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Sans vrai buteur, ça risque d’être compliqué pour le PSG d’aller loin en C1

PSG - Gérone : « C’était frustrant »… Sans vrai buteur, ça va être compliqué d’aller loin en Ligue des champions

FootballLe PSG s’est imposé face à Gérone, mercredi, lors de son entrée en lice en Ligue des champions, mais n’a pas été du tout réaliste
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • En toute fin de match, le Paris Saint-Germain a réussi à battre Gérone, pour son premier match de Ligue des champions (1-0) au Parc des Princes.
  • Les Parisiens ont été très maladroits face au but gardé par Gazzaniga, qui a d’ailleurs offert la victoire au PSG à cause d’une énorme bourde.
  • Après la rencontre, Luis Enrique ne se montrait pas inquiet du manque de réalisme de ses hommes.

Au Parc des Princes,

Tous les amateurs de « Football Manager », FM pour les intimes, le savent et la redoute : une feuille de stats avec 26 tirs en votre faveur, pour seulement 3 pour l’adversaire, signifie souvent que vous allez perdre 1-0 sur un but venu d’ailleurs ou une bourde de l’un de vos joueurs. Et, dans les tribunes du Parc des Princes, mercredi soir, certains supporters ont dû avoir quelques suées au fur et à mesure que les occasions parisiennes finissaient partout sauf entre les trois poteaux.

Et puis, miracle, à la 90e, sur un débordement dont il a le secret, après un match à faire l’essuie-glace sur son côté gauche, Nuno Mendes a centré, Paulo Gazzaniga, le gardien de Gérone, s’est transformé en Luis Arconada, et un petit « 1 » est venu chasser le « 0 » sur le tableau d’affichage, au grand dam des Catalans, qui disputaient le premier match de Ligue des champions de leur histoire.

« C’est le football »

1-0 donc pour le PSG, un scénario à la FM évité, mais des questions qui demeurent. Comment Paris a fait pour se retrouver dans cette situation critique, à attendre que les gants d’un gardien argentin, qui prenait jusque-là un malin plaisir à se faire siffler pour gagner du temps, se transforment en peau de pêche. Car, avec 26 tirs, les hommes de Luis Enrique ont eu d’énormes opportunités pour se faciliter la vie.

« J’ai beaucoup souffert pendant ce match, plus que pendant un accouchement, même si je n’étais pas le protagoniste, a d’ailleurs commenté l’entraîneur espagnol. On a eu deux trois énormes occasions, mais on n’a pas marqué. On n’a pas été réalistes, mais bon, c’est le football. » Les « deux trois énormes » occasions en question :

  • Le boulevard d’Ousmane Dembélé (54e) : Lancé depuis la ligne médiane, alors que la défense catalane était hors de position, Dembouz tergiverse, va faire un tour au Franprix du coin, revient, repart payer le parking. Evidemment, ça laisse le temps au défenseur de revenir.
  • La mine d’Ousmane Dembélé (62e) : Beaucoup plus alerte et rapide dans l’enchaînement, l’ancien Rennais adresse une frappe puissante que Gazzaniga parvient à détourner sur sa barre transversale.
  • Le duel d’Achraf Hakimi (85e) : Le latéral droit marocain hérite d’un ballon seul dans les six mètres de Gérone. Cette fois, c’est sûr, Paris va marquer. Eh bien non, Hakimi frappe à bout portant sur Gazzaniga.

Rajoutez à la note déjà très salée les quelques occasions de Randal Kolo Muani, entré en jeu peu avant la mi-temps, après la blessure de Marco Asensio, et vous avez l’étalage de toute la maladresse des Parisiens sur ce match. « C’était un peu frustrant que le ballon ne rentre pas, on a beaucoup essayé, notamment en deuxième période, analysait Achraf Hakimi en zone mixte. On est restés patients. »

« Injuste de voir des problèmes là où je n’en vois pas »

Patience est mère de vertu, mais on s’est quand même dit qu’avec un vrai n°9, Luis Enrique n’aurait pas « souffert » aussi longtemps, d’autant que la première période, bien moins prolixe en occasions (20 tirs après les citrons), a montré le manque criant d’un tel joueur. Surtout lorsque plusieurs centres arrivaient dans les six mètres catalans et qu’aucun joueur n’ait le fameux instinct du buteur pour venir couper la trajectoire de la balle. Marco Asensio, aligné en une sorte de faux n°9, attendait le ballon plus bas, pendant que Bradley Barcola et Ousmane Dembelé tentaient de faire des différences sur les côtés.

Depuis le départ de Kylian Mbappé (environ 35 buts par saison), les deux internationaux français ont récupéré le flambeau, mais ils ne peuvent combler, notamment statistiquement, l’absence d’un vrai attaquant. En championnat de France, ça passe (Luis Enrique a d’ailleurs rappelé qu’ils avaient marqué « six buts contre Montpellier » et étaient « à quatre buts de moyenne par match), en Ligue des champions, cela peut venir assombrir le futur du club de la capitale dans la compétition, notamment dans les matchs à élimination directe.

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« Aujourd’hui on est à plus de vingt tirs contre un adversaire qui défendait très bien, défendait l’ancien coach du Barça. C’est le foot, un merveilleux sport. Ce soir, il n’y a eu qu’un but. C’est injuste de voir des problèmes là où je n’en vois pas. » Des problèmes peut-être pas, mais des axes d’améliorations sûrement. D’autant que Paris doit déjà faire sans son vrai n°9 Gonçalo Ramos, victime d’une « entorse ligamentaire grave de la cheville gauche » et absent encore deux mois, et va observer en détail les examens pratiqués ce jeudi par Marco Asensio, qui a « senti une sorte de pincement » à la cuisse droite.

Mettez un Gyokeres devant et tout est oublié

Ne reste donc, en ce moment, que Randal Kolo Muani comme solution viable à ce poste de n°9. Manquant cruellement d’efficacité depuis son arrivée à Paris, l’ancien Nantais n’a pas marqué face à Gérone, mais a réalisé quelques actions de classe, comme ce contrôle orienté superbe en pleine surface suivi d’une frappe puissante un poil trop croisée (82e). C’est peu, mais c’est déjà ça, il faut savoir se contenter de ce qu’on a. Et, visiblement, Luis Enrique est très satisfait.

« Je suis satisfait de la prestation de tous mes joueurs », a-t-il assuré en zone mixte. Il n’empêche, pendant que le Bayern a un Harry Kane qui inscrit un quadruplé, que City possède un tireur d’élite avec Erling Haaland, que le Real Madrid a pris possession de Mbappé ou que le Barça garde en Lewandowski un buteur toujours létal, Paris a un petit retard par rapport à la concurrence à ce niveau. Alors, on a imaginé toute la soirée, avec un PSG adepte du marché portugais, un Viktor Gyokeres, le clinique suédois du Sporting, sous les couleurs de la capitale, et on s’est mis à rêver en plus grand.

Et puis on a ouvert les yeux. Il faudra se rendre à l’Emirates, le 1er octobre, avec encore un déficit devant. Mais cela pourrait renforcer encore plus Luis Enrique dans sa philosophie. Les Gunners évoluent en pointe avec Kai Havertz, un milieu de terrain offensif placé en faux 9. Finalement, Marco Asensio, homme décisif en finale de la Ligue des champions, ce n’est peut-être pas si utopique que ça.