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Les sept commandements de l’équipe de France de basket en vue des JO

Basket : Collet reboosté, Heurtel espéré, Embiid oublié… Les sept commandements des Bleus en vue des JO de Paris

BasketAprès l’élimination précoce au Mondial, il y a un mois, la Fédération française de basket, avec Vincent Collet et Boris Diaw, a débriefé cet échec et analysé les améliorations à fournir en vue des JO
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • La Fédération française de basket organisait ce mardi une grande conférence de presse pour débriefer, notamment, le dernier Mondial, où les Bleus avaient été éliminés dès le premier tour.
  • Vincent Collet, le sélectionneur, qui a été reconduit à la tête de l’équipe de France, et Boris Diaw, le manageur, ont expliqué les raisons qui ont mené à cet échec.
  • En vue des JO de Paris, plusieurs pistes d’améliorations ont été développées.

On se serait presque cru dans un cabinet de psychologue. Mais, au lieu du canapé rouge, une grande table ovale, au siège de la Fédération française de basket, à Paris (13e), où Jean-Pierre Siutat, le président de la FFBB, Boris Diaw, le manageur de l’équipe de France, et Vincent Collet, le sélectionneur, ont évoqué, durant plus d’une heure, les causes de leurs tourments : le dernier Mondial, qui s’est soldé par une piètre élimination dès le premier tour, alors que l’ambition était d’aller chercher une médaille.

Alors, le triumvirat du basket français, depuis l’élimination mi-septembre, a enchaîné les réunions pour débriefer, « sans faire de concessions », ni « mettre la poussière sous le tapis », dixit le boss de la FFBB. Si, un temps, le siège de Vincent Collet a semblé éjectable, celui qui est à la tête des Bleus a été confirmé à son poste ce mardi, et mènera bien l’équipe de France pendant les Jeux olympiques de Paris. Avec un objectif : une médaille.

> Du fiasco mondial, tu apprendras

Avant même de repartir des Philippines les bras ballants à la fin du premier tour, toute la team France a eu droit à un entretien personnalisé avec Boris Diaw, pour tenter de mettre des mots sur cette déroute. Si la préparation, courte et pas assez travaillée, et le niveau des joueurs ont été évoqués, le plus grand problème, selon l’ancien joueur des Phoenix Suns reste la communication : « Elle n’a pas été optimale. En amont de la campagne, Vincent Collet a un travail de communication toute l’année avec les joueurs, on n’a pas assez anticipé ce que pouvaient proposer nos adversaires et le communiquer aux joueurs. »

Boris Diaw, Vincent Collet et Jean-Pierre-Siutat.
Boris Diaw, Vincent Collet et Jean-Pierre-Siutat. - A. Huot / 20 Minutes

Boris Diaw en a profité pour s’autoflageller, mettant en avant des problèmes dans le groupe France : « Pendant la campagne, je n’ai sûrement pas assez fait passer les messages, l’humilité avant tout, je n’ai pas assez replacé le contexte, je dois être aussi plus intransigeant, plus ferme dans le respect des règles journalières et de vie de groupe. On va remettre en place des réunions individuelles avec les joueurs, avec Vincent, pour garder ce canal de communication ouvert. »

> La cohésion d’équipe, tu travailleras

La déroute face au Canada (95-65), après une deuxième période sans combattre, est restée dans la tête de Vincent Collet, qui a très mal vécu le fait que ses hommes ne se battent pas en équipe : « Le cœur de l’analyse de cette Coupe du monde, c’est le niveau de cohésion par rapport aux autres compétitions. C’est le constat d’échec le plus douloureux. Il faut se servir d’un cadre plus strict, plus ferme, et retrouver ces valeurs de cohésion, d’être une vraie équipe, et pas une association de bons joueurs, »

Alors, comment retrouver cet état d’esprit qui avait permis, notamment, de ramener une belle médaille d’argent des JO de Tokyo, en 2021 ? « C’est un travail qui va nécessiter toute l’année. Et il va falloir s’y employer rapidement. Il faut que chacun comprenne que rien ne sera pas possible si, en premier lieu, on ne refait pas une équipe. Maintenant, c’est rendez-vous aux Jeux. »

