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Comment le hockey français favorise une étonnante mixité au haut niveau

JO d’hiver 2026 : Sophie Leclerc et Anaé Simon, symboles d’une mixité plus subie que voulue par le hockey français

Reportage vidéoLes deux joueuses de l’équipe de France de hockey sur glace, qui affrontent le Japon, ce vendredi (12h10) pour leur deuxième match des JO d’hiver 2026 de Milan-Cortina, évoluent toute l’année au sein du groupe U20 masculin de Lyon
JO de hockey féminin 2026 : On a rencontré 2 joueuses de l'équipe de France
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Nettement battue jeudi par l’Italie (1-4) pour son entrée en lice dans la compétition, l’équipe de France féminine de hockey sur glace dispute contre le Japon, ce vendredi (12h10) à Milan, le deuxième match de son histoire aux Jeux olympiques.
  • Quatre joueuses de la sélection tricolore présentent la particularité d’évoluer en club avec des hommes, faute d’un championnat féminin suffisamment développé en France.
  • 20 Minutes a ainsi filmé un entraînement de Sophie Leclerc (28 ans) et d’Anaé Simon (23 ans), respectivement médecin et en poste dans les ressources humaines à Lyon. Tout en participant au championnat national U20 masculin avec le Lyon Hockey Club. Elles apprécient toutes les deux cette étonnante mixité à un tel niveau de compétition.

De notre envoyé spécial à Milan-Cortina,

Si vous faites partie des parents surpris en découvrant que votre héritier basketteur évolue avec des filles dans son équipe U9 départementale, ce reportage vidéo de 20 Minutes est fait pour vous. On vous expliquait jeudi que l’équipe de France féminine de hockey sur glace, nettement battue (1-4) par l’Italie pour le premier match de son histoire aux Jeux olympiques, ne comptait dans son effectif que trois joueuses (sur 23) vivant réellement de leur passion.

Et bien figurez-vous que quatre hockeyeuses tricolores participant aux JO d’hiver 2026 de Milan-Cortina évoluent durant la saison… dans un championnat masculin ! La gardienne de but Margaux Mameri (28 ans) est ainsi la seule femme de l’équipe réserve de Meudon en D3 (4e division), tandis qu’une autre gardienne des Bleues, Violette Pianel-Couriaut, participe au championnat de France U20 avec Villard-de-Lans.

Coéquipières en équipes de France sur ces JO d'hiver 2026 à Milan-Cortina, Sophie Leclerc et Anaé Simon le sont aussi au sein de l'atypique équipe U20 masculine du Lyon Hockey Club.
Coéquipières en équipes de France sur ces JO d'hiver 2026 à Milan-Cortina, Sophie Leclerc et Anaé Simon le sont aussi au sein de l'atypique équipe U20 masculine du Lyon Hockey Club. - J.Laugier/20 Minutes

Le staff tricolore oriente les joueuses vers l’étranger

Le 27 novembre, 20 Minutes a suivi lors d’un de leurs entraînements avec le Lyon Hockey Club Sophie Leclerc et Anaé Simon, les deux seules joueuses de champ de l’équipe de France qui se frottent au quotidien aux hommes sur la glace. « Il existe un championnat de France féminin mais avec un nombre de matchs limité, qui n’est pas suffisant pour une athlète de haut niveau, souligne le sélectionneur Grégory Tarlé. Sophie et Anaé y participent aussi, mais ça ne suffit pas pour leurs objectifs d’équipe nationale. »

C’est pourquoi le staff des Bleues « oriente » habituellement les meilleures joueuses vers les principaux championnats étrangers (Suisse, Allemagne, Finlande, Suède…). « Pour leur bien-être personnel et professionnel, Sophie et Anaé souhaitent rester en France, poursuit Grégory Tarlé. Et en France, cette possibilité de mixité dans le championnat national U20 masculin est la meilleure solution pour elles. »

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« Pas de passe-droit », assure leur coach à Lyon

C’est ainsi que Sophie Leclerc, médecin de 28 ans, et Anaé Simon (23 ans), en poste dans les ressources humaines, se retrouvent, sans limite d’âge, dans une compétition composée de l’élite française des joueurs de moins de 20 ans. « Elles n’ont pas de passe-droit et je ne veux pas les coacher différemment, confie Damien Raux, entraîneur de cette atypique équipe U20 du LHC. Selon les rotations des matchs, elles se retrouvent ensemble sur la glace, et ça ne se voit pas du tout. Je n’ai vraiment aucune appréhension à aligner deux filles. »

Il y a tout de même une différence de taille : les contacts sont interdits dans toutes les compétitions féminines de hockey sur glace, hormis le championnat suisse depuis cette saison. Au contraire d’un championnat U20 masculin à la dimension physique déjà bien prononcée. « Je me dis souvent que je vais ramasser fort, sourit Sophie Leclerc. Mais je sais qu’il faut quand même que j’y aille, que je joue mon jeu. Je dois accepter de parfois prendre des coups. »

Anaé Simon et Sophie Leclerc (avec les maillots bleus), sont désormais habituées à évoluer au milieu d'un effectif masculin.
Anaé Simon et Sophie Leclerc (avec les maillots bleus), sont désormais habituées à évoluer au milieu d'un effectif masculin. - J.Laugier/20 Minutes

Une mixité possible dans d’autres sports co ?

Ça n’est a contrario pas le cas dans ce tournoi olympique, qui verra les Bleues tenter de se reprendre contre le Japon, ce vendredi (12h10) à Milan. Suivront des matchs face à la Suède et l’Allemagne, avec l’ambition d’un quart de finale à la clé, avant que Sophie Leclerc et Anaé Simon ne retrouvent leurs coéquipiers du LHC. En étant convaincues des bienfaits de la mixité sur leur progression dans le hockey de haut niveau.

« Evoluer depuis longtemps avec des garçons m’a clairement permis d’atteindre mon niveau sportif actuel, apprécie Sophie Leclerc, nommée capitaine de l’effectif masculin lyonnais dès la saison passée. Et au-delà de ça, je suis persuadée que nous pouvons nous apporter beaucoup sur la cohésion et la dynamique d’équipe. Cette mixité peut être bénéfique à tous. »

Notre dossier sur les JO d'hiver 2030

Anaé Simon pousse la réflexion un peu plus loin : « Je trouve ça chouette, et si les conditions le permettent, pourquoi ne pas prolonger cette mixité dans d’autres sports, jusqu’à de hautes catégories ? ». Enfin dans la lumière sur ces Jeux olympiques, le hockey sur glace français pourrait donc inspirer d’autres sports collectifs.