Didier Dinart évoque des propos « douteux », « inexcusables » et « indéfendables » de Claude Onesta

HANDBALL L’ancien sélectionneur des Bleus revient sur l’épisode de la dédicace de son prédécesseur

N.C. avec AFP

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Didier Dinart et Claude Onesta sur le banc de l'équipe de France de handball lors des JO, le 9 août 2016.
Didier Dinart et Claude Onesta sur le banc de l'équipe de France de handball lors des JO, le 9 août 2016. — FRANCK FIFE / AFP

L’ancien sélectionneur de l’équipe de France de hand Didier Dinart a reproché dans un entretien accordé au Parisien mercredi, les propos « douteux », « inexcusables » et « indéfendables » de Claude Onesta, son prédécesseur à la tête des Bleus, après une dédicace qui fait polémique.

« Il appartient à chacun de se faire une opinion, mais je trouve ses propos douteux… Ces mots sont inexcusables et indéfendables d’autant plus qu’il les assume publiquement », a estimé Didier Dinart lors d’un entretien réalisé par écrit et sous le contrôle d’un avocat, précise Le Parisien.

Pas d’action en justice

La dédicace remonte à quelques années, en 2014, lors de la sortie du livre de Claude Onesta, Le règne des affranchis. A cette époque, Didier Dinart, devenu par la suite sélectionneur, était alors l’adjoint de Claude Onesta, et a reçu le livre avec ces mots : « A Didier, l’esclave qui a le plus profité de sa libération… en espérant qu’il ne remette pas les chaînes à ses joueurs… Amitiés Claude ».

Pour Dinart, il s’agit d’une « injure à caractère racial », mais pour lui toute action en justice « est prescrite ». « En revanche, aujourd’hui, je me place sur un terrain moral », a ajouté Dinart, qui refuse l’idée d’un règlement de compte. « C’est bien trop facile de voir ça ainsi », dit-il.

« Nous avons tous vu, entendu, vécu des choses racistes dans le sport ou la société. C’est l’ensemble de la société qui doit combattre ce fléau. La diversité et la mixité sont la richesse, la force et l’ADN du sport et de la société française », a conclu l’ancien patron de la défense des Bleus, double champion olympique en 2008 et 2012.

Maracineanu en arbitre ?

« Cette dédicace est complètement dans la sphère privée. C’est un lien que je n’ai qu’avec lui à ce moment-là et qui bien évidemment ne fait pas référence à du racisme », avait expliqué à l'AFP Claude Onesta, au moment où la dédicace était sorti dans la presse espagnole il y a huit jours.

La ministre déléguée aux Sports Roxana Maracineanu avait indiqué vouloir s’entretenir avec les deux hommes, alors qu’Onesta occupe le poste de manager de la haute performance au sein de l’Agence nationale du sport (ANS).