et puis ça reste un basket Fiba, un basket différent. Et rester dans la continuité de ce qu’on a fait, avec les coachs et le staff, ça fait sens, alors que les Etats-Unis ils ont un mois pour être ensemble, ils n’ont pas cette alchimie, surtout sur du basket Fiba.


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