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HORS TERRAINRoland-Garros et JO 2024, le breaking veut « surfer sur la grosse vague »

JO de Paris 2024 : Le breaking veut « surfer sur la grosse vague » en France dès le Red Bull BC One à Roland-Garros

HORS TERRAINAvant d’apparaître pour la première fois aux Jeux olympiques l’an prochain, la discipline prend rendez-vous samedi (18 heures) à Paris avec la finale du Red Bull BC One, sur le Central de Roland-Garros, devant 8.000 spectateurs attendus
Le Vénézuélien B-Boy Salo, ici mercredi lors du « Crashfest » du Red Bull BC One Camp, au centre culturel Centquatre à Paris.
Le Vénézuélien B-Boy Salo, ici mercredi lors du « Crashfest » du Red Bull BC One Camp, au centre culturel Centquatre à Paris. - Dean Treml / Red Bull Content Pool / Dean Treml / Red Bull Content Pool
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Un jeudi sur deux, dans sa rubrique « Hors terrain », 20 Minutes explore de nouveaux espaces d’expression du sport, inattendus, insolites, astucieux ou en plein essor.
  • Cette semaine, nous nous intéressons au breaking, dont la finale mondiale du prestigieux Red Bull BC One se déroulera samedi (18 heures) dans l’inattendu cadre de Roland-Garros, devant 8.000 spectateurs.
  • A dix mois d’une première apparition aux Jeux olympiques de Paris, la dynamique de la discipline est incroyable, même si celle-ci regrette de ne pas pouvoir enchaîner aux JO de Los Angeles 2028.

Quarante ans après, Yannick Noah aura-t-il enfin un successeur tricolore triomphant sur le Central de Roland-Garros ? Ça ne vous aura pas échappé, au printemps dernier, aucun Français n’a pourtant fait mieux qu’Arthur Rinderknech (élimination dès le deuxième tour). Raquette à la main, entendons-nous. Car samedi (18 heures), sur un court Philippe-Chatrier blindé, avec 8.000 spectateurs attendus, la finale mondiale du Red Bull BC One pourrait permettre au Guyanais Dany Dann, champion d’Europe et déjà qualifié pour les JO de Paris 2024, tout comme peut-être Khalil et Kimie, de briller en breaking à Roland-Garros.

La plus prestigieuse compétition planétaire de breaking en un contre un est en effet de retour à Paris (après 2008 et 2014), pour une 20e édition organisée dans un lieu pour le moins iconique. Les trente-deux meilleurs B-Boys et B-Girls seront donc de la partie sur la célèbre terre battue samedi, après trois jours de battles, workshops et masterclass enchaînés au Centquatre à Paris, dans le cadre du Red Bull BC One Camp. Finalement, ce rendez-vous dans un tel cadre est aussi inattendu pour le breaking que son apparition aux Jeux olympiques de Paris 2024.

Déjà plus de breaking à Los Angeles en 2028

« C’est clair que dans les deux cas, j’ai trouvé cela surprenant, confirme Kimie (17 ans), qui va tenter de se qualifier ce jeudi (18 heures au Centquatre) pour la grande finale à Roland-Garros. En même temps, j’ai pu participer à la finale du Red Bull BC One l’an passé et elle avait lieu au Hammerstein Ballroom, une salle de spectacle mythique de New York. » Quart de finaliste à Manhattan en 2022, l’adolescente de la région nîmoise, passionnée de breaking depuis l’âge de 9 ans grâce à son grand frère, est consciente de pouvoir ambitionner un enchaînement de folie, clairement inédit dans l’histoire de la discipline.

Kimie espère se qualifier pour la grande finale du Red Bull BC One, qui se disputera samedi sur le court central de Roland-Garros.
Kimie espère se qualifier pour la grande finale du Red Bull BC One, qui se disputera samedi sur le court central de Roland-Garros. - Ghosto / Red Bull Content Pool

« On vient malheureusement d’apprendre que le breaking ne sera pas reconduit aux JO de Los Angeles 2028, indique Kimie. Ça donne envie de se donner deux fois plus lors des prochaines qualifications pour Paris 2024 qui auront lieu en janvier. Je suis consciente qu’il y a une opportunité incroyable à saisir. C’est un peu maintenant ou jamais car on ne sait pas si on aura une autre chance d’être aux JO un jour. On voit bien que beaucoup de danseurs ne sont motivés que par cette échéance de Paris 2024. » Ce n’est pas le cas de cette lycéenne française, qui s’entraîne cinq heures par jour dans son garage, en parallèle des cours suivis à distance et de rassemblements réguliers au nouveau pôle France de breaking à l’Insep. Car Kimie voit toujours le Red Bull BC One comme « LA compétition de battle la plus prestigieuse au monde ».

« On était tous perplexes il y a vingt ans face à Red Bull »

C’est aussi le sentiment du Lyonnais Lilou (39 ans), sacré champion du monde de la discipline en solo en 2005 et en 2009. « Le Saint-Graal du breaking reste depuis vingt ans le Red Bull BC One, assure l’ancien membre, et cofondateur, du Pockemon Crew. La production de ces événements est grandiose, et voir l’édition 2023 débarquer à Roland-Garros, c’est un truc de fou. En même temps, c’est encore plus fou d’être aux Jeux olympiques. Ça va nous offrir une telle visibilité qu’il faut à présent surfer sur cette grosse vague. » Ce nouveau (fragile) statut de discipline olympique ne s’accompagne-t-il pas pour autant de doutes de la part des puristes de cette culture hip-hop ? « Certains danseurs considèrent que ça dénature un peu la discipline, vu que les formats de battle ne seront pas tout à fait les mêmes aux JO, confie à ce propos Kimie. Tout le monde ne s’adapte pas à ces formats olympiques. »

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Désormais président de l’association de cultures urbaines Street Off, Lilou dresse un parallèle avec un précédent tournant du breaking, il y a vingt ans, à l’arrivée de Red Bull. « Les discussions et la méfiance qu’on peut avoir aujourd’hui dans le breaking vis-à-vis des JO, on avait les mêmes alors en voyant débouler un géant du marketing dans notre passion. On était tous perplexes et au final, on a eu droit à des bêtes d’événements grâce à Red Bull, toujours accessibles au plus grand nombre [les places coûtaient entre 10 et 80 euros pour la finale à Roland-Garros]. Comme quoi, il faut laisser sa chance au produit. Personnellement, j’aurais aimé pouvoir ajouter une médaille olympique dans mon armoire à trophées. » Une telle médaille en breaking pourrait bien être collector, si on en croit la nouvelle appétence des JO pour le cricket, le flag football et la crosse.

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