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PSG-Real Sociedad : Emmène Bradley Barcola à l’Euro, s’il te plaît Didier
FOOTBALL•Second buteur lors de la victoire parisienne face à la Real Sociedad en 8e de finale aller de Ligue des champions, le jeune ailier impressionne par sa vitesse et son audaceWilliam Pereira
L'essentiel
- Bradley Barcola a inscrit le deuxième but de la victoire du Paris Saint-Germain contre le HC Lens d’une superbe frappe du pointu sur sa dernière action du match.
- Sa progression est telle que Didier Deschamps pourrait l’appeler avec les Bleus pour l’Euro 2024 en Allemagne, surtout s’il continue sur cette lancée lors des prochains mois.
Au Parc des Princes,
Si on était en 2015, Bradley Barcola aurait quitté la pelouse sur un dab après son but. Malheureusement pour l’ancien Lyonnais, feu le geste préféré de Paul Pogba est devenu parfaitement ringard : il s’est donc contenté d’accueillir modestement les acclamations du Parc des Princes en forme de couronnement de sa sortie pleine de panache. Celle dont rêvent tous les artistes. A savoir marquer sur sa dernière action de la rencontre. Et quel but, s’il vous plaît.
Un mot sur le pauvre Hamari Traoré au passage. Avant de faire connaissance avec Barcola et perdre un rein par la même occasion, l’ancien Rennais avait déjà coûté l’ouverture du score aux siens par omission – il soignait une micro blessure quand Kylian Mbappé surgissait seul au second poteau. Devant l’attaquant parisien, son tort aura été de croire avoir pris le dessus quand son jeune adversaire avait poussé un peu trop son ballon avant de le fixer. C’est là tout le piège de la spéciale Barcola : il fixe, incite le défenseur à se jeter, et termine le travail grâce à son explosivité de coureur de 100 m. A schéma singulier, finition singulière. Bradley aime terminer ses courses du pointu ou d’un léger piqué, souvent côté opposé.
En première partie de saison, et notamment lors de son entrée remarquée face à Newcastle au Parc, cet aspect de son jeu était encore en rodage. Il avait vendangé, vendangé et encore vendangé, à rendre chauve tous les supporters parisiens. Depuis, il a réglé la mire, donnant à son talent naturel une tout autre dimension. Le silence des sceptiques et autres détracteurs lyonnais qui rêvaient plus ou moins secrètement de son échec à Paris donne une indication du (bon) chemin qu’est en train de suivre l’international Espoirs.
L’ailier par excellence
Ses progrès rapides, Barcola les doit à cette propension à accepter l’échec sans sourciller. Rater une frappe, un duel, se faire pourrir par les supporter, la presse, le chat du voisin, et y retourner quand même la fois suivante. C’est le lot du dribbleur, un truc inhérent à la formation d’ailier, c’est comme ça, il faut avoir le culot de se planter pour apprendre. Parfois, il en sort des choses assez insupportables, comme cette enflammade pleine de gestes gadgets, côté gauche, après l’ouverture du score de Mbappé. Du CR7 fraîchement débarqué à Manchester United, mais version Marque Repère. A mettre sur le compte de la jeunesse. Le temps d’épurer son jeu viendra. Pour l’heure, Bradley a besoin de cultiver ce culot qu’il porte si bien.
« Avoir la confiance, c’est progresser, a déclaré le deuxième buteur de la soirée au micro de RMC. Et j’ai la chance d’avoir la confiance de mes partenaires. Donc je ne peux que bien jouer et je sais que ça m’aide beaucoup. J’espère que je vais continuer comme ça. » Ça serait bien, oui. Luis Enrique n’a de toute façon pas prévu de le lâcher d’une semelle. « On est heureux qu’il ait su s’adapter aussi vite, maintenant il faut se maintenir, déclarait il y a quelques jours l’Espagnol. Ce qui est difficile. Et il doit encore s’améliorer, chercher toujours un niveau plus élevé. »
Barcola avec les Bleus à l’Euro ? Et pourquoi pas !
Qui sait où l’ascension météorique de Bradley Barcola pourra le mener ? A l’Euro en Allemagne, avec les Bleus de Didier Deschamps ? Si ça ne tenait qu’à nous, le gamin aurait déjà sa carte de fidélité chez la Deutsche Bahn. DD l’a forcément dans le viseur, lui qui n’a jamais éprouvé le moindre remords à plonger des ados précoces dans le grand bain pour peu qu’il soit séduit par leurs prédispositions. Et il serait contradictoire de ne pas inclure Barcola dans la discussion au profit, au hasard, d’un autre attaquant passé derrière lui dans la hiérarchie en club (coucou Randal). Oui mais la cohésion de l’équipe de France, direz-vous ? L’esprit de groupe a ses limites. Personne n’a jamais vu le pouvoir de l’amitié mettre des crochets, des petits ponts et des buts du pointu. Tout le contraire de Barcola, qui le fait à intervalle (très) rapproché. S’il confirme dans les mois à venir, il deviendra très difficile de l’ignorer.


















