JO 2016: Claude Onesta? Non, le vrai coach des Experts c’est déjà Didier Dinart

HANDBALL La transmission officielle se fera après les Mondiaux en France, en janvier. Mais dans les faits, c’est déjà Dinart le patron…

B.V.

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Didier Dinart (à gauche) et Claude Onesta, à Rio
Didier Dinart (à gauche) et Claude Onesta, à Rio — FRANCK FIFE / afp

De notre envoyé spécial à Rio,

Sur le banc, c’est lui qui est debout. Virevoltant, véhément, vociférant, Didier Dinart fait passer ses consignes. Derrière, assis sur sa chaise, Claude Onesta regarde et analyse en silence. Des deux, on ne sait plus trop qui est vraiment le sélectionneur de l’équipe de France de handball et qui est son adjoint. Ce n’est pas tout à fait un hasard : après quinze ans à la tête des Bleus et un buffet à volonté de titres, Onesta va s’en aller. Peut-être après la finale des Jeux olympiques face au Danemark, dimanche (19h), mais plus certainement à la suite des Mondiaux de janvier 2017 organisés en France.

Et évidemment, c’est son ancien joueur qui le remplacera. « Ce n’est pas le prochain, il est déjà là, coupe l’ancien ailier des Bleus et consultant Canal+ Grégory Anquetil. Claude a dit que Dinart avait déjà les clés et qu’il était là pour faire la transition. Il a dit: l’entraîneur de l’équipe de France, c’est Didier Dinart. Moi, je suis là pour donner deux ou trois conseils mais 90 % de ce qu’il se passe, c’est pour Didier. Ça fait bien longtemps qu’il a donné le pouvoir ».

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Concrètement, c’est par exemple Dinart qui a dicté la fin de la demie face à l’Allemagne en posant un temps mort puis en décidant que le tir décisif reviendrait à Daniel Narcisse. C’est aussi lui qui scrute tout au long de l’année l’état de forme des joueurs, permettant au sélectionneur (actuel) de se libérer du temps pour aider à l’organisation du Mondial. Tout juste Onesta s’occupe-t-il des obligations médiatiques et d’envoyer une ou deux punchlines par-ci par-là.

Et comme d’habitude avec cette équipe, tout roule pépère. L’ancien capitaine Jérôme Fernandez résume :

« On a un groupe sain avec une ossature d’anciens sérieuse et respectée et du talent chez des déjà titrés, analyse l’ancien capitaine Jérôme Fernandez. Ça a été très bien transmis chez les joueurs, les choses se mettent en place au niveau du staff, il n’y a pas de raison de changer quoique ce soit. La fédé doit faire confiance à Didier jusqu’à Tokyo en 2020 puis faire le point après. »

Déjà lors du dernier Euro, Claude Onesta avait volontairement laissé son groupe et Dinart se débrouiller seuls. La transmission se poursuit à Rio. Il n’y a qu’à faire une zone mixte après une rencontre et entendre les « Didier nous a dit que », « Didier a décidé que », « on a écouté les consignes de Didier » pour comprendre que les joueurs ont déjà adopté les méthodes de leur ancien coéquipier, qui était encore avec eux jusqu’en 2013. Même si elles diffèrent parfois de celles d’Onesta.

Didier Dinart au milieu de ses joueurs
Didier Dinart au milieu de ses joueurs - SIPA

« C’est tellement plus simple et plus habituel de partir et de critiquer »

« Ca ne vous aura pas échappé que je suis dans une phase de transmission et il faut que j’accepte que, par moments, ce qui arrive derrière ne ressemble pas forcément trait pour trait à ce que moi j’avais mis en œuvre, explique-t-il. Quand parfois vous devez vous taire parce que ça ne vous correspond pas mais que vous vous rendez compte que les nouveaux ajustements sont bien vécus par les joueurs, c’est l’essentiel. Donc je suis un peu dans l’inconfort, mais c’est l’inconfort de ceux qui ont accepté d’accompagner les suivants. C’est tellement plus simple et plus habituel de partir et de critiquer. »

Grég Anquetil apprécie la démarche. « Claude a fait son temps, son travail. Il passe son témoin et mais là il faut le féliciter c’est non seulement de la manière dont il le passe mais à qui il le passe. Didier relève le défi à la perfection. » Même si, en cas de titre olympique dimanche, ce ne sera pas son nom à côté de la ligne sélectionneur. C’est pour bientôt, Didier, c’est pour bientôt.