Bayern Munich - Real Madrid : « C’est notre ADN », la résilience madrilène en Ligue des champions nous étonnera toujours
football•Bringuebalé pendant vingt minutes, mené au score à la 80e, le Real s’en est encore sorti sans paniquer à Munich mardi soir en demi-finale aller de la Ligue des championsNicolas Camus
L'essentiel
- Le Real Madrid s’en est sorti avec un match nul mardi soir face au Bayern Munich en demi-finale aller de la Ligue des champions (2-2).
- Encore une fois balottés, les Madrilènes n’ont jamais paniqué et ont trouvé les ressources pour ne pas plier, ouvrant la marque contre le cours du jeu et réussissant à égaliser en toute fin de rencontre.
- Une résilience devenue une signature au fil des ans dans cette compétition que le Real aime tant.
Regarder un match du Real Madrid en Ligue des champions, c’est un peu vivre la vie de Bill Murray dans Un jour sans fin. On voit les Madrilènes sous les vagues pendant une demi-heure, on pense que cette fois ça ne va pas passer, et puis il leur suffit d’une demi-occasion pour mettre tout le monde d’accord. On a beau le savoir, se dire qu’on ne sera plus surpris, ça fait quand même toujours son petit effet.
Mardi soir face au Bayern Munich en demi-finale aller, Mendy, Tchouaméni et leurs petits camarades ont failli être menés après 40 secondes de jeu, avant de concéder six autres tirs en vingt minutes de jeu. En face ? Nada, pas un ballon qui s’est approché à moins de 30 mètres de Neuer. Et puis le coup d’accélérateur létal : Kroos qui endort tout le monde dans le rond central, Vinicius qui fait joujou avec Kim pour le larguer sur le bas-côté, et l’Allemand qui envoie le Brésilien marquer en une touche. Voilà comment on éteint un stade.
Caractère et force de l’habitude
« Ils ont marqué contre le cours du jeu, mais c’est ainsi qu’ils procèdent. Ils ont des jeunes joueurs rapides et talentueux. Ils peuvent vous faire mal en une seconde », n’a pu qu’admirer Harry Kane après la rencontre.
Rebelote en seconde période. Renversé en trois minutes par la furia bavaroise, le Real a trouvé les ressources dans les dix dernières minutes pour ne pas perdre, encore grâce à Vinicius et à Kim, dont la prise de catch sur Rodrygo dans la surface ne pouvait déboucher sur autre chose qu’un péno. « On aurait pu faire mieux sur pas mal d’aspects, mais ce n’est pas facile de venir ici, a débriefé Tchouaméni au micro de Canal. On a réussi à revenir grâce à cette force collective, cette volonté de tout donner jusqu’à la fin. »
Mais sérieusement, c’est quoi le secret Aurélien ? Lors du quart de finale retour à Manchester City, il y a deux semaines, ça avait déjà été un modèle du genre : 34 tirs à 8, 120 attaques à 19, 18 corners à 1, sans jamais paniquer, avant d’arracher la qualif aux tirs au but. « C’est pas un truc dont on parle entre nous, ça fait juste partie de l’ADN de notre équipe, observe le milieu français. On sait qu’il faut tout donner, même dans les situations compliquées. Après, ce serait bien d’être plus dans l’action et pas toujours dans la réaction. »
Constat partagé par Carlo Ancelotti. Si le coach italien, mains dans les poches et sourcil serein devant son banc en toutes circonstances, n’est pas pour rien dans la tranquillité de son équipe, il n’a pas pour autant goûté tout ce qu’il a vu sur la pelouse du Bayern. « En première période on aurait dû être un peu plus actifs, presser un peu plus. Ce n’était pas notre meilleure version », a-t-il estimé.
Sur les temps faibles de son équipe, toutefois, Carletto a une explication : « C’est notre caractéristique, on a des joueurs qui ont besoin de pauses, surtout les latéraux, ils ne peuvent pas toujours enchaîner. Ça détermine un peu les différents moments de notre équipe. »
Pas inquiet, il sait que quand elle décide de passer la seconde, pas grand-chose ne peut l’arrêter. Le souvenir de la folle campagne de 2022, avec des retournements de situation incroyables contre le PSG, Chelsea puis Man City est encore vivace. Entre le Real et la Ligue des champions, il y a ce lien qui ne semble jamais devoir se casser. « On a encore réussi à revenir. Maintenant, rendez-vous au Bernabeu », a lancé Tchouaméni avant de s’éclipser. Avec le sourire de celui qui a déjà tout compris en même pas deux ans ici.


















