Dortmund - PSG : Luis Enrique, l’art de prendre la lumière (et la pression)
LIGUE DES CHAMPIONS•L’entraîneur du Paris Saint-Germain a une fois de plus été le protagoniste parisien de la veille de match à Dortmund, en prenant soin de protéger sa jeune équipe contre la pression de l’événementWilliam Pereira
L'essentiel
- Luis Enrique et Gonçalo Ramos ont répondu aux questions des journalistes à l’occasion de la traditionnelle conférence de presse de veille de demi-finale de Ligue des champions contre le Borussia Dortmund
- L’entraîneur espagnol s’est montré confiant et ambitieux avant d’affronter une seconde fois le mur jaune du Signal Iduna Park, cette saison
- L’entraîneur du PSG a le vent en poupe et semble profiter de la dynamique actuelle pour prendre de la place et protéger ses joueurs en marge du match le plus important de la saison
Faut-il voir dans la mise exergue de Gonçalo Ramos, le premier à s’être présenté mardi devant la presse à Dortmund, une récompense pour services rendus à la patrie ? Ou bien une plus large stratégie du PSG à la veille de son match le plus important de la saison (avant le suivant) qui consiste à protéger les titulaires de toute pression additionnelle à celle écrasante du mythique mur jaune ? Peut-être un peu des deux. Le Portugais, héros du week-end grâce à son but au buzzer contre Le Havre, n’est pas destiné à commencer la partie, demain, dans la mesure où son entraîneur devrait reconduire le 11 de Barcelone. Avant l’aller face aux Blaugranas, c’était Danilo Pereira (pas une minute au compteur ce soir-là) qui avait répondu aux journalistes. Coïncidence ? On ne croit pas.
En ce moment à Paris, tout ou presque tourne autour de Luis Enrique. A croire qu’il a fallu attendre la qualification en demi-finale de Ligue des champions et le titre de L1 pour que la terre entière finisse par admettre que celui qui siège sur le banc du Parc des Princes n’est pas un vulgaire Antoine Kombouaré des Asturies. Fort de sa victoire morale, le technicien espagnol se sent le droit de dire que « la presse ne comprend rien au foot » parce qu’elle a osé ériger le PSG en favori de sa demie, le tout en prenant au passage la lumière qui lui avait été jusqu’ici refusée. Et naturellement la part d’ombre qui va avec. « On a la capacité d’atteindre la finale mais il faut savoir gérer la pression, faire un bon match, être ambitieux. Il ne faut pas voir cette pression comme une menace. »
« Mon équipe est la meilleure »
Lucho semble pourtant bien soucieux de repousser au lendemain le moment où le poids de l’événement et de l’hostilité du mur jaune s’exercera sur les épaules de ses hommes. Avant ça, ses probables titulaires sont priés de rester au chaud sur la pelouse du Signal Iduna Park (24 degrés, Paris ne peut pas en dire autant) pour l’entraînement du soir. L’ordre du jour ? Kiffer. « Quand tu viens dans des stades comme celui-là, tu dois d’abord prendre du plaisir. La session d’entraînement d’aujourd’hui doit servir à profiter de l’endroit. » Que les joueurs connaissent pour l’avoir visité au mois de décembre. Mais bon, on n’a jamais trop de repères, surtout chez un adversaire invaincu à la maison en C1 depuis le début de la saison.
Le Paris Saint-Germain a certes échoué à faire tomber le Borussia devant son public lors de son premier passage dans la Ruhr, il n’en demeure pas moins ambitieux avant le second acte. « On s’est améliorés partout. On est meilleurs défensivement, offensivement. On peut encore s’améliorer sans aucun doute. On essaye d’être exigeants, on essaye de penser que tout n’est pas fait et tout reste à faire. […] On est prêts à faire deux grands matchs et gagner les deux, c’est notre objectif », a déclaré Luis Enrique, habile dans l’exercice qui consiste à exprimer l’ambition tout en mettant les siens à l’aise.
« « Toutes les équipes ont leurs qualités et leurs défauts. Moi j’ai une qualité, c’est que je pense que mon équipe est la meilleure et que mes joueurs sont les meilleurs. » »
La jeunesse de ce PSG ? Un facteur « pas important » selon Luis Enrique
Ils sont aussi les plus jeunes. Avec une moyenne d’âge de 25 ans et 16 jours, les Parisiens affichent la troisième moyenne d’âge parmi les demi-finalistes de C1 de ces dix dernières années. Une jeunesse évidemment incarnée par Warren Zaïre-Emery mais équilibrée par des cadres qui jouent parfaitement leurs rôles, comme l’explique Gonçalo Ramos. « Mbappé est l’un des joueurs qui parle le plus avec les autres joueurs. Que ce soit lui, Marquinhos et Danilo, ils nous aident à être plus confiants. » Quant à Luis Enrique, ne lui parlez pas d’âge. « Ce n’est pas important. En cyclisme aussi il y a de plus en plus de jeunes. Au foot, les jeunes sont prêts de plus en plus tôt. Je n’ai jamais fait un 11 en pensant à l’âge. Je pense à leur maturité, je regarde comment ils s’entraînent. Ça m’est égal qu’ils aient 55 ans ou 16 ans. » Dans les deux cas, l’Espagnol leur fera toujours de la place sous le paravent des grandes échéances européennes.


