> staff, tu recomposeras

Si certains ont pu croire le poste de Vincent Collet menacé, il n’en a rien été. Confirmé, l’ancien coach de Boulogne-Levallois commencera sa quatorzième saison à la tête des Bleus. Mais, cette fois, il sera exclusivement dédié à l’équipe de France, comme avant les JO de Tokyo, en 2021 (tiens, tiens) : « Ça change beaucoup de choses, j’ai plus de temps de disponible à l’analyse. Il y aura des voyages [pour voir les joueurs], bientôt du côté de l’Italie. Ça fait partie du travail de cohésion, de coacher en amont. »

Finalement, seul Laurent Foirest, actuel coach de Boulogne-Levallois, n’a pas été conservé dans le staff. « Ce n’est pas une question de qualité, mais simplement la complémentarité du profil, a expliqué Diaw. On cherche un profil avec une approche différente, avec expérience différente. » Le choix n’a pas été arrêté, les recherches continuent.

> De Heurtel, le retour, tu attendras

Son nom a été dans toutes les bouches au moment où Nicolas Batum, au micro de beIN Sports évoquait le crash des Bleus : « Qu’on se prive de certains joueurs, qu’on perde des joueurs à cause de certaines conditions… » Parti jouer à Saint-Pétersbourg, après que la Russie a envahi l’Ukraine, le meneur français est devenu non sélectionnable. Ce qui pourrait changer dans les prochaines semaines.

« S’il n’y a pas d’évolution du dossier, ils [les joueurs évoluant en Russie] ne sont pas sélectionnables, a indiqué Jean-Pierre Siutat. On y travaille sur un plan politique. On verra ce qui peut être fait. J’ai eu mon entretien avec la ministre sur ce sujet. La réflexion reste ouverte. On regarde comment les choses évoluent côté CIO, gouvernement, CNOSF. » Un retour qui satisferait grandement Vincent Collet : « Thomas, c’était mon meneur titulaire, on va suivre la situation en espérant qu’elle s’arrange. »

> Embiid, vite, tu oublieras

On y a tous cru : l’association Rudy Gobert-Joël Embiid dans la raquette lors des JO de Paris allait massacrer tout sur son passage, y compris l’équipe américaine venue avec ses meilleurs joueurs. Las, ça ne sera pas le cas. L’intérieur camerounais a finalement choisi d’évoluer avec le Team USA après avoir fait des pieds et des mains pour chanter La Marseillaise lors du match d’ouverture des Jeux.

« Joel, on n’est jamais allé le chercher, affirme Jean-Pierre Siutat. A sa demande, on a fait les démarches pour qu’il ait nationalité française. On est déçus d’avoir passé autant de temps et d’énergie sur un dossier qu’on n’a pas entrepris. Mais le sujet est derrière nous, on passe à autre chose. » Pas si rapidement pour Vincent Collet, qui avait déjà imaginé un tandem Embiid-Wembanyama dans la raquette. Ça restera dans les rêves.

> De Wembanyama, tu espéreras

La saison NBA n’a pas encore commencé qu’il est déjà assuré d’avoir un rôle central dans l’équipe de France lors des Jeux olympiques. Le sujet Victor Wembanyama est arrivé tardivement en conférence de presse, mais on a vu les yeux de Vincent Collet s’illuminer au moment d’évoquer son ancien protégé aux Metropolitans 92 :

« Il sera une pièce maîtresse de l’édifice. Il peut jouer avec tous les intérieurs qui sont déjà en équipe de France. C’est vraiment une plus value évidente, un atout supplémentaire, des deux côtés du terrain, et notamment en défense, car là où on doit d’abord retrouver notre identité, c’est défensivement. De par son gabarit, ses mensurations, son intelligence, il est capable d’amener énormément. »

> Du village olympique, tu fuiras

La Fédération française de basket a laissé le choix aux joueurs pour les JO, dont le prochain tour se disputera à Lille, avant de revenir à Paris pour la phase finale (si les Bleus y participent, jurisprudence Mondial). Au contraire des Bleues, l’équipe de France masculine sera à l’extérieur du village olympique. « On a un staff important dans beaucoup de domaines, être au village olympique nous empêche de travailler avec toutes ces personnes, car l’accès y est très réglementé, développe Boris Diaw. Être au village avec la moitié du staff, bloquant. Et on aura la liberté de travailler aux horaires qui nous conviennent. C’est beaucoup plus confortable pour nous. » Les Bleus seront donc hébergés dans un hôtel à Lille, avant de s’installer à l’Insep.